JACQUES IT
De 1685 À 1688.
Quand les révolutions doivent s’accomplir ; on voit naïtre pe se maintenir aux affaires les hommes qui, par leurs vertus : leurs crimes, leur force ou leur faiblesse , conduisent ces gr d lutions à leur terme; on voit en même temps mourir Où $ € 4 gner les hommes qui pourraient arrèler la marche des évêne-
ER pes
pee
Te ©
RE
ments. Charles Ier n’était que Je troisième fils de Jacques Le"; si ses frères aînés avaient vécu, il ne serait pas arrivé à la couronne. Son père dévot le destinait à l'Église; il se serait assis paisiblement sur le trône archiépiscopal de Cantorbérv, au lieu de monter à l'échafaud. Toute la série des ÉvÉRèmEttaeo été changée par l'influence personnelle des monarques qui auraient régné au Jieu de Charles Ie* et de ses deux fils; les Stuarts gouverneraient peut-être encore la Grande-Bretagne.
Jacques IT, homme dur et faible, entêté et fanatique, n’avait pas, lorsqu'il prit en main lesrênesdestrois royaumes, la moindre idée de la révolution accomplie dans les esprits; il était resté en arrière de ses contemporains de plus d’un siècle. Il voulut tenter en faveur de l’Église romaine ce que son père n'avait pas pu même exécuter pour l’épiscopat :ilse croyait le maître d’opérer un changement dans la religion de l’État aussi facilement qu'Henri VII; mais le peuple anglais n’était plus le peuple des
Tudors, et quand Jacques eût distribué à ses sujets tous les biens !
du clergé anglican , il n'aurait pas fait un seul catholique. Son plus grand tort fut de jurer, en:parvenant à la couronne, ce qu'il n'avait pas l'intention de tenir : la foi gardée n'a pas toujours sauvé les empires; la foi mentie lesa souvent perdus.
Jacques eut tout d'abord lecœur.enflé par la folle rébellion du duc de Monmouth, si facilement réprimée. Monmouth, battu à Segmore ,; découvert après le combat dans des'broussailles onduit à Londres, présenté à Jacques, ne-put sauver sa vi e l humbles soumissions que Jacquestexilé acomplaisamm à n. r tées, croyant excuser sa faiblesse en divulguant celle de are me! La certitude de la mort rendit à Monmouth Je cour SR montra brave et léger comme Charles Hson père ; il PEN sd les grâces de la courtisane sa mère: il joua avec'la ‘hache dont il fallut cinq coups pour abattre sa'bélle-tête. On a-voulu fai A Monmouth le Masque de fer : c'estitoujours du roman ME
Jacques, naturellement eruél , (trouva
; cruel uva un bour 2 ies avait commencé ses œuvres vers la en | dans le procès où Russel ét'Sidney perdirent/la vie. ‘Cet ee:
qui à la suite de l’invasiontde Monmouth, fit exécuter d l'ouest de l'Angleterre plus de deux cent ‘emquante RTE ne manquait pas d'un certain esprit de justice-sune vertu qu’on n’aperçoit pas dans un homme de bien se fait remarquer quand elle est placée au milieu des vices.
Emporté par soh zèle religieux, le monarque n’écoutait que les conseils de son confesseur, le jésuite Peters, qu’il avait entre-
risde faire cardinal. Missi ire di of P dinal. Missionnaire dans sa proprecour, Jacques !
avait converti son ministre Sunderland , qui n’était pas plus fidèle à son nouveau dieu qu'il ne l'était à-son roi. Le nonce du pape fit une entrée publique à Windsor, en habits pontilicaux : ces choses qui, dans l'esprit tolérant ou indifférent de ce siècle, seraient fort innocentes aujourd'hui, étaient alors criminelles aux yeux d’un peuple instruit à regarder lacommunion romaine comme ennemie des libertés publiques.
