X INTRODUCTION
cendre, ni jusqu'aux événements secondaires, ni dans les détails de la vie publique de la cité , ni dans ceux de la vie intime de la famille. Rien ne pourrait y être représenté des mœurs , des préjugés et des coutumes de nos pères; elle ne pourrait s astreindre à suivre et à expliquer les diverses modifications que ces préjugés et ces mœurs ont subies, soit par l'influence lente des temps, soit par la puissance soudaine des révolutions. L'bistoire n'en demeurerait pas moins à une hauteur qui la rendrait encore inaccessible h la grande masse du public
Il est un besoin que Ton ne peut nier, c'est celui qu'éprouve la France de se connaître plus particulièrement qu'elle n'a fait jusqu'à présent.
INTRODUCTION. xi
L'immense révolution de 89 avait creusé entre la France ancienne et la France nouvelle un abîme que peu d'esprits étaient tentés de franchir. Tout le passé de la vieille France répudié par la révolution nous apparaissait comme un temps uniforme de despotisme d'une part , et d'esclavage de l'autre ; il y a encore quelques années qu'on eût dit que le peuple ne datait en France que des états-généraux de 89.
Mais depuis que des recherches historiques ont appris au peuple qu'il a eu des libertés qui feraient honte à celles dont nous paraissons si fiers, depuis qu'il sait que chez nous c'est la liberté qui est ancienne et l'esclavage qui est nouveau, il veut connaître les ancêtres qu'il dédaignait; il est jaloux de voir