UN POLITICIEN DE 181G
C'était après Waterloo; Napoléon, vaincu, était à l'Elysée; un Gouvernement provisoire venait de se constituer aux Tuileries, sous la présidence de Fouché.
Les Chambres décidaient du sort de la France.
Les salons du palais étaient remplis d'une multitude affairée et émue, contre laquelle un officier de gendarmerie et un planton défendaient la porte du Président.
Un homme de haute stature, d'une physionomie intelligente et hautaine, portant jusque sur le collet de son habit une crinière de cheveux blancs, se fraya passage entre les rangs pressés de la foule, et tendit sa carte à un huissier qui la porta au duc d'Otranle.
Quelques minutes plus tard, ce personnage, au milieu des murmures, fut introduit.
Fouché et son secrétaire particulier travaillaient à la lueur des lampes.
— Asseyez-vous, dit-il sans relever la tête et cesser d'écrire ; je n'en finis pas, ot il me faudra bientôt un régiment de gendarmes pour me proléger contre la marée montante des solliciteurs.
Posant la plume :
— J'ai trouvé le moyen, cependant, de m'occuper de notre affaire; elle est déjà en bon chemin. Dame! il n'y a pas une minute à perdre. Talleyrand en sera, Dupont et quelques généraux. Voici vos papiers diplomatiques; — vous m'entendez?
— Oui, monsieur le duc.
— Tâchez de passer la frontière
— J'en réponds.
— Il faut devancer le mouvement des Autrichiens. Arrivez donc à temps à Vienne. Ce sera une bonne note pour nous d'avoir arrêté une partie de l'invasion; le pays nous en tiendra compte... Par oîi allezvous?
— Par l'Italie.
— Ne m'écrivez que dans les cas urgents, et avec la réserve la plus absolue. Vous avez de l'argent?
— J'en ai touché, monsieur le duc.
— Parbleu ! on commence toujours parla. J'approuve vos affiches ; N'allez pas, toutefois, perdre du temps avec les imprimeurs.
— Ce ne sont que quelques placards faits à la main.
— N'en mettez pas dans mon quartier. Tout ce que le duc d'Otrante approuve ne saurait avoir la sanction du Gouvernement provisoire et de son président. N'oubliez pas de vous arrêter au Puy, et chauffez Excelmans.
— Oui, monsieur le duc.
Fouché se souleva et tendit la main au voyageur en lui disant :
— Bonne chance I
Le jour tombait. Cependant, l'ami de Fouché ne put résister au désir de coller aux murailles ses proclamations, sans doute pour .en voir l'effet avant de partir pour l'Autriche ; — amour-propre d'auteur.
Arrivé au coin de la rue du Sentier, il entra chez un marchand de couleurs et y acheta de la colle et un pinceau.
Un peu plus loin s'étendait une rangée de palissades.
Il y afficha un placard contenant quelques lignes tracées en gros caractères et appuyées de sa signature. C'était un appel au peuple qu'il provoquait au renversement de Napoléon, et annonçait l'avènement prochain d'un gouvernement ami de la liberté et de la paix.
Deux dames, qui suivaient le boulevard, s'approchèrent; la plus âgée était la femme d'un membre de la Chambre des députés; elle reconnut, dans l'auteur de l'affiche, un compatriote et ami d'enfance.
— Eh quoi 1 lui dit-elle, c'est vous, Paul, qui demandez le renver-
sèment de l'Empereur; vous semblez bien joyeux. Vos Bourbons vont donc revenir?
— Votre Bonaparte, au moin?, va tomber, répondit l'homme auquel elle s'adressait.
Cet homme était Paul Didier.
La dame secoua la tête d'un air de pitié, et continua sa route.
Bientôt un certain nombre de badauds lui succéda et regarda d'un air méfiant.
L'auteur n'eut pas la joie d'entendre applaudir son œuvre et rentra chez lui où, quelques heures plus tard, on lui amenait une voiture attelée de chevaux de poste.