Le roi, ne pouvant parvenir directement à son but, voulut J’atteindre par une voie oblique ; il se fit le protecteur des quakers, et demanda la liberté de conscience pour tous ses sujets : Crom well avait aussi recherché cette liberté, mais pour se défendre et non pour allaquer, comme Jacques. Le roi intrigua sans succès afin d’oblenir une majorité sur ce point dans le parlement. Av: st échoué, il publia de sa propre autorité 3 : De : si L de sa propre aulorité une déclaration de liberté e conscience. Sept évêques refusèrent de la lire dans le La Lu ; La , ra t 54 5 églises : conduits à la Tour, puis acquittés par un jugement a, captivité et leur élargissement devinrent un triomoh | Le Jacques avait formé un camp qu’il it à ee amp qu'il exerçait à quelques milles de
Lo Q 4 , { ndres ; il ne trouva pas les soldats plus disposés à admettre la
Me de conscience que les évêques.
si à : ASE
ment la double raison de cett ä ï' RES on FOUR ne
TRE RS gi esorte d'iniquité des faits : d'un côlé
PA D A protestant; de l'autre, on sentait que la yale n Clail pas sincère, et qu'elle ne demandai
une liberté particulière que pour détruire ‘la liberté générale.
11 est difficile de s'expliquer la eonduite du roi. Sous le règne même de son frère, ilavait vu proposer un bill d'incapacité à la ession de la couronne, incapacité fondée sur la profession de toute religion qui ne serait pas la religion de l’État: .ces-dispositions hostiles pouvaient sans doute avoir irrilé secrètement Jacques le catholique; mais aussi comment ne comprit-il pas, que pour conserver la couronne chez un pareil peuple, ilne le fallait pas frapper à l'endroit sensible? Loin de là, au lieu de se modérer en parvenant au souverain pouvoir, Jacques abonda
perdre.
dans les mesures propres à le eee mps le foyer des intrigues des
La Hollande était depuis longte divers partisanglais : les émissaires de ces partis s’y rassemblaient sous la protection
de Marie , fille aînée de Jacques, femme du prince d'Orange , homme qui n'inspire aucune admiration, et qui pourtant à fait des choses admirables. Souvent averti par Louis XIV, Jacquesrne voulait rien croire : il lui fallut pourtant se rendre à l'évidence; une dépêche du marquis d’Abbeville,
ambassadeur dela Grande-Bretagne à La Haye, déroula à ses sion. Abbeville tenait ses renseignements
yeuxtoutle plan d'inva ] du grand pensionnaire Fagel; le come d Avaux avait su beaucoup plus tôt toute l'affaire. Uneflotte était équipée au Texel; elle devait agir contre l'Angleterre, où le prince d'Orange se disait
appelé par la noblesse et le clergé. ia Louis XIV, dont la politique avaitété désastreuse et misérable
jusqu’au dénoùment, retrouva sa grandeur à la catastrophe ; il et les aurait tenues; mais il commit
fit des offres magnanimes , 3 ma en même temps une faute irréparable : au lieu d'attaquer les Pays-Bas, ce qui eût arrêté le prince d'Orange , il porta la guerre ailleurs. La flotte-mit à la voile ; Guillaume débarqua avec treize
mille hommes à Broxholme, dans Torbay- | A son grand étonnement, il n’ytrouva personne : ilattendit dix jours-en vain. Que fit Jacques pendant ces dix jours? rien. Il avait une armée de vingt mille hommes, qui se fût battue d'abord, et il ne prit -aueune résolution. Sunderland , son minisire , le vendait; le prince Georges de Danemark, son gendre, et Anne, sa fille favorite, Pabandonnaient de même que Sa fille Marie et son autre gendre Guillaume. La solitude commençait à croître autour du monarque qui s'était isolé de l'opinion nationale : il demanda des conseils an eomte de Bedfort , père delord Russel, décapité sous le règne précédentà la poursuite de Jacques. « J'a- «vais un:fils, répondit le vieillard, quiaurait pu vous secourir.»
Jacques ne montra de fermeté-dans ee moment critique que pour-sa religion : elle avait dérobé à son profit le courage naturel du prince. Jacques rappela, ilest vrai, les mesures favorables aux catholiques, et toutefois , bravant l’animadversion publique, il fit baptiser son fils dans la communion romaine : le papefut déclaré parrain de ce jeune roi, qui ne devait point porter la couronne. La conscience élait la vertu de ce Jacques Il, mais il ne l'appliquait qu'à un seul objet : cette vive lumière devenait pour lui desténèbres lorsqu'elle frappait autre chose qu'un autel.
