LK CAMP DE LAL'RRNTZ
choir dans un fossé plein d'eau qui entourait le château. Il nageait comme un poisson et tourna autour du vieux domaine jusqu'à ce qu'il fût arrivé à une petite porte. Cette porle-Ià était gardée par deux géants ; il prit leur tête de chacune de ses mains et les frappa l'une contre l'autre comme deux. c\mbales ; puis, par un simple effort de sa force prodigieuse, il enfonça la porte, et monta des escaliers couverts de doux pieds de vase, d'énormes crapauds et d'araignées tellement grandes que leur seule vue eût suffi à donner des attaques de nerfs à tout, autre que lui. Au haut des escaliers il vit quelque chose qui
glaça son sang dans ses veines...
« — C'était une grande forme toute blanche, avec un voile sur la ligure et une bougie à la main, continua Meg. La forme lui fit signe de la suivre, et, marchant sans bruit devant lui, le conduisit tout le long d'un corridor aussi noir et aussi iVoid qu'un tombeau ; de chaque côté se trouvaient des statues armées ; un
silence mortel y léguait ; la llmume de la lampe y
était toute bleue, et la forme toute blanche se retournait de tenijss en temps et lui montrait, dos yeux terribles au travers de son voile blanc. Enfin ils arrivèrent devant une porte fermée par des portières de soie rouge et derrière laquelle on entendait une charmante musique. Il s'élança pour entrer, mais le spectre le retint et, étendant le bras devant, lui d'un air menaçant...
« — Il lui offrit, dans une superbe tabatière, une prise de tabac 1res frais, dit. ,lo d'un ton sépulcral qui lit éclater de rire toute la compagnie.
« — Je vous remercie, dit poliment le chevalier en prenant une prise. Mais il se mit alors à éternuer sept fois de suite si violemment, que sa tète se détacha de
son corps. " Ma '. ha! ha! tu ne t'attendais pas à cellelà, s'écria le spectre. La trouves-tu bonne? »
« S'étant alors assuré, en regardant par le trou de la serrure, que le> princesses filaient, filaient toujours, le spectre rele\a le corps de sa victime et le serra avec soin dans une grande boUe en fer-blancoù se trouvaient déjà onze autres chevaliers empaquetés ensemble, et sans têio, comme des sardines. A la vue de ce nouveau venu, ces sardines d'un nouveau genre se levèrent toutes et se mirent...
« — A danser une gigue, dit Fred lorsque Jo s'arrêta pour reprendre haleine. Et, pendant rju'ils dansaient, le vieux château devint un grand bateau de guerre.
« — Serrez les voiles ! Abordez! s'écriait le capitaine.
« Un pirate portugais marchait à toute vapeur sur lui avec son na\ illon noir comme de l'encre.
« — Courage i mes enfants ! Abordons ce noir bandit ! dit le capitaine.
« Et une bataille rangée commença. Les Anglais furent vainqueurs, ils le sont toujours. Le capitaine anglais fit jeter le chef des pirates à la mer ; mais le rusé Portugais plongea et, allant sous le vaisseau anglais, il l'entraîna au fond de la mer, mer, mer, où...
« — Oh ! mon Dieu, qu'est-ce que je vais dire? s'écria Saille lorsque Fred eut fini sa rigmarole. . . Ah ! au fond de la mer. Ils y furent très gracieusement reçus par une 1res jolie sirène qui fut très fâchée de voir tous les chevaliers sans lèie. File les fit placer très soigneusement dans une grotte de corail dont elle avait la clef, aiin «le lis conserver. Fiant femme, elle était curieuse el très décidée, à découvrir ce mystère. Quelque temps après, un plongeur étant, par un grand hasard, descendu \ ers elle, la sirène lui dit : « Si vous voulez me porter ces messieurs la-haut, je vous donnerai une boîte