FOI
DOCTRINE DE LA NOUVELLE JERUSALEM
fils afin de faire satisfaction pour le genre humain, et que ceux qui croient cela sont sauvés. » Alors l'ange lui demanda : Que sais-tu de plus sur le Salut ? Il répondit : Le Salut s'opère par cette foi seule. — Il lui dit ensuite : Que sais-tu sur la Rédemption ? il répondit qu'elle a été faite par la passion de la croix, et que le mérite du Fils est imputé par cette foi. L'Ange dit ensuite : Que sais-tu sur la Régénération ? Il répondit : Elle se fait par cette foi. — Que sais-tu sur la Rcpentance et sur la Rémission des péchés ? Il répondit : Elles se font par cette foi, — Dis-moi ce que tu sais sur l'amour et la charité ? Il répondit : L'amour et la charité sont cette foi. — Dis-moi ce que tu sais sur les bonnes œuvres ? Il répondit : Elles sont cette foi. — Dis-moi ce que tu penses de tous les commandements qui sont dans la Parole ? Il répondit : Ils sont dans cette foi. — L'ange dit : Par conséquent, tu ne feras rien ? Il répondit : Que fcrais-je ? Je ne puis par moi-même faire un bien qui soit réellement le bien. • — Peux-tu par toi-même avoir la foi V 11 répondit : Je ne le puis. — Gomment alors peux-tu avoir la foi ? Il répondit : Je ne m'enquiers pas de cela ; j'aurai la foi. — Enfin, l'Ange dit : Ne sais-tu rien d'autre sur le salut ? Il répondit : Qu'ai-je besoin de plus, puisque cette foi seule suffît pour me sauver- — Mais alors l'Ange dit : Tu réponds comme quelqu'un qui jouerait de la flûte sur une seule note ; j^ li'entends que le mot foi ; si tu ne connais que cette foi et rien de plus, tu ne sais rien. Va-t'en retrouver tes compagnons. Et il s'en alla, et les rencontra dans un désert où il n'y avait aucune herbe ; il demanda pourquoi il en était ainsi ; on lui dit que c'était parce qu'il n'y avait en eux rien de l'Église.
SUR LA FOI
43 . L'ange s'adressa en ces termes à celui qui était dans la foi non séparée de la charité : Ami, qui es-tu? Il répondit : Je suis un chrétien Réformé. — Quelle est ta doctrine et par suite ta religion ? Il répondit : La foi et la charité. — L'Ange dit : Sont-ce là deux choses ? Il répondit : Elles ne peuvent être séparées. — L'ange dit : Qu'est-ce que la foi ? Il répondit : C'est croire ce que la Parole enseigne. — Il dit : Qu'est-ce que la charité? Il répondit : C'est faire ce que la Parole enseigne. — Il dit : As-tu cru seulement ces choses, ou les as-tu faites aussi ? Il répondit : Jft les ai faites aussi. Alors l'Ange du Ciel le regarda attentivement et lui dit : Mon ami, viens avec moi e habite avec nous.
