‹ Les Quatre Filles du docteur MarschChapitre 30 sur 63 · LE CAMP HK LAURENTZ · texte numérisé non relu

LE CAMP HK LAURENTZ

aime assez les petits garçons; mais, d'après l'air avec lequel il parle de Kate, je m'imagine qu'il ne l'admire qu'à moitié.

— Je suis si contente que ma robe de jaconas soit, propre! reprit Meg; c'est juste ce que je dois mettre, et elle me va si bien! Àvez-vous quelque chose de convenable à mettre, Jo?

— Bon ! dit Jo en riant, l'entendez-vous, mère? elle craint la toilette des autres et s'occupe déjà de la sienne. Quant à moi, mon costume de promenade gris et rouge, c'est bien assez bon. D'ailleurs, il faudra que je rame et que j'aille partout, et je n'ai pas besoin d'avoir à faire attention à ma toilette. V^us viendrez, Bethy?

— Oui, si vous empêchez ces petits ga irons de me parler.

— Je vous le promets.

— Je veux faire plaisir à Laurie et je n'ai pas peur du tout de M. Brooke : il est si bon; mais je voudrais ne pas jouer, ne pas chanter et ne rien dire. Je travaillerai de toutes mes forces et je n'ennuierai personne ; vous prendrez sein de moi, n'est-ce pas, Jo?

— Vous êtes une bonne petite 11 1 le d'essayrr de combattre votre timidité, et je vous aime encore plus à cause de cela. Ce n'est pas facile de combattre ses défauts, je le sais, et un bon mot d'encouragement aide beaucoup. »

Voyant que sa mère l'avait entendue : « Oh! merci, mère ! » lui dit-elle tout bas. Et Jo donna, sur ce propos, à M""' Marseh un baiser de reconnaissance.

« Moi, j'ai eu une boîte de pastilles de chocolat et la gravure que je désirais copier, dit Amy en montrant ce que la poste lui avait apporté.

— Et moi un billet de M. Laurentz, me demandant

de venir lui jouer quelque chose ce soir, avant que les lampes soicni allumées; et je n'y manquerai pas. ajouta Beth, dont l'amitié avec le vieux monsieur faisait de grands progrès.

— Eh bien! maintenant dépêchons-nous de faire double travail aujourd'hui, a (in de pouvoir mieux jouer demain, dit Jo en se préparant à remplacer sa plume, par un balai. »

Le lendemain matin, lorsque le soleil vint de bonne heure jeter un regard dans la chambre des jeunes filles pour leur promettre un jour de beau temps, il vit quelque chose de comique. Chacune avait fait, dès la veille, pour la fête, les préparatifs qu'elle pensait nécessaires et convenables : Mes avait une couronne de papillotes; Jo, sur le conseil de Meg, avait copieusement enduit, en se couchant, sa figure de coldeream , pour en faire disparaître une balafre d'encre qui résistait à l'eau; Beth avait pris Joanna dans son lit. afin d'atténuer, pour la pauvre poupée, le chagrin de la séparation du lendemain, et Atny avait couronné le tout en menant une épingle à cheveux sur son nez, qu'elle croyait avoir trop gros, pour le forcer à s'amincir pendant son sommeil.

Ge spectacle parut amuser le soleil, car il brilla tellement que Jo s'éveilla et éveilla ses sœurs en riant de tout son coMir de l'ornement d'Amy.

Le soleil el le rire sont de bons présages pour une partie de plaisir, et un grand va-et-vient commença bientôt dans les deux maisons. Beth, étant prête la première, regarda par la fenêtre ce qui se passait dans l'autre maison, et égaya la toilette de ses sœurs par des télégrammes fréquents de la fenêtre.

« Voilà un homme qui porte la tente ! Voilà M n " lîarbier qui emballe le dîner dans de grands paniers! Main-

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