‹ Les Quatre Filles du docteur MarschChapitre 3 sur 63 · HISTOIRE D'UXK FAMILLE AMÉRICAINE · texte numérisé non relu

HISTOIRE D'UXK FAMILLE AMÉRICAINE

au moins comme vivan... \ivaudi... aii : uvandière! où même comme infirmière à l'armée, pom* l'aider! s'écria Jo.

— Cela doit être très désagréable de dormir sous u intente, de manger toi il es son es de mauvaises choses et de boire dans un gobelet d'é&É*, dit Amy.

— Qmmdreviendra-l-il, maman ? demanda fiel h. dent la voix tremblait un peu.

— l'as avant plusieurs mois. A moins qu'il ne soil malade, vol re père remplira fidèlement sa part de devoir i et nous ne devons pas lui demander de revenir une minute plus tôt qu'il ne le doit. Maintenant, je vais vous lire sa lettre. »

Elles se groupèrent toutes autour du feu. Meg et Amy se placèrent sur les bras du grand fauteuil de leur mère, Betb à ses pieds, et Jo s'appuya sur le dos du fauteuil, afin que, si la lettre élait émouvante, personne ne put la voir pleurer.

Mans ces temps de guerre, toutes les lettres étaient touchantes, et surtout celles des pères à leurs enfants. Cêlbrei était non pas gaie, mais pleine d'espoir: elle contenait des descriptions animées de la vie des camps et quelques nouvelles militaires. Il pensait que cette

guerre plus lunesie qu'imniue mitre, puisqu'elle avait Je malheur d et re une guerre civile, prendrait fin plus I ôt qu on n'avait osé l'espérer. A la dernière page seulement, le cœur de l'écrivain se desserrait tout à lait, et le désir de revoir sa femme et ses petites tilles y débordait

« Donnez-leur à toutes de bons baisers, dites-leur que je pense à elles tous les jours et que chaque soir je prie pour elles. De tout temps, leur affection à Mé ma

plus grande joie, et un an de séparation c'est bien cru-! • mais rappelez-leur que nous devons tous travailler et faire profit même de ces jours de tristesse. J'espère

qu'elles se souviennent de tout ce que je leur ai dit. Elles sont de bonnes iillos pour vous: elles remplissent fidèlement, leurs devoirs; elles n'oublient pas de combattre leurs ennemis intérieurs, et auront remporté de telles victoires sur elles-mêmes, que, quand je reviendrai, je serai plus fier encore de «mes petites femmes » et que je leur devrai de les aimer encore plus si c'est possible. »

Elles se mouchaient toutes pour cacher leurs [armes lorsque leur mère lut ce passage. Jo ne fut pas honteuse

de la grosse larme qui ; i \ ait élu domicile au boni de so?) nez, et \my ne craignit pas de défriser ses cheveux lorsque, tout en pleurs, elle se cacha sur l'épaule de sa mère, en s'ée riant :

Je suis très égoïste; mais je tâcherai réellement «I èire meilleure, pour que notre père ne soit pas désappointé en me revo\ant.

— Nous tâcherons toutes, s'écria Meg; je ne penserai plus autant à ma toilette, et, si je peux, j'aimerai le travail. ; "

— Et moi j'essayerai d'être ce qu'il aime à m'appeler: une petite femme; je ne serai pas brusque et impatiente, et je ferai mon devoir ici au lien de désirer être ailleurs, » dit Jo, qui pensait que ne pas se mettre en colère était bien plus difficile que de combattre une douzaine de rebelles.

lîoth ne dit rien; mais elle essuva ses larmes et se mit

à tricoter de toutes ses forces, faisant tout de suite son devoir le plus proche, et prenant, dans sa tranquille petite âme, la résolution d'être, lorsque arriverait le jour tant désiré du retour de son père, tout ce qu'il désirait

qu'elle fut.

M""' Marseh rompit, la première le silence qui avait suivi les paroles de Jo, en disant de sa voix joyeuse. •

IirsTOlîil-: iVi.îXK FAMILLE AM L UIHAIXE

<■ Vous rappelez-vous comment vous jouiez aux « Pèlerins en route pour le paradis j>, lorsque vous étiez toutes petites? lïien ne vous taisait tant de plaisir que quand je vous initiais sur le dos des sacs remplis de \ os péchés; que je vous donnais de grands chapeaux, dos bâtons et des rouleaux de papier et que je vous permetlais de voyager dans la maison, depuis la cave, qui éiaii le séjour des coupables, jusqu'au grenier, où vous aviez mis tout ce que vous aviez pu trouver de plus joli ci que vous appeliez la c/7c céleste.

— J'aimais bien quand nos sacs, pleins de choses lourdes comme nos fautes, loin ha ici il par terre el dégnni gelaient tout seuls jusqu'au bas des escaliers, dit Megon n'avait plus besoin de les porter.

— Si je n'étais pas trop figée pour jouer encore à nuis ces jeux-là. cela ni amuserait de recommencer, dit Àmy, qui, à l'âge mur de onze ans. commençait à parler de renoncer aux choses enfantines.

— On n'est, jamais trop âgé pour ce jeu-là, mon enfant, car on y joue toute sa \ie. d'une manière ou d'une autre. Nous avons toujours nos .fardeaux qu'il faut

porter, nos fautes qu'il faut réparer.

— Où sont donc nos fardeaux, maman? demanda \my, qui ne saisissait pas facilement les allégories.

— 'fontes, vous les avez désignés tout, à l'heure.

evcepié Beth, ce qui inefa.it croire quelle n'en a pas, répondit M" le Marsch.

— Oh! si, j'en ai ; c'est d'avoir des assiettes à essuyer,

de la poussière à oter, cTêtre jalouse des petites tilles qui ont de beaux pianos, et d'avoir peur de tout le monde. »

Le fardeau de Beth était si drôle qu'elles eurent t un tes envie de rire; mais elles se retinrent, car leur gaieté aurait fait de la peine à leur liè> timide petite sœur.

16 u-s m;;.\tmk nr.u;s ni: !" TEUR MARSCîT.

« Il faudrait, dit Meg d'un air très réfléchi, être si sage, qu'on n'ait plus rien à porter. Mais comment faire? Je vois trop que, maigri' 1 notre désir, nous oublions toujours nos bonnes résolutions.

— Regardez sous votre oreiller, le jour de Noël, en vous éveillant; vous y trouverez chacune un livre qui vous aidera à reconnaîtra votre chemin. »

Lu moment, la vieille servante Ilannah annonra qu'elle a\ait débarrassé la table. Les quatre sœurs prirent alors leurs quatre petits paniers à ouvrage et se mirent à coudre des draps pour la tante Marsch. C'était un ouvrage peu intéressant; mais, ce soir-la. personne ne murmura, et Jo ayant proposé départager

les longs surjets en quatre parties, qu'elles nommèrent : Europe, taie, Afrique et Amérique, elles s'amusèrent beaucoup à parier des pays au milieu desquels elles

passaient en cousant.

À neuf heures, elles plièrent leur ouvrage, et, comme c'était leur habitude, avant daller se coucher, elles chantèrent un cantique. C'était leur prière du soir. La soirée se terminait toujours ainsi.

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