CE QV EST LA tOI SEPAHEE DE LA CHARITÉ
44. Pour qu'on puisse voir ce qu'est la foi séparée de '* charité, je vais la présenter dans sa nudité comme suit, ^^lle enseigne :
* Que Dieu lo Père, irrité contre le genre humain, l'a- '< vait rejeté loin de lui et avait résolu, d'après sa justice, ' (Ifc se ven(?er en la vouant à la damnation éternelle, et " 4u il dit à son t'ils : Descends, accomplis la Loi et prends " ^ur toi la condamnation que je leur avais réservée ; alors, peut-être serai-je porté à la compassion ? C'est pourquoi *e Kils est descendu, Il a accompli la Loi, et II s'est laissé " cruoilior et mettre cruellement à mort. Cela fait, Il est " devenu près du Père, Il a dit : J'ai pris sur Moi la condamnation du Genre humain ; maintenant sois misérioor- ''lenx, j'intercède pour lui. La réponse a été : Je ne puis '^''fe miséricordieux pour eux; mais, parce que je T'ai vu ^^r la croix et qu'alors j'ai vu ton sang, je suis devenu '^iiséricordieux ; toutefois je ne leur pardonnerai pas; ''^^^is je leur imputerai ton mérite et seulement à ceux
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« qui on reconnaîtront l'efficace. C'est par cette foi qu'ils « pourront être sauvés. »
45. Telle est cette foi dans sa nudité. Est-il un homme, d'une raison tant soit peu éclairée, qui n'y découvre des paradoxes en opposition avec l'essence Divine elle-même ; par exemple, que Dieu, qui est l'Amour même et la Miséricorde même, ait pu, par colère et de là par vengeance, condamner les hommes et les vouer à l'enfer; puis aussi, qu'il veuille être porté à la miséricorde par la condamnation imposée au Fils et par la vue de Sa passion sur la croix et de Son sang répandu ? Quel est l'homme d'une raison quelque peu éclairée qui ne voie que Dieu n'a pu dire à un Dieu son égal : Je ne leur pardonne point; mais je leur impute ton mérite ; comme aussi : Qu'ils vivent maintenant comme il leur plaît pourvu qu'ils croient cela, et ils seront sauvés, etc., etc.
46. Mais ce qui fait qu'on ne voit pas ces contradictions, c'est qu'on a introduit une foi aveugle et que par elle on a fermé les yeux et bouché les oreilles des gens. Ferme leurs yeux et bouche leurs oreilles; c'est-à-dire, fai*^ qu'ils pensent sans faire usage de leur entendement; et dis ensuite ce que tu voudras à ceux qui ont quelque idoc de la vie éternelle et ils te croiront; ils te croiront, même si tu leur dis que Dieu peut se mettre en colère et respirer la vengeance, que Dieu peut décréter une damnation éternelle, que Dieu veut être porté à la miséricorde par le sang de son Fils, l'imputer comme mérite et l'attribuer à l'homme comme s'il lui était propre et le sauver par un simple effet de la pensée. Et encore, que DieU a pu faire, avec un autre Dieu de même essence que lui) de pareilles stipulations et lui adresser une telle injonction ; sans parler de bien d'autres choses semblables. Mais ouvre tes yeux et débouche tes oreilles, c'est-à-dire pens^ sur ces choses avec ton entendement, et tu verras en qu dé.saccord elles sont avec la vérité.
47. Ferme les yeux des gens et bouche leurs oreilles» et fais qu'ils pensent sans faire usage de leur entende^ ment ; ne pourras-tu pas alors les amener à croire (l^ ^ Dieu a donné tout son pouvoir à un homme afin qu'il s
SUR LA FOI
comme Dieu sur la terre ? Ne pourras-tu pas les amener à croire qu'il faut invoquer les morts, se découvrir la tête et fléchir les genoux devant leurs images, regarder comme saints leurs cadavres, leurs os, leurs sépulcres et les vénérer. Mais si l'on ouvre les yeux et si l'v^n débouche les reilles, c'est-à-dire, si l'on réfléchit un peu sur tout cela, n'y verra-t-on pas des énormités que la raison humaine doit avoir en abomination ?
48. Quand de telles choses et d'autres semblables sont leçues par un homme dont la religion a fermé l'entendenient, ne peut-on pas comparer le Temple où il pratique son culte à un antre ou une caverne souterraine dans laquelle il ne peut connaître la nature des objets qu'il aper- <,oit ? et sa Religion ne peut-elle pas être comparée à l'habitation dans une maison qui n'a pas de fenêtres, et sa Voix, quand il prie, a un son inarticulé ? Un ange du Ciel fie peut parler avec un tel homme, parce que l'un ne comprend pas le langage de l'autre.
RUX QUI SONT DANS I,A FOI SKPARBE PF, LA CHARITÉ ONT ÉTÉ RFJ'UÉSENTÉS DANS LA PAROLE l'AR LES PHILISTINS.