Il partait pour le Puy, où le général Excelmans avait son étatmajor.
Mais avant d'aller plus loin et d'aborder le récit du complot de Grenoble- Lyon, disons un mot de Paul Didier.
Malgré la publicité donnée à un long et retentissant procès, le caractère et les agissements de ce conspirateur restèrent longtemps enveloppés de mystère. C'est à un archiviste de la police, l'honorable M. Peuchet, que l'on doit d'avoir fait la lumière". Nous lui emprunterons les principaux renseignements, mais en faisant observer, toutefois, que Peuchet, dans ses appréciations, est optimiste.
« Qui n'a pas entendu parler de Didier, de cette âme de feu dans un corps de fer, de cet homme taillé sur les patrons antiques et si peu en rapport avec son époque et surtout ses concitoyens? Je vais le montrer sous un autre jour qu'il n'a été vu jusqu'à ce moment, et je ferai prévaloir mon opinion au moyen des documents nombreux et certains qui la dégagent de tous les mensonges dont on la voudrait entacher. Voici des faits inconnus et vrais :
« Paul Didier naquit à Upie (département de la Drôme), en 1758. Né dans la classe bourgeoise, il étudia le droit, fut reçu avocat et plaida avec succès.
Dès 1788, pendant le ministère déplorable de Brienne, Didier se distingua parmi les agitateurs de in province. L'an d'après, il assista à l'assemblée de Viziile, regardée par beaucoup commn le berceau de la Révolution.
« Ami de Monnier, de Barnave, Didier partagea tout ensemble leurs illu.-5ions et leur désappointement. Détrompé comme eux par les
liW LES QUATRE SERGENTS DE LA ROCHELLE
désastres que lui-même avait appelés sur la patrie, il revint, ainsi que ces deux hommes d'Etat, à de plus saines idées.
Poursuivi par les Jacobins, qui voulaient uniquement des complices, il fut contraint d'émigrer en 1793, ne reparut à Grenoble qu'après le 9 Thermidor, mais alors pour poursuivre, sans relâche et sans merci, les sans-culottes ses ennemis. Didier ne savait rien faire à demi.
Il fut, à cette époque, investi des pouvoirs de commissaire royal; il correspondit avec le cabinet ambulant de Louis XVIII, mais la mobilité de son caractère le tourna vers le soleil levant. Après le 18 brumaire, il multiplia ses voyages à Paris. Portails, alors, le protégeait. Didier, impatient de cette condition mixte, s'adressa directement à Bonaparte. Celui-ci fut satisfait apparemment, car, après une audience accordée à Didier, l'ancien- avocat reçut sa nomination de professeur à l'école de droit à Grenoble.
Ceci eut lieu après qu'en 1802 il eût mis au jour une brochure qui fit beaucoup de bruit, intitulée Retour à la Religion.
Des personnes, qui se croient bien instruites, prétendent que le ministère de la police donna le plan et paya la forme de l'ouvrage.
Pourquoi Didier fut-il destitué à l'époque de la création de l'Université impériale?
Les mêmes documents que j'ai cités plus haut veulent qu'à cette époque il reçut, pour la première fois, un agent de la faction dite d'Orléans, qui, lié avec Didier dès son premier voyage à Paris, l'engagea à travailler dans l'intérêt du ci-devant duc de Chartres, devenu duc d'Orléans à la mort de son père.
La police impériale eut vent de cette intrigue.
Rentré dans la vie privée avec peu de ressources, il s'associa à des travaux de mines et de dessèchements d'étangs qui ne lui réussirent pas.
Il empira sa situation, et, en 1814, il se proposait de faire un voyage à Palerme, espérant que le duc d'Orléans lui tiendrait une partie des promesses qu'on lui avait faites sous son nom.