Le prince d'Orange avançait lentement vers Londres, où la seule présence de Jacques combattait l’usurpateur..Peu à peu la Le Lilli-Ballero, espece
défeclion se mit dans l’armée anglaise. À rmi les déserteurs. « Qu'on
d'hymnerévolutionnaire, futchanté pa $ dit Jacques, pour
« leur donne des passe-ports en mon non’; « aller trouver le prince d'Orange; Je leur épargnerai la. honte
« de me trahir. » :
plus fatale des résolutions , celle
Cependant le roi prenait la plu de-quitter Londres. Il fit partir d'abord la reine et son jeane fils, qu'accompagnait Lauzun, favori de la fortune , comme ses sup-
pliants en étaient le jouet. Jacques lui-même sembarqua sur Ja Tamise, y jeta le sceau de l'Etat ou plulôt sa couronne , que le flot ne lui rapporta jamais. :Arrèlé par hasard à Feversham , il revint à Londres, où le peuple le salua des plus vives acclamations : cette inconstance populaire pensa renverser l'œuvrede la patiente et coupableambition du prince d'Orange. Ce ducd’York, si brave dans sa jeunesse sous les drapeaux de Turenne .et,de
poss
Condé; si vaillant et si habile amiral sur les flottes de son frère Charles IT; ce duc d’York ne retrouvait plus comme roi son ancien courage : il nes’agissait cependant pour lui que de rester et de regarder en face son gendre et sa fille. Guillaume lui fit ordonner de se retirer au château de Ham : le monarque , au lieu
de s’indigner contre cet ordre, sollicita humblement la permission de se rendre
à Rochester. Le prince d'Orange devina aisément
queson beau-père, en se rapprochant de la mer, avait l'intention de s’échapper du royaume ; or c'était tout ce que désirait l’usurpateur : il s’empressa d'accorder :
la permission : Jacques gagna furtlivement le rivage, monta sur un vaisseau qui l’altendait et que personne ne voulait prendre.
L'austère catholique qui sacrifiait un royaume à sa foi était suivi de son filsnaturet, le duc de Berwick, qu'ilavaiteu . d’Arabelle Churchill, sœur du duc de Marlborough.
Marlborough devait sa fortune à Jacques; il déserta son bienfaiteur et son maitre infortuné pour se donner à un coupable heureux. Berwick et Marlborough l’un bâtard et l’autre traître, devaient devenir deux capitaines célèbres : Marlborough ébranla l'empire de Louis XIV; Berwick as- Sura l'Espagne au petit-fils de ce grand roi, et ne Put rendre l’An- Sleterre à son père,
Re Bruit eut là gloire de mourir d'un coup de ne ilipsbourg pour la France (12 juin 473%), et d'avoir mérité les éloges de M ontesquieu.
Jacques aborda les champs de l'éternel exil, le 2 janvier 1689 (nouveau Style), mois funeste. 1] débarqua à Ambleteuse, en Picardie. Il n’avait fallu que quatre ans au. dernier fils de Charles Ier pour perdre un royaume.
Une assemblée nationale convoquée à Westminster, sous le nom de convention, déclara, le 23 février 1689, que Jacques, se-
Entrevue de Louis XIV et de Jacques IT au château de Saint-Germain,
cond du nom, en quittant l’Angleterre, avait abdiqué ; que son” fils, le prince de Galles , était un enfant supposé (impudent men: songe); que Marie, fille de Jacques, princesse d'Orange , était de droit l’héritière d'un trône délaissé : l’usurpation s'établit sur” une fiction de légitimité.
Le prince d'Orange et sa femme Marie acceptèrent la succes="
sion royale non vacanle à des conditions qui devinrent la constitution écrite de la Graude-Bretagne : tel.
et le dénoûment de la révolution.
de 1640; ainsi furent posées, après
cordes , les limites qui séparent aujourd'hui en Angleterre le juste pouvoir de la eouronne, deslibertés légales du peuple.