49. Dans la Parole, par tous les noms de Nations et de '^fiuples, ot par les noms de Personnes et de Lieux, il est "^'Knifié des choses de l'Église ; par Israi'l et Jehudah il est "'guilié l'Église elle-même, parce qu'elle fut instituée chez •^ux, et par les Nations et les Peuples qui étaient à l'entour, différentes Religiosités. Par les Nations bonnes, des ■Religiosités concord.antes : et par les Nations mauvaises, "es Religiosités discordantes. Il y a deux Religiosités "^uvaiscs dans lesquelles dégénère toute Eglise avec le temps ; l'Une en adultère les biens, l'Autre en falsifie les ^'■ais. La Religiosité qui adultère les biens de l'Église tire son origine de l'amour de commander; l'autre, qui falsifie les Vrais de l'Église, tire son origine de l'orgueil de la propre intelligence. La Religiosité qui tire son origine de aiïiour de commander est entendue, dans la Parole, par ^ Babylonie ; et la Religiosité qui tire son origine de
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l'orgueil de la propre intelligence est entendue dans la Parole, par la Philistée. On sait quels sont ceux qui sont aujourd'hui de la Babylonie ; mais on ne sait pas quels sont ceux qui sont de la Philistée. Etre de la Philistée, c'est être dans la foi et non dans la charité.
50. Que ceux qui sont dans la foi et non dans la charité soient de la Philistée, on peut le voir par diverses choses qui sont dites des Philistins dans la Parole, si l'on entend ces choses dans le sens spirituel ; non seulement par leurs altercations avec les serviteurs d'Abraham et d'Isaac. Genèse, — chapitres XXI et XXIV — mais aussi par leurs guerres avec les fils d'IsraiJl mentionnées dans le livre des Juges et dans les livres de Samuel et des Rois ; en effet, toutes les guerres décrites dans la Parole impliquent et signifient dans le sens spirituel des guerres spirituelles ; et, comme la Religiosité qui consiste dans la foi séparée de la charité veut continuellement envahir l'Église, c'est pour cela que les Philistins ont demeuré dans la terre de Canaan et ont infesté fréquemment les fils d'Israël.
51 . Comme les Philistins représentaient ceux qui sont dans la foi séparée de la charité, c'est pour cette raison qu'ils ont été appelés Incirconcis. Par Incirconcis sont entendus ceux qui ne sont pas dans l'amour spirituel, et par suite ne sont que dans l'amour naturel. L'Amour spirituel est la Charité. La raison pour laquelle les Philistins ont été appelés incirconcis, c'est qu'on entend par Circoncis ceux qui sont dans l'amour spirituel. Que les Philistins aient été appelés incirconcis, on le voit — I Sam- XVII, 26, 36. II Sam. I, 20, et ailleurs.
52. Que ceux qui sont dans la foi séparée de la charité aient été représentés par les Philistins, on peut le voir, non seulement par leurs guerres avec les fils d'Isra»"!, mais encore par plusieurs autres faits rapportés dans 1» Parole à leur sujet ; par exemple, par ce qui arriva à Dagon leur idole, par les Ilémorrhoïdes dont ils furent frappés et par les Rats dont ils furent infestés pour avoir placé l'Arciie dans le temple de leur idole, et par toutes les autres choses qui arrivèrent alors, et dont il est pari® dans — I -Sam. V et VI, — et pareillement par ce qui
SUH LA KOI.
est rapporté du Philistin Goliath qui fut tué par David, — I Sam. XVII. — En effet, Da^^on leur idole était, dans sa partie supérieure, comme un homme, et dans sa partie inférieure, comme un poisson, ce qui représentait leur Religion, en ce que par la foi elle était comme spirituelle, tandis qu'étant sans la charité elle était purement naturelle : par les Hémorrhoïdes dont ils avaient été frappés étaient signifiés leurs amours impurs ; par les Rats dont ils avaient été infestés était signifiée la dévastation de l'Église par les falsifications du vrai ; et par Goliath frappé par David était représenté l'orgueil de leur propre intelligence.