Mais les événements changèrent de face les choses; Didier, à la nouvelle de la chute de l'Empereur, accourut à Paris, se targua de sa destitution, s'en faisant un titre, exaltant son royalisme, et en même temps se rapprochant de MM. L..., V..., L..., 0..., D..., B... et
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Co personnage fut introduit auprès de Fouchô.
Liv. M" — KAYAnn frères, éditonrs.
autres, qui, dès cette époque, reconstituèrent le parti orléaniste. Didier, que la charge de maître des requêtes qu'on lui accorda, et la promesse de la première place vacante à la Cour de cassation, ne satisfit point, passa, vers la fin de l'année, dans les rangs mourants des libéraux.
Je l'ai entendu souvent se plaindre du Gouvernement royal et prétendre qu'on ne faisait rien pour lui; mais, depuis que j'ai pu lire dans les archives de la police, l'audace de ses plaintes m'a bien étonné.
Aux Cent jours il afficha le bonapartisme le plus exagéré : c'était un leurre.
Ce nouveau masque lui procura la préfecture des Basses-Alpes.
Didier, cependant, s'était rapproché de Fouché, chef, alors, des orléanistes.
Fouché, qui voulait donner la couronne au duc d'Orléans, le chargea d'aller en traiter, à Vienne, avec les alliés, avant l'entrée en campagne... »
Nous voici revenus au point de départ de notre récit ; nous quittons ici Peuchet et nous nous attachons aux actions de Paul Didier.
Disons, en passant, que ce personnage, qui joua un grand rôle politique, n'était (on a dû le remarquer), ni un patriote, ni un homme de parti, mais un aventurier politique, ambitieux et sans scrupules; si nous racontons sa vie, c'est parce que, parmi ses nombreux complices, les victimes de sa conspiration sont sympathiques et intéressantes.
Didier ne s'arrêta point longtemps près de l'armée de la Loire, il avait hâte de franchir la frontière autrichienne. Mais, lorsqu'il parvint à cette frontière, elle lui fut interdite.
Ce fut pour lui une grande déception.
La révolution qu'il avait espéré opérer par voie diplomatique, n'était plus possible que par la force, une surprise, un coup de main.
Il en écrivit à Fouché, à qui il envoya un courrier, mais, comme il devait s'y attendre, sa lettre resta sans réponse.
l^e duc d'Otraute, au moment où Didier quittait Paris, écrivait à Louis XVIII pour le féliciter de Waledoo et rassurer du dévouement
et de l'amour des Parisiens. Quelques heures plus tard, la Chambre immolait Napoléon à la fureur des coalisés.
Le Vivarais, les bords du Rhône, le centre de la France étaient bonapartistes. Didier le savait; il résolut de prendre le masque de l'opinion dominante pour réaliser le plan suivant, qu'il proposa à Fouché et au comité orléaniste, composé des généraux. Lallemand, Drouet d'Eslon, Lefèvre Denouettes, Lafayette, de Dupont de l'Eure, Descazes et le duc d'Otrante, déjà nommé. Nous ne donnons que le résumé du plan détaillé, déposé aux Archives.
Il s'agissait de prêter la main aux imprudences des royalistes et d'alarmer les acquéreurs des biens nationaux, puis de soulever l'armée de la Loire, les campagnes, la classe ouvrière au nom de Napoléon. — Ce nom seul pouvait agir sur le peuple à qui les d'Orléans étaient parfaitement inconnus.
Comme il était impossible que Napoléon reparut, on chercherait à déterminer les officiers et tous ceux qui se seraient compromis dans cette tentative et sans espoir de grâce, à se tourner vers le duc d'Orléans.
Les républicains, en oubliant certaines fautes, se rappelleraient que le fils du conventionnel Philippe-Egalité, avait été membre du club des Jacobins et général de la République en 92; les propriétaires des domaines d'église, des biens des émigrés et des condamnés, ne seraient pas les derniers à se tourner vers un prince qui leur garantirait leur propriété; la foule enfin suivrait, lorsqu'on l'aurait bien convaincue que Napoléon II était à Vienne, prisonnier de son beau-père et otage de la Sainte-Alliance.
