M KG VA A LA F01RK AUX VANITES
donnait, une couleur brillante, mais pou avan laveuse, domine file était là, elle vit passer le major Lincoln à roté d'elle, et elle l'entendit dire à sa mère :
« J'aurais voulu vous l'aire voir la jeune fil 1 -' dont je vous ai parlé l'autre jour; mais ses amies Tout déjà gâtée, et aujourd'hui en n'est, plus qu'une vraie poupée.
— Oh! mon Dieu, soupira Meg, si au moins j'avais eu plus de bon sens, si j'avais eu assez de raison pour me contenter de ma robe fanée, je n'aurais pas été si mal ;ï mou aise ni si houleuse de moi-même. »
Mlle appuya son front, brûlant contre les ,itres froides, et resta immobile, à moitié cachée par le rideau et sans faire attention qu'on commençait à jouer sa valse favorite. Elle demeura dans celte position jusqu'à ce que, quelqu'un lui ayant louché le bras, elle dut se retourner. Laurie repentant était devant elle. Il lui dit d'un air contrit en lui tendant la main et lui taisant un profond saint :
« Pardonnez-moi mon impolitesse, je vous prie, et soyez assez bonne pour venir danser celte \alse avec moi.
— Je craindrais que cela vous fui trop désagréable, répondit Meg, tâchant d'avoir l'air olVensé, mais n'y arrivant pas.
— Vous savez bien le contraire. Me^. Je meurs
d'envie de danser avec vous. Venez, je serai bien s:ige. Je n'aime pas votre robe, mais en somme vous êtes splendicle. »
Kl il agita les mains comme si les mois lui manquaient pour exprimer son admirai ion.
Meg sourit et le suivit.
« faites attention de ne pas vous embarrasser les pieds dans cette traîne, murmura Meg à son jeune
138 LES QUATRE FILLES Lu l»u»;TEUR MARSCfL
cavalier pendant qu'ils attendaient le moment de partir en mesure. Cette robe fait le malheur de ma vie, et j'ai été bien sotte de la mettre.
— Je crois en effet, dit Laurie, qu'il eut mieux vain qu'elle fut plus montante par If haut et moins longue par en bas. C'est tout au plus si j'ai pu apercevoir jusqu'ici vos jolies bottines bleues. »
Ils partirent légèrement et gracieusement, car ils avaient souvent dansé ensemble et étaient habitués l'un à l'autre. L'heureux jeune couple était charmant à voir pendant qu'ils touillaient gaiement. Ils se sentaient meilleurs amis que jamais après leur petite querelle.
« Laurie, je voudrais vous prier de me faire un grand plaisir, murmura Meg lorsqu'elle perdit haleine, ce qui arriva bientôt sans qu'elle voulût avouer pourquoi.
— Je suis prêt, répondit vivement Laurie.
— Voudriez-vous ne pas parler à la maison de ma iniletie de ce soir? Mrs su-ors ne comprendraient pas la plaisanterie, et cela chagrinerait mère.
— Alors pourquoi Pavez-vous mise? »
Les yeux de Laurie le demandaient si clairement que Meg ajouta vivement :
« Je confesserai à maman combien j'ai été bète, mais je préfère le lui dire moi-même. Ainsi, vous n'eu dire/ rien, n'est-ce pas?
— Je vous le promets. Seulement, qu'est-ce que je leur répondrai quand elles me demanderont comment vous étiez?
— I>ims-!eur que j'émis bien et que je paraissais m 'amuser beaucoup.
. — Gmî la première chose de tout mon cœur, mais que dirai-je quant à la seconde? Vous ne pa-
MEG VA A LA POIRE AUX VAMTi.S.
raissez pas vous amuser autant que vous me prie/ de
le dire. Est-ce vrai?
— Vous avez raison, Laurie; je désirais seulement connaître ce genre de plaisir, niais je vois qu'il ne me convient pas et je commence à eu avoir assez.
— Voici Ned Mofiat qui vient. Qu'est-ce qu'il veut? demanda Laurie en fronçant ses souivils noirs, comme s'il ne pensait pas que la compagnie de son jeune hôte dut être agréable pour eux.
— Il m'a engagée pour trois danses, et je suppose qu'il vient les réclamer. Quel ennui! » dit Meg en prenant un air dolent, qui amusa immensément Laurie.
Il ne parla plus à Meg jusqu'au souper; mais, rayant vue alors accepter du vin de Champagne que lui offraient jNed et sou ami Hoffmann, lesquels se ((importaient comme deux fous, et se trouva ni uni' sorte de droit fraternel de veiller sur M"' ! Maisch et de combat tri' pour elles quand elles avaient besoin d 1 un défenseur, i! alla vers Meg, se pencha sur le dos de sa chaise, et lui dit, à voix basse, pendant que Ned se tournait pour remplir encore son verre et que Fischer se baissait pour ramasser son éventail :
« Vous aurez demain un mal de trie fou si vous continuez. Meg. A votre place je ue voudrais pas boire de ce vin dont vous n'avez pas l'habitude; votre mère ue serait pas contente si elle vous voyait, Meg.
— Je in? suis pas Meg ce soir, je suis une folle comme toutes les miss qui sont là. Demain vous me retrouverez désespérément sage, répondit-elle avec un petit rire âflccté*
— Pourquoi pas ce soir même? » reprit Laurie.
Et comme Meg ne répondait pas, sou jeune mentor la quitta tout chagrin. Après une heure d'attente, voyant
que le moment n'était, pas encore venu de lui parler raison, il se décida à partir et vint lui dire adieu.
« Souvenez-vous, lui dit-elle en essayant de sourire, car le mal de tète' que lui avait prédit Lau rie avait déjà commencé, souvenez- vous que je vous ai prié de ne donner aucun détail à maman.
— Je me tairai, » répondit tristement Laurie.
(a< petit aparté avait excité la curiosité d'Annie; mais Meg était trop fatiguée pour bavarder, et elle remonta à sa chambre. Klle éprouvait le même sentiment de fatigue que si elle avait assisté à une mascarade, qui ne l'aurait pas autant amusée qu'elle Pavait espéré. Klle fut malade tonte la journée du vendredi, et, le samedi, elle revint chez elle extrêmement lasse de ses quinze jours de plaisir.
Meg rapportait à la' maison le sentiment intime qu'elle était restée assez longtemps au milieu du luxe (les Molfat.
« C'est qu'il est bon d'être tranquille et de ne pas avoir toujours à prendre des airs de cérémonie, dit-elle à Jo. Notre «chez-nous» me paraît délicieux, quoiqu'il ne soit pas très beau.
— Je suis contente de vous entendre dire cela, ma chère Marguerite lui dit sa mère qui avait entendu son a\eu. j'avais peur (pie notre chez-nous ne vous parut irisie et laid, en comparaison de la belle maison
que vous venez de quitter. »
M"" \larscli, depuis son retour, l'avait plusieurs fois regardée avec anxiété, car les yeux maternels découvrent vite les changements qu'apportent les choses dans l'esprit ou les manières de leurs enfants.
Meg avait raconté gaiement ses aventures et avait dit et redit combien elle s'était amusée; mais quelque chose semblait encore peser sur son esprit, et, lorsque