‹ [Les quatre sergents de la RochelleChapitre 48 sur 100 · Ceci u'esl p.-n exact · texte numérisé non relu

Ceci u'esl p.-n exact

illusionné à la réalité. Il ne veut être ni vaincu ni traître, ipalgré Tolentino, malgré sa proclamation à son arnaée, après le décret de Napoléon au sujet de nos nationaux à Naples. Il voudrait qu'on lui versât quelque goutte échappée aux coupes de flatterie de son ancienne Cour, qu'on lui rendît l'espérance, qu'on l'assurât de sa popularité.

Il n'a qu'à se montrer à quelques lieues de là, en France, on l'égorgera.

A Toulon commandait encore le maréchal Brune et, grâce à lui, l'ordre n'était pas encore troublé. C'était dans ce moment critique que Murât, mal guéri de sa couronne, rêvait de popularité.

« Mon peuple, se disait-il, n'a rien à me reprocher, j'ai diminué les impôts, réformé une justice et des pénalités barbares. En me perdant, il perd la Constitution la plus libérale qu'il aura jamais, je n'ai pas été renversé du trône par les Napolitains, mais par l'étranger. »

Bientôt il se vit entouré d'intrigants français et italiens, qui caressèrent son ambition et le pressèrent de retourner à Naples; ils lui garantissaient un succès égal à celui de l'île d'Elbe et s'offraient à l'accompagner. Mais, avec un orgueil insensé, il leur répondait que son succès, son triomphe dépasserait celui de Napoléon.

« Je n'ai pas besoin, moi, disait-il à un de ses officiers qui combattait ses illusions, d'un bataillon de vieux soldats pour rallier les populations à mon drapeau; mon nom seul suffit; je partirai seul, si mes amis refusent de me suivre. »

11 se croyait populaire !...

Etre populaire à Naples, oîi la popularité de quiconque s'achetait pour quelques baïoques et durait autant que ces dernières.

Compter sur la fidélité d'un peuple dont l'armée l'avait abandonné, c'était être aveugle.

N'était-ce pas être sourd aussi, car, où il était, il apprenait chaque jour les horreurs commises à Aix, à Nîmes. Les cris de ses anciens cotapagnons d'armes parvenaient jusqu'à lui. La haine, la vengeance, l'amour bestial du sang exaltaient les populations du Midi.

Il n'eût osé reparaître dans le Lot. Et ces excès ne lui servaient pas de leçons!... Napoléon n'avait-il rien fait pour laFrance? N'avaitil pas détruit l'anarchie, rétabli l'ordre, l'indusirie, le commerce? N'avait-il pas donné à la France un Code renfermant les principos de

Lc^ contre haiidicis coiibciuircnt à le pa.iser, lui cl Icj aiciis, daiii 1 ilc de Coi;>j

Liv. l!if) — l\\YAnn, frcros, cdilcurj.

la Révolution; encouragé les sciences et les arls? N'avait-il pas fait la France grande et glorieuse, et cependant son nom était exécré par une multitude ignorante et fanatique, ses images étaient brisées et brûlées, ses amis en fuite ou jetés en prison.

Qu'avait-il à espérer, lui, Murât, d'un peuple qui ne tenait ni à la gloire, ni aux libertés, ni aux progrès ?

Page 1