Ce plan, qui semblait logique, obtint l'assentiment des chefs, et ce[iendant il péchait par la base : il n'était pas avouable au peuple et aux soldats, puisque ceux-ci n'étaient capables de se soulever que pour Napoléon, et qu'il obligeait tous les conspirateurs éclairés à jouer la comédie, à porter le masque d'une opinion qu'ils n'avaient pas, à prêcher une chose impossible, le rétablissement des Bonapartes.
Dans de telles conditions, on manque d'éloquence et souvent de logique, on s'expose à des démentis, à des révélations qui jettent le trouble, l'incertitude parmi ceux que l'on veut entraîner. La conspiration devient une fourberie.
Certainement, il est regretluLle que ce plan ne fut pas réalisable!
ina LES QUATRE SERGENTS DE LA ROCHELLE
Louis-Philippe, jeune à cette époque, était préférable à Lonis XVIIÏ, à Charles X, et même à Napoléon II, enfant placé sous la régence d'une Marie-Louise. Mais, qu'on me pardonne ce jeu de mots, la poire n'était pas mûre.
Cependant, le plan de Didier eut encore l'adhésion de l'Angleterre.
Le cabinet de Londres s'apercevant que le roi de France penchait vers une alliance plus intime avec la Russie, envoya à Paris un agent, qui insinua que la Grande-Bretagne ne s'opposerait pas à un changement dans l'ordre de succession au trône.
Cette ouverture, dont on profita quinze ans plus tard, encouragea les orléanistes. Il fut décidé que l'on tenterait un coup de main.
Mais pour réussir, il fallait, dès le début, occuper une ville importante, une place de guerre dont la conservation fut un gage de sûreté.
Dans cette occurrence, Didier se mit encore en avant; mais en stipulant pour lui des avantages considérables. Il demanda et obtint des lettres-patentes de sa nomination à la charge de chancelier du royaume, — un diplôme de duc et pair héréditaire, — une concession de deux cent mille francs, en rentes à cinq pour cent, — un traitement annuel de deux cent mille francs, — le grand cordon de la Légion d'honneur.
Il quitta Paris, muni d'une très forte somme en or et en billets de banque, pour aller préparer les voies.
Les conspirateurs n'auraient pas été fâchés de reculer jusqu'en 1817 l'ouverture de leurs opérations, parce qu'à cette époque, il y aurait eu en France moins de troupes étrangères, mais aussitôt que le comité-chef eut connaissance du mariage du duc de Berry, il se hâta d'agir.
Quelque temps auparavant, Didier s'était mis en rapport avec le duc d'Orléans, par l'intermédiaire de M. de Grave, pour la publication clandestine du compte rendu de deux séances de la Chambre où le duc avait soulevé un véritable orage. La reproduction, au Moniteur, avait été supprimée en grande partie. Les courtisans avaient crié au scandale et accusé le prince d'être resté imbu des doctrines révolutionnaires. En même temps, la police avait découvert la brochure. Louis XVIll fit donner l'ordre à Louis-Philippe d'Orléans de quitter Paris et de se rendre à Londres. L'imprimerie fut saisie, les planches composées détruites.
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Didier ne se découragea pas^ loin de là. Cet exil était une réclame pour son prétendant. Les actes chaque jour plus violents des ministres et de la Chambre, par cela qu'ils jetaient la terreur et le désespoir au sein de toutes les classes, augmentaient à ses yeux le nombre des citoyens disposés à renverser le gouvernement. Dans chaque mécontent, il croyait voir un complice.
Son audace devint telle, qu'en quittant Paris, il se découvrit. Il ne craignit pas de répandre le bruit de la création dune vaste association politique, dite de ï Indépendance nationale, ayant pour but de chasser Louis XVHI, et de mettre à sa place un prince du sang. Il ajoutait que dix-sept commissaires avaient quitté Paris, avec mission de décider un mouvement général dans le Midi.
