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L AU RIE FAIT DES BÊTISES

un homme dans quelques meilleures occasions, et je perdrais à jamais sou rsiime s'il connaissait ma sotte action. Nous Meg. vous me pardonnerez, je l'espère. Je ferai tout pour \ous montrer combien je me repens, ajouta-t-il, je n'ai de ma vie été si honteux de moi-même !

— J'essayerai, Laurie; je suis honn-o <• pour vous que vous jugiez que voire aciiou n'est pas celle d'un gentleman. Pour la droiture et la franchise, j'aurais juré que vous étiez un homme. Devons-nous ne plus voir en vous qu'un écolier incapable de se rendre compte de la portée do ses actes?

— Ce que j'ai fait, dit Laurie, est complètement

J'ai mérité de perdre plus que votre

amitié, votre estime; vous réinsériez de m adresser la parole pendant, des mois que cette punition serait encore au-dessous de celle que je mérite. »

Tout en parlanl, Laurie joignait les mains d'un air si désolé, il avait l'air si malheureux, si repentant, il était si près, il faut le dire, de fondre en larmes, son humiliation taisait tant de peine à voir que Meg sentait sa colère lui échapper peu à peu, A la lin. elle lui tendit la main tout en lui disant :

« En vérité, on peut tout pardonner puisque je vous

La figure sévère de M'"* Mnrsch s'était radoucie, en

dépit de sa volonté de garder rigueur a Lam e-, lorsqu'au lenlendit déclarer qu'il était prêl a faire toutes les pénitences que Me- Jo el elle voudraient lui imposer, lorsque, pour ronclure, s'adressa») à. elle, il lui dit qu'elle ne pouvait pas douter qu'il eûi un smre.e respect pour Meg et pour son caractère, et quand surtout il répéta qu'il lui était plus pénible de se sentor un si grave tort vis-à-vis de \1. Brooke, de Lhomme

306 LES QUATRE FILLES DU DOCTEUR MARSCiï.

à qui il devait le peu de qualités qu'il avait, la paix se lit aussi de son côté.

Pendant ce temps, Jo restait à l'écart et essayait d'endurcir son cœur contre Laurie; car enfin il demandait pardon à tous, mais à elle qu'il avait si effrontément mise en cause, il ne lui demandait rien. En vérité, c'était trop de sans-gêne.

Laurie la regarda une ou deux fois ; mais, comme elle ne faisait pas mine de lui pardonner, il se sentit repris d'un mouvement d'humeur d'autant plus vif contre elle qu'il avait compté davantage sur sa clémence. Aussi, quand il eut fini avec les autres, il se borna à lui faire un grand salut et partit sans lui adresser un mot.

(iràce à cette sotte manœuvre, Laurie s'en alla encore mécontent de lui-même, et, ce qui était souverainement injuste, plus mécontent de Jo, car enfin il avait attiré sur elle d'injurieux soupçons, et il ne lui avait pas donné satisfaction sur ce point-là.

Il faut dire que Jo avait, au milieu de tonte celte, affaire, fait fort bon marché de ses griefs particuliers, et que Laurie, qui la connaissait bien, avait cru le

comprendre; aussi, à peine était-il sorti, qu'elle se

repentit de n'avoir pas été plus indulgente. Quand Meg et sa mère furent remontées dans la chambre de Beth, elle regretta d'avoir laissé partir Laurie sans que la ivrmirilialinn se fut laite entre lui et elle. Les mouvements de Jo étaient aussi rapides que sa pensée; en un clin d'oeil, s'étant armée d'un livre qu'elle avait à reporter dans la grande maison, elle s'y rendit.

" M. Laurcntz est-il chez lui? demanda-t-elle à une domestique.

— Oui, miss, mais je ne crois pas qu'il soit visible maintenant.

— Serait-il malade?

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