LE CAMP DE LAUHEXTZ
de perles. » Elle avait fini par se dire que l ■> pauvres chevaliers ne retrouveraient pas leur tête en restant dans sa grotte. Mais elle n'avait pas le pouvoir do les ramener à la surface. Le plongeur les y ramena donc, mais combien il lut désappointé on ouvrant la boîte de n'y trouver que dos chevaliers sans lèie. Il les laissa dans un grand champ solitaire où ils furent trouvés par...
« — Une petite gard- aise d'oies, qui conduisait cent oies grasses dans un champ, continua Amy. La petite fille fut très fâchée en les voyant et demanda à une vieille fournie ce qu'elle pourrait faire pour leur être agréable, pour leur faire du bien. « Vos oies vous le diront, elles savent, tout, » répondit la vieille. Elle leur demanda donc ce qu'elle devait faire pour procurer de nouvelles têtes à ces pauvres chevaliers, et les oies ouvrirent leurs cent becs et crièrent: « Chouchou. »
— Des choux ! s'écria proniptement Laurie.
<( — C'est très bien, » pensa la petite fille. Kt elle courut, dans le jardin en chercher douze beaux, et les ayant placés sur les épaules des chevaliers, ils reprirent immédiatement connaissance, la remercièrent et continuèrent leur chemin pour aller chacun à ses affaires. » Ce qu'ils devinrent avec leurs tètes de choux, c'est leur affaire et non la notre, et si vous êtes de mou avis, nous n'aurons pas l'indiscrétion d'en demander plus long à lîetli, qui se cache là, derrière sa maman Jo...
— Oh non ! oh non î s'écria une. petite voix suppliante derrière Jo. Ne me demandez rien ; j'aimerais mieux mourir que d'essayer d'ajouter un mot à une si difficile histoire. Je ne peux pas, je ne peux pas; je ne joue jamais à ce jeu-là...
— Beth a raison, s'écria Jo.
188 LES n[JATRE FILLES DU DOCTEUR MARSCII.
— S'il en est ainsi, dit M. lïmoko. n-ins allons être obligés de. planter là le pauvre chevalier et ses compagnons ; espérons que, quant à lui, il aura retrouvé sa princesse. Voilà longtemps que nous nous reposons, je propose que nous finissions notre journée par une belle promenade au bord de la rivière !
— P.ra\o ! » s'écria toute l'assistance.
En un clin d'œil, tout le monde fut debout et se mit à gambader. Frank, le pauvre petit estropié, était resté assis un peu à l'écart ; il essaya de se lever, mais, dans un mouvement de dépit ou d'humeur, il avait jeté sa béquille à quelques pas de lui. Beth, voyant son embarras, prit son courage à deux mains et alla la lui ramasser.
« hiis-je faire antre chose pour vous? lui dit-elle.
— Parlez-moi, s'il vous plaît. C'est triste d'être assis tout seul, » répondit Frank, qui était évidemment gâté chez lui.
S'il avait demandé à la timide Beth de lui débiter nn discours latin, la tâche n'aurait pas paru à celle-ci plus ardue ; mais il n'y avait pas d'endroit pour se cacher, point de Jo pour se mettre devant elle, et le pauvre petit garçon la regardait d'un air si malheureux qu'elle résolut bravement d'essayer.
« De quoi aimez-vous à entendre parler? demandat-ëlle.
— Eh bien! j'aime à entendre parler de crocket, de pé'-hc ri de chasse, dit Frank, qui, depuis son accident, n'avait pas encore appris à proportionner ses amusements à son état actuel.
^ Mon Dieu, qu'est-ce que je vais faire? se dit Beth. Je ne connais rien à tout cela. »
Et oubliant, dans son agitation, le malheur du petit garçon, elle dit, dans l'espoir de le faire parler :