Il continuait ainsi à attirer sur lui l'œil de la police. Celle-ci avait des auxiliaires dans la presse. Des journaux de Paris, du 3 février 1816, signalaient sa présence à Lyon, et annonçaient que des propos tenus dans un cabaret par un sergent, et entendus par un officier, ayant prouvé que ce sergent fréquentait des conspirateurs et recevait de mauvaises impressions, le procureur du roi avait fait arrêter six individus, le sergent compris; que leurs réunions, composées du sergent, nommé Rosa, du capitaine à demi-solde, de l'ex-garde nommé Simon, du colonel de l'ex 1"^ de ligne Jacquemet, de M.M. Montain, médecin en chef de l'Hôtel-Dieu de Lyon, Lavalette, ex-receveur général, et Rosset, fabricant de papiers peints, étaient présidées par le sieur Didier, qui prenait le nom d'Auguste. — « Didier, ajoutaient ces journaux, n'a pu être saisi. »
11 se trouvait donc déjà complètement compromis, au moment où il avait besoin de toute sa liberté d'action. Une information fut commencée.
Rosset, seul, avait vu Didier et avait eu des entretiens avec lui, mais, disait-il, tout ce qu'il savait, c'est ce que tout le monde avait entendu dire d'une association nationale, en faveur du duc d'Orléans, fondée par Fouché (qui alors s'était retiré à Prague, eu Bohême), Didier ne lui avait rien appris de plus.
Le .31 août, aucune charge n'ayant été relevée contre les accusés, trois furent acquittés : Rosa, Jacquemet et Simon, trois autres furent condamnés : Rosset et Lavalette, à dix ans de bannissement, dix ans de surveillance, cent mille francs chacun de cautionnement, et Lava-
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lette à la dégradation de la Légion d'honneur; le docteur Montain, à cinq ans de prison, cinq ans de surveillance, dix mille francs d'amende, vingt-cinq mille francs de cautionnement.
Au sujet du docteur, de Vaulabelle cite cet acte de dévouement :
« La condamnation du docteur Montain, pour crime de non révélation d'un complot non accepté, ni suivi d'un commencement d'exécution, mais dont il était accusé d'avoir entendu parler chez un malade, » (termes de l'arrêt), fut l'occasion d'un acte de dévouement qui mérite d'être rapporté. Il avait un frère puîné, médecin comme lui, et chirurgien en chef de l'hospice de la Charité de Lyon. Alarmé par l'état de maladie grave, où les tortures du secret et un séjour de sept mois dans des cachots malsains avaient mis son frère, M. Montain jeune sollicita le transfert du condamné dans une des prisons de Paris, et obtint de l'accompagner pendant le voyage. Ils quittèrent Lyon, le 10 janvier 1817. La ressemblance était grande entre les deux frères; les gendarmes chargés de les conduire changeaient à chaque brigage. M. Montain jeune, durant une de ces haltes de la route, parvint à se substituer à son frère, et fut écroué à Sainte-Pélagie, sous le nom de celui-ci. Au bout de quelques jours, lorsqu'il eût reçu la nouvelle que son frère était en sûreté, il réclama son élargissement; mais au lieu de, l'obtenir, il subit une assez longue détention. >>
La justice royale sévissait comme la peste ou le choléra.
Soixante-dix mille citoyens furent mis en état d'arrestation pendant les huit premiers mois de 1816. — Les prisons regorgeaient, dans plusieurs départements, la place manqua. Pour y obvier, on convertit la peine de la détention, chez les moins mal notés, en celle do l'exil.
Quant aux destitutions, elles atteignaient des chiffres fabuleux. Pasquier, préfet delaSarthe, en prononça 622 dans ce seul département. — C'est ce que les gouvernements qui vivent d'expédients appellent l'épuration.