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CHAPITRE SECOND

OÙ L’ON FAIT QUELQUES CONSIDÉRATIONS APPROPRIÉES AUX CIRCONSTANCES ET OU L’ON MÉÊLE L'UTILE A ['A. GRÉABLE.

La valeur réelle de c exclusivement dans les signatures,

Elles n’ont été provoquées et composées que pour sou tenir quand même los Prétoniions exorbitantes ct injustes de l’'Université- Laval. Elles blessent toutes, plus où moins, la logique, le bon sens, ot la justice, comme le démontre invinciblemont la brochure du Ærane- Parleur, et celle de Luigi.

Je défio les Partisans de Laval d'Y trouver autre chose, Leur soul mérite, c’est la brièveté ; il est vrai que ça pressait : —

Nulles pour lo fond, médiocres dans la for Sont couvertes par des signatures ‘uer, un jour, de regretter vivem le mieux.

Otez ces signatures, qu'il est si re ce ne sera plus que quatre ch dre vent dispersora au loin.

Enfin, avec ou sans signatures, le bon se teurs sérieux et amateurs do la vérité, bonne et pr'ompto justice, ainsi que du est décoré, si co n’est déjà fuit.

Pour soutenir cet odioux ot impuissant lettres font hautement valoir des sentences, des décisions de Rome ; aiucune ne s'est avisée de pour causes.

Eh bien ! cher loctour.

8 quatre lettres consiste done

me, elles qu'on ne peut man.

ent. Le plustôt sorx

grettable d'y voir.

étives pailles que lo moin.

ns des lecen fera bientôt Factum qui s'en

Monopole, les Décrêts formels, des or, chose étrange !

citor ces graves documents, et

Je vais vous révéler un secret

intéressant, c’est que tout ce cortége imposant de Dé. crets, etc., pour protéger le Monopole Laval, n'existe

C’est tout n6 pas omployer une

que dans l'imagination de cos lettres à effot. bonnement du Clap-trap, pour

en 19 —— autre expression plus vulgaire, en usage parmi Hô: voisins les Yankees. Ce Deus ex machina a été crééet mis au monde pour les besoins de la circonstance, afin de jeter une pieuse terreur parmi nos braves M. P. P. et de la poudre de pertinpinpin aux yeux du public.

J'ai vu, dit l’un, un chou grand comme une maîson ;

Et moi. dit l’autre, un pot aussi grand qu’une Eglise.

Je félicite le bonhomme Factum de cette grande trouvaille à la suite de sa tournée dans les quatre villes. Tous les mendiants sont loin d’avoir un pareil succès.— C’est merveilleux, quoi! Seulement, quand... il aura fini de manger le chou, que fera-t-il du pot ?—Enfin, qui vivra verra.

Mais revenons à nos moutons, c’est-à-dire, à nos quatre lettres si glorieusement trainées dans la machine a laquelle je fais ci haut allusion, comme parle l’une des quatre, en style de motion.—On tâche de s’instruire un peu, voyez-vous, chemin faisant ; ce n’est pastous les jours que l’on a pareille chance.

Or donc, comme il n’y a pas de fumée sans feu, voici le thême sur lequel les lettres on brodé, chacune selon son talent, pour fabriquer la machine à épouvante.

En 1862, Mgr. de Montréal, voyant les immenses be. soins de sa villo Episcopale croître d'année en année, et d'impuissant Laval incapable de venir au secours de notre jeunesse, crut que Île temps était venu pour Monttréal d’avoir son tour, selon les promesses fuites à Québec. Plein de confiance dans ces promesses, souvent réitérées, il en donne avis à l’Archevêque, alors Mgr. Baillargeon. Celui-ci s’y opposant avec ardeur, Mgr. de Montréal l'invita à so rendre à Rome avec lui, pour y soumettre l'affaire àS. E. le Cardinal Préfet. L/ Archevêque accepta. mais n'arriva à Rome que plusieurs semaines après l’Évê. que de Montréal.

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elui-ci, agissant, avec la plus scrupulouse bonne foi, poussa la délicatessé jusqu’à attendre!l’arrivée de son confrère, avant de se présenter à la Propagande.