Au reste, ni Jacques ni les Anglais n’eurent aucune dignité dans cel événement mémorable : ils Jajssérent {out faire à Guillaume avet une faible armée.
de treize mille hommes, où l'on comptait douze où quatorze cents soldats et officiers français? protcslants:ceux-ci,chassés de France par la révocation de l'édit de Nantes, allèrent détrôner
prince catholique; allié de Louis XIV, ainsi s’enchaînent les choses humalnes. Ce fut une garde hollandaise qui fit la police [= Londres'et qui releva les postes de Whitehall. Les his oriens de la Grande- Bretagne ap” pellent la révolu* tion de 1688 la glorieuse révolution; ils se devraient contenter
PA de l'appeler la révolution utile: les faits en laissent les profils; 4
mais en refusent la gloire à l'Angleterre. Le plus léger degré m. fermeté dans le roi Jacques aurait suffi pour arrêler le pou Guillaume ; presque personne dans le premier moment ne se
. . CS Faré A re = dl clara en sa faveur. Au surplus, cette révolution, qui aut ait pu LR retardée, n’en élait pas moins inévitable, parce qu'elle était opér
; 5 es AU dans l’esprit de la nation. Si Jacques parut frappé de vertige # moment décisif; si pendant son règne on ne le vit occupé qu à
des siècles de dis=
ses pe LÉ. pe ‘ J D hi SPC
en Angleterre un.
fut le dernier acte
mov“
Los
créer une place de sûreté en Angleterre, ou un moyende fuite en
France; s’il se laissa trahir de loules parts 5. ilne profita ni des
avis ni des ofres de Louis XIV, c’est qu il avai la conscience
que ses destins étaient accomplis. La liberté méconnue sous
Jacques [°', ensanglantée avec Charles Jex, déshonorée sous
Charles IE, attaquée sous Jacques IT, avait pourtant été conservée
dans les formes
constitutionnelles,
et ces formes la
transmirent à la |
mation qui conti- ll
nua de féconder {fl se lt
ART iN
de sol natal après | l'expulsion des ml Al Sluarts. A NT et Ces princes ne | purent jamais pardonner au peuple anglais les maux qu'il leur avait fait endurer; le peuple anglais ne put jamais oublier que ces princes
avaient essayé de lui ravir ses
droits : il y avait de part et d'autre trop de justes ressentiments et {trop d'offenses. Toute confiance réciproque étant détruite, on se regarda cn silence pendant quelques années.
Les généralions qui avaient souffertensemble, également fatiguées, consentirent à a- D AU chever leurs jours KR
RQ URSS ensemble ; maisles lb) SU générations nou- Jill À velles, qui ne sen- :
{aient pas cette las-
situde; qui, ne
nourrissant plus d'inimiliés, na-
vaient pas besoin d'entrer dans les compromis du malpeur; Ces generations revendiquèrent les fruits du sang et des larmes de leurs pères : il fallut dire adieu aux choses du passé. Il ne restait dans les deux partis, à la révolution de 1688, que quelques témoins de la catastrophe 1e 4649 : Jacques luimême, qui allait mourir dans l'exil, et le vieux régicide Ludlow , qui revint de l'exil pour jouir du plaisir de voir chasser un roi dont il avait condamné le père. Ludlow se trouva d’ailleurs iout aussi étranger dans Londres avec ses principes républicains, que Jacques avec ses maximes de pouvoir absolu. Mais nous nous trompons dans, ce récit : un autre personnage assisla encore à l’avénement de Guillaume. Le nommé Clark,
LE LE LAGNY, — Lnprimerie de ViaLar et Cie,
Exécution de Charles Ter,
du comté d'Erford, dvait eu un procès avec ses filles. Après la mort de son fils unique, il vint plaider à Londres; il Jui prit envie d'assister à une séance de Ja chambre haute. Un homme Jui demanda s'il avait jamaii rien vu de semblable. « Non pas, « répondit Clark, depuis que j'ai cessé de m’asseoir dans ce « fauteuil. » JL montrait Je trône : c'était Richard Cromwell. Les Sluarts auraient-ils pu régner après la restauration? Trèsfacilement, en faisant ce que fitGuil- Jaume en Angleterre, ce qu'a fait Louis XVII en.
