‹ Les Quatre Filles du docteur MarschChapitre 4 sur 63 · UN JOYEUX NOËL · texte numérisé non relu

UN JOYEUX NOËL

Ce fut Jo qui s'éveilla la première le jour de Noèi ; elle n'aperçut ni bas ni souliers sur la cheminée, et, pendant un instant, elle se sentit aussi désappointée que lorsque, bien des années auparavant, elle avait cru qur Min bon petit, bas s'était envolé, parce que, surcharge de bonbons et de jouets, il était tombé à terre. Mais bientôt elle se rappela la promesse de sa mère, et, glissant sa main sous son oreiller, elle découvrit un petit livre rouge. C'était un livre où une mère très intelligente avait rassemblé tous les conseils de sagesse, de ceux qu'on a désignés sons le nom de Morale

familière, qui pouvaient être utiles à ses enfants. Jo

sentit que c'était là le vrai guide dont elle avait besoin. Elle éveilla \|eg en lui donnant un coup de coude, et, lui souhaitant un joyeux Noël, l'avertit de regarder sous son oreiller. Meg y trouva un petit li\re \ crt, ayant au commencement la même gravure que celui de sa sœur, et, sur la première page de chacun des deux livres, leur mère avait écrit de sa main quelques

mois (pii rcndai. nt leurs cadeaux très précieux à leurs

veux.

Bientôt Bel h et Amy s'éveillèrent et découvrirent

aussi leurs pelils livres, dont, l'un était relie eu bien et l'autre en brun; les premiers rayons du jour les trouvèrent assises sur leur lit, occupées à examiner leurs livres et à en parler.

Marguerite avait, malgré ses petites vanités, une nature douce cl pieuse qui lui donnait une grande influence sur ses sœurs et particulièrement sur .lo, qui l'aimait tendrement et lui obéissait toujours, tant ses avis étaient donnés gentiment.

« Mesdemoiselles, leur dit-elle sérieusement, maman

désire que nous lisions ces li\res, que nous les aimions et rpie nous nous souvenions de nos lectures; il faut commencer tout de suite. Autrefois nous ne manquions jamais à notre lecture du malin; mais, depuis que papa est parti et que la guerre nous occupe, nous avons négligé beaucoup de bonnes habitudes. Nous ferez comme vous voudrez; mais, quant à moi, je placerai mon livre sur la table près de mon lit, et, tous les malins, en m'éveilhint, j'en lirai un chapitre: je sais que cela me fera du bien pour tonte la journée. »

Puis elle ouvrit son livre neuf et se mit à lire; Jo, mettant son bras autour d'elle et sa joue contre la sienne, lut aussi, et sa ligure mobile prit une expression tranquille qu'on y voyait rarement.

« Gomme Meg est bonne! Faisons comme elle et Jo, voulez-vous, Amy? Je vous aiderai pour les mots difficiles, et elles nous expliqueront ce que nous ne

comprendrons pas, murmura Betb , que les jolis livres et les paroles de sa sœur impressionnaient vivement.

— Je suis bien contente que mon livre soit bleu, » dit Amv.

Va on n'entendit plus dans les deux chambres que le bruit des pages lentement tournées.

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