Dans l’intervallo, l’Archevêque, qui ne se piquait pas de tant de délicatesse, écrivit aux Evêques de la Province, et réussit à obtenir d’eux des lettres favorablos à ses Vues,

Sur quoi, il se hàta d'écrire directement au Pape, lui envoyant en même temps l’opinion de ses collègues.— Le Saint-Père s’en rapportant à la bonne foi de l’Archevéque, dit au Cardinal Préfet, en lui parlant de cette affaire, ‘ cela n’est pas expédient, pour le moment,” non expedire. Tout cela se passait à l’insu de l’Evêque de Montréal, alors à Rome depuis un mois. Enfin, Mgr. Baillargeon, qui n’uvait pas perdu son temps, comme l’on sait, arrive à Rome. Il ne dit rien à son collègue, et se rend avec lui à la Propagande, sans beaucoup d'inquiétude. Mgr. de Montréal expose son projet, disant qu'il est prêt à s’en rapporter à l'opinion de Son Eminence— Signor

Vescoro, répond le bon Cardinal, je ne puis rien faire pour vous en ce moment, car le Saint-Père a déjà dit : Non expedire.

& Je tombui des nues, dit Mgr. de Montréal, racontant 4“ cette scène à un ami dévoué. L’Archevêque, qui savait “ tout, ne m'avaitrien dit ; j’ignoruis qu'il eût agi en se- «“ cret, pendant que je l’attendais à Rome pour y agir en- « semble loyalement, et au grand jour.”

Tel est l’origine du premier non expedire.

Le Factum, dans sa deuxième édition, devrait célébrer la gloire de ce premier succès de la diplomatie Quéqeccoise ; les quatre lettres en seraient fières.

En 1865, Mgr. Bourget, ayant fait de nouvelles tentatives, il lui fut encore répondu par NS. E. le Cardinal Pré. fot ; non expedire.

Or, ce sont ces deux non expedire qui ont été transformés tout-à-coup en Décrets formels ! A celui qui nie l'existence de tels Décrets, la lettre ne dit pas encore sit anathema, mais elle déclare avec indignation qu'il est un aveugle et un insensé !-- N'y a-t-il pas quelque part un vrai Décret qui dit :— Siquis divesit fratii suo raca, reus erit judicio ?

Quant à vous, cher lecteur, je suis 1ssuré que vous prenez le non expedire dans son sens seul véritable. Ce qui n’est pas expédient aujourd’hui, peut le devenir demain.

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En cela, vous pensez comme $. E. le Cardinal Préfet, dit aujourd’hui qu'il est expédient de reprendre cette vieille affaire, qu’une égoïste jalousie et une lâche crainte ont déja fait échouer deux fois. C’est aussi ce que pense l’illustre Evêque des Trois-Rivières, comme chacun peut voir, dans sa belle lettre du 23 Nov. dernier, supprimée par le Factum Laval. Je rougis d’accoler ce noble nom au ÆFactum ;—Laval n'était-il pas un gentilhomme, de cœur et de race ?

Ainsi donc, les Décrets, les sentences, les déeisions, en faveur du Monopole, disparaissent devant l’éclatante vérité, à savoir que tout se borne À ce qu'après avoir répondu hier: ce n’est pas expédient, le Cardinal Préfet dit aujourd'hui : c'est expédient.

Et le Fuctum qui fait sonner le tocsin par quatre Evéques pour apprendre cela à La Puissance ! Kh bien! bonhomme, pour votre pénitence, vous réciterez à genoux les deux vers qui suivent, dans la grande salle de l'Université-Laval, ot cela, une fois par jour, jusqu’à ce que le Décret érigeant l’Université de Montréal soit publié officiellement.

Que deviendra l’auteur, après tous ces grands cris ?

La montagne en travail enfante une souris.

EY

La question Laval a deux côtés; le côté humain, et le côté divin; l’ordre temporel, et l’ordre surnaturel. Déjà, dans l’ordre temporel, Laval possède une beile existence acquise, comme dit le Æactum au prix de grands saerifices.

Naturellement, Laval travaille à conserver, sinon à augmenter cette grande existence, comme un moyen de conserver et d'agrandir son influence morale sur la société.

Jusque là, la critique s'incline et se tait. Mais le côté le plus important est le côté divin, l’ordre surnaturel. Il consiste à travailler efficacement au salut de la jeunesse studieuse, par la science; mais une science fondée et fécondée: par la religion, et que la Sainte Eglise encourage et bénit.

Or, de quel coté inclinent, dans cette lutte déplorable, le Factum et les quatres lettres ? n'est-ce pas exclusi-

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ément du côté de l’ordre purement humain ? Pourquoi faire sonner si haut les immenses sacriflces qu'on prétend devoir être rendus inutiles par une institution rivale ?

Pourquoi tant redouter une Université à établir à soixante lieues de Laval ?

Pourquoi, lorsqu'il est démontré, par vingt ans d'expérience, qu'il est impossible à Québec de jouer € + grand ôle en dehors de son propre cercle, vouloir à tout prix s'opposer à ce que Montréal travaille à le faire dans le sien ?