France, en donnant une charte, en acceptant de la révolution ce qu’elle avait de bon, 4 mvincible, ce qui élail accompli dans les esprils et dans le siècle, ce qui était ferminé dans les mœurs, Ce qu'on ne pouvait essayer de détruire, sans remonter violemment les âges, sans jmprimer à la sociélé un mouvement rétrograde, sans bouleverser de nouveau la nation. Les révolulions qui arrivent chez les peuples dans le sens naturel, c'est-à-dire dans le sens de la marche progressive du temps, peuventêtre terribles, mais elles sont durables; celles que l'on tente en sens contraire , c’est-àdire en rebroussant le cours des choses, ne sont pas moins sanglantes ; mais, fléau d'un moment, elles ne fondent, elles ne créent rien; tout au plus elles peuvent exterminer.
Les Slnarls ont passé, les Bourbons resteront , parce qu’en nous rapportant leur gloire, ils ont adopté les libertés récentes, douloureusement enfantées par nos malheurs. Charles If débarqua à Douvres les mains vides; il n'avait dans ses bagages que des vengeances et le pouvoir absolu : Louis XVIIL s'est présenté à Calais, tenant d'une main l'ancienne loi, de l’autre fa loi nouvelle avec l'oubli des injures el le pouvoir constitutionnel : il était à Ja fois Charles IE et Guillaume FL; la lévitimité déshéritait l’usurpation. Le loyal Charles X, imitant son auguste frère, n’a
dcr ttes ess te ion.
voulu ni changer Je culte national, ni détruire ce qu'il avait juré de maïntenir. Alors le drame de larévolution s’est terminé ; la France entière s'est reposée avec joie, amouretreconnaissanee, sous la protection dé ses anciens monarques. Tout a été renversé par la lempêle autour du trône de saint Louis, et ce trône est demeuré debont : il s'élève au cœur de la France comme ces antiques et vénérables ouvrages de la patrie, comme ces vieux monuments des siècles qui dominent les édifices modernes, et au pied desquels vient se jouer la jeune postérité.
Retournons au roi Jacques : que devint-il? « Le lendemain, « jour que le voi d’Anglelerre arrivait, le roi l'allu attendre à « Saint-Germain dans l'appartement de la reine. Sa Majesté y « fut une demi-heure ou trois quarts d'heure avant qu'il ar-
frappé que des dévotions de ce prince avec les jésuites, cest prendre la moquerie pour l'histoire. Dee!
Jacques eut la consolation et la douleur de voir quelquefois dans sa retraite les sujets fidèles à sa mauvaise fortune. «æliss « formèrent-en une compagnie de soldats au service de Fra @ dit Dalrymple; ils furent passés en revue par le roi (Jaequ
« lut militaire. Ils étaient loujours les premiers danstune be
« des choses les plus nécessaires à la vie ; cependanton ne Rs ens”
« à Saint-Germain en Laye. Le roi salua le corpspar une nel « nation et le chapeau bas : il revint, s’inclina de nouveau*et
« contre terre; puis se relevant tous à la fois, ils lui firent lesas«
« taille et les derniers dans la retraite. Ils manquèrent souvent un
« rivàt : comme il était dans la garenne, on le vint dire à Sa Majes'é, et puis on vint averlir quand ilarriva dansle château. & Pour lors Sa Majesté quitta Ja reine d'Angleterre , et alla à la
« tendit jamais se plaindre, si ce n'est des souffrances de celui « qu’ils regardaient comme leur souverain. »
méme “défiant à … + ÉiReéhdNbous LL LS À
« porte de la salle des gardes au-devant de lui. Les deux rois « s’embrassèrent fort tendrement , avec cette différence que celui « d'Angleterre, y conservant l'humilité d'une personne mul- « heureuse, se baissa presque aux genoux du roi. Après cette « première =mbrassade, au milieu de la salle des gardes, ils se « reprirent encore d’amilié; et puis, en se tenant la main serrée, « le roi le conduisit à la reine , qui était dans sonlit. Leroi « d'Angleterre n'embrassa point sa femme, apparemment « par respect. : À &
« Quand la conversalion eut duré un quart d'heure , le roi mena le roi d'Angleterre à l'appartement du prince de Galles. La figure du roi d'Angleterre n'avait pas imposé aux
« « « courtisans : sés discours firent encore moins d'effet.que sa «
figure. Hconla au roi dans a.chambre du prince de Galles, où il y avait quelques courfisans, le plus gros des choses qui lui « élaient arrivées, et il es conta si mal, que les courtisansme « voulurent point se souvenir qu'il était Anglais, que par consé- «@ quent il parlait fort mal français, outre qu’il bégayait un pen, «qu'il était fatigué, etqu'il n’est pas extraordinaire qu'un mal- «& quence beaucoup plus parfaite que la sienne. »
Louis XIV donna une flotte au roi Jacques,
« heur aussi considérable que celui où il était diminuätune élo- |
lique pouvait tolérer la prééminence de Ja religion protestante
dans ses États : toutefois Bossuet laisse apercevoir .em-avançant ce principe, une arrière=pensée peu digne de sam génie-ctde
sa vertu.
Dre d ë 1 + ss.
Jacqnes vit du cap de la Hogue la destruction de la seconde flotte qui le devait porter une seconde fois dans les trois royau-.
Let Jacques IE furent tour à tour capitaines de cette compagnie. des
. marchant au combat. La loyauté, légitimité et la religion ca-
et lenvoya en Irlande. 1} perdit la bataillerde la Boyne (juin 1690), et revint. à Saint-Germain. Un partiassezmombreux voulait le rappeler au |. trône ; il négociait, el brouillait tout par ses prétentions. Bossuet | «
se montrait moins exigeantique lui ; il soutenait qu'an voi catho= | « rendremeilleur:
la compagnie écossaise au service de France fùt commandée un des fils des rois d'Écosse; on trouve en effet que Charl
jacobites., qui prirent plusieurs fois les armes ou pour Jacques ou pour le prétendant, son fils, marquèrent d'un caractère touchant une vieille société expirante. Guillaume avait chassé Jacques de l'Angleterre au refrain d'une chansonrévolulionnaires
os
française, est un hymne religieux entonné par les jacobitesten
tholiquetde la vieille Angleterre;ront légué une me ei + pa berté à lusurpation et à la communion protestante de l'Ang'eterrenonvelle. DR , 4
Afin de punir les montagnards écossais qui se soulevèrent dans
‘lasuite pour le fils de leur ancien maitre, le gouvernement an-
glaisme vit pas. de moyen plus sûr que de les obliger à quittenle
| vêlement et les usages de leurs pères : leur petit jpon. ethleu - muselte, En les dépouillant de leur ancien habit, on espérasleuf
enlever leur antique vertn. Li RE.
Jacques passa le reste de son exil à écrire les Mémoires derst
[vie : la piété lui tenait lieu de puissance; retiré dans ae science, empire dont ilne pouvait être chassé, ses Paré sa y 4 4 2 id: a L " e La e , ; x
faisaient vivre dans le passé; sareligion, dans l'avenir. ax
incette courte prière : « Je vous remercie, La o : roir ÔLé { x: royaumes, si c'était pourme
| A mourüt en paix à Saint-Germain le 16 septembre 4701
Lerprince deGalles son fils, qui porta quelque temps le nom
| de Jacques TE, «et quiquitla ce monde le 2 janvier 1766 (tou
jours ce mois de janvier), eut deux fils : Charles-Édouard; le
prétendant, et Hens=Benoît, cardinal d'York. Le prinec Evouar
ravait duhéros, mais il n'était plus dans ce siècie des Richard ;
on croit que le fameux God savetheking , dont l'air est d'origine
Il y a ün fait assez peu connu : Marie Stuart avait désiré