MES VA A LA FOIRE AUX VANITÉS
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lïeth et Amv furent allées se coucher, flic resta à rc-
garder pensivement le feu, parlant peu et paraissant ennuyée. Lorsque neuf heures sonnèrent et que Jo proposa di» remonter dans leur chambre, Meg se leva subitement et, prenant le tabouret de lïeth, elle appuya ses coudes sur les genoux de sa mère et lui dit bravement :
« Chère mère, il faut que je me confesse.
— J'attendais re bon mouvement; pariez, ma chérie.
— Faut-il que je m'en aille? demanda discrètement Jo.
— Naturellement non. Est-ce que je ne vous dis pas toujours tout ? J'avais Icaue de parler devant les enfants, mais je veux que vous sachiez les choses terribles que j'ai faites chez les Mo Hat.
— Nous sommes préparées à écouter, dit M 11 '" Marsch qui, tout en essayant de sourire, paraissait quelque peu anxieuse.
— Je vous ai dit qu'on m'avait déguisée, mais je ne vous ai pas dit qu'on m'a\ait poudrée, serrée, Irisée. I.aurie a pensé que j'étais peu convenable; il ne me l'a pas dit, mais j'en suis sure, et un monsieur, qui ne croyait pas être entendu de moi, a dit qu'arrangée ainsi je n'avais plus l'air (pie d'une petite poupée! Je savais qu'en cédant à l'envie de mes amies, j'allais très probablement me rendre ridicule, mai* elles m'avaient flattée, m'avaient dit que j'émis une beauté et toutes sortes de bêtises semblables; mon sol amour-propre l'a emporté sur la raison, et je les ai laissées faire de moi une folle.
— Est-ce là tout? demanda Jo, taudis (pie M" 11 ' Yïarseh
regardait silencieusement la ligure de sa fille.
— Non, et je veux tout dire : on m'a offert du vin de Champagne, j'en ai bu et j'ai été très agitée ; cela,
142 LES QUATRE FILLES DU DOCTEUR MAttSCH
je l'ai bien vu après, ni a excité les nerfs et, monté un peu à la tête ; alors j'ai essayé de faire la coquette, enfin j'ai été abominable !
— H y a encore quelque chose, je pense, dit M mc Marscb en caressant doucement la joue de Meg, qui devint écarlate quand elle répondit lentement :
— Oui, c'est quelque chose de très sot, de très mai, m;iis je veux, mère, que vous le sachiez, parce qu'il m'est très pénible qu'on ose dire et qu'on pense des choses pareilles de nous et de Laurie. »
Elle raconta alors ce qu'elle avait entendu chez M li ''' Mollai au siijfi de leurs relations d'amitié avec leurs voisins, et, pendant qu'elle parlait, Jo vit sa mère serrer étroitement les lèvres l'une contre l'autre, il était évident qu'elle était, très fâchée que de semblables pensées eussent été ainsi jetées dans l'esprit innocent de Meg.
Quant à Jo, elle ne pouvait plus se contenir, « Eh bien, voilà la plus grande bêtise que j'aie jamais entendue! s'énia-t-elle avec indignation. Pourquoi n'ètes-vous pus tout de suite allée tout dire à Laurie?
— Je ne pouvais pas. lielléehissez, Jo, que cela eut été bien embarrassant pour moi. D'abord, je n'ai pas pu m'empècher d'entendre; puis, après avoir entendu, je me suis sentie si en colère et si honteuse, qu'il ne m'est pas venu à l'idée que ce que j'avais de mieux à faire était de m'en aller,
— Eh bien ! attendez que je voie Annie Mofïat, reprit. Jo, et. je vous montrerai comment on traite ces ridicules inventions. Cette idée de nous prêter à nous de tels projets et de prétendre que nous sommes bonnes pour '•;i"ne. afin qu'il nous épouse plus tard î Comme il va rire quand je vais lui raconter quelles sottes choses ou ''H de nous autres pauvres enfants ! s'écria Jo en éria-