N'est-ce pas sacrifier le côté divin en faveur du côté purement humain ?

‘st-ce là un rôle digne d’une Université vraiment catholique? Avoc ces idées étroites que devient lo ‘ quærite primum regnum Dei? Laval ferait bien d'étudier à fond cette profonde leçon du Maître ; de même que cette foudroyante parole do son Vicaire, Pecunia tua tecum sit in perditionem. Car nous ne voulons pas la mort du pécheur, sed magis ut convertatur et vivat.

En conclusion, c'est done le Monopole perpétuel qu’exige, comme un droit, l’'Université-Laval; et c'est contre le Monopole stupide et anti-chrétien que lutte le vénérable Evêque de Montréal ; —lequel occupe le poste d'honneur ?

Un grand Evêque «a tiré de son cœur d’Apôtre cette noble parole, si pleine de Philosophie chrétienne; Utinam omnes prophetent ! Laval tire de son égoïsme, cette parole payenne: Uirnam Ego Solus !

« Et de quatre villes Episcopales l'écho répète : Utinam ! — Proh pudor !

Hélas! dit le lecteur, que va devenir Ville-Marie? trahie au dedans par les gallicans. au dehors par ses alliés naturels ; comment résister et vaincre? Sans un miracle, n'est-elle pas perdue ?

—Chut! n'invoquez pas le miracle.

—Ht pourquoi pas ?

Parceque, si ces gallicans vous entendent demander un miracle pour Montréal, ils sont capables d'y faire afficher, comme jadis à Paris :

Au nom du Roi, défense à Dieu, De faire miracle en ce lieu.

TS

—Muis d'où peut donc peer cette bruyante exp sion de mauvaise humeur

—Je vais Vous le dire. Vous savez ce qui est arrivé ici le 29 Octobre derrier ?

—Non, j'étais absent de la ville jour-là.

—-Eh bien! je vais vous conter la chose.

Vous saurez donc que ce jour-là, les quatre villes étaient venues assister à une certaine fête à Montréal. On savait qu’elles souffraient d’un engorgement de muuvaises humeurs accumulées depuis longtemps. C'était, dit-on, la faute d’un cuisinier nommé N. Monde qui leur avait servi quantité de plats de sa façon, tout-à-fait contraires à la constitution de ces Dames.

Donc, les mauvaises humeurs s'étaient grandement accumulées, et leurs Seigneuries souffraient de cette forte nourriture, trop substantielle pour leurs faibles estomacs. Or, voilà que le 29 Octobre, un vieux médecin Allemand se présente tout-à-coup devant elles, et leur dit : ‘“ Illustres Dames, j'ai bien l’honneur de vous offrir mes humbles saluts; Que vos Seigneuries daignent m’entendre. J'ai appris que vous souffriez de certaines mauvaises humeurs; Or, je puis vous guéri: de cette grave maludie, car je possède un remède infaillible, opte par la Faculté Romaine, et recommandé par le Très-Saint-Père luimême.”

Les illustres Dames n'avaient guère confiance; ce vieil allemand leur déplaisait pour certaines raisons qu'il serait trop long d’énumérer. Mais, bon gré mal gré, le médecin insistant fortement, il leur fallut s'exécuter ; lu dose fut avalée.

Il parait qu'elle était un peu forte, vû le mauvais état de leur taibie constitution. Bientôt, de violentes tranchées se firent sontir, et ces pauvres Dames n’en pouvaient muis—-Dans leur mécontement, le cuisinier fut chassé, le médecin vivement tancé, ot Nocteur Factum appelé, - mais le bonhomme n’y entend rien, le mal empire, et un beau jour une explosion éclatante a lieu.

Comprenez-vous maintenant, le secret des quatre lettres ?

— À merveille, et tout s'explique.—Maintenant que la chose est faite, j'en suis bien aise.—Il faut espérer que ces Dames s'en trouveront bien.

— Oui, il faut l’espérer, car le romède était bon, administré à propos, et, sans l'ignorance du Docteur Factum,

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nl doute que ces bonnes Dames n'eûssent recouvré une parfaite santé. Lo vieil allemand, médecin très distingué, savait Lien ce qu'ii fallait et ce qu'il faisait. Mais, voyez-vous, tous les malados en sont là plus ou moins ; plus ils souffrent, moins ils aiment les remèdes et le médecin. Favt dire aussi que les charlatans ne manquent pas pour aécrier les vrais médecins et les bons remèdes. " l'a vu de reste dans cette circonstance si remarquale.

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