‹ Les quatre époques (volume 3)Chapitre 14 sur 15 · L INTRODUCTION · texte numérisé non relu

L INTRODUCTION

pour ainsi dire législateur et exécuteur immédiat de sa loi, où chaque passion personnelle avait en soi la puissance de se satisfaire dans le rayon de sa suzeraineté, et sans intermédiaire, tyrannie, où la science de la localité donnait à chaque seigneur des moyens plus assurés d'exaction

Aussi ce régime rendit-il à la France ces dépopulations effrayantes dont l'esclavage antique des Romains avait désolé les Gaules. Les routes coupées à chaque pas de barrières et de droits de leude et de péage devinrent désertes et bientôt impraticables ; le commerce s'arrêta; les villes constamment sur la brèche n'eurent de soucis que pour quelques libertés municipales qu'elles défendaient avec 1 épée ; et les arts n'ayant plus ni centre, ni encourage-

INTRODUCTION. li

ment, ni emploi, disparurent bientôt.

Les rois visigoths avaient des rhéteurs et des écoles à leur solde, et les seigneurs ne surent point lire; enfin, nous le répétons, la féodalité fut véritablement la barbarie dans tous ses sens; elle enfanta toutes les tyrannies et tua tous les droits; elle encouragea toutes les destructions et empêcha toutes les œuvres; elle mit au jour tous les furieux emportements des vainqueurs du jour et éteignit tous les enseignements du passé; devant

elle la science et la vertu s'exilèrent à la fois.

Cependant de toutes les provinces de la France, le Languedoc, ou plutôt la Provence comme on lappelait alors, fut la moins atteinte par ce pouvoir monstrueux et le règne des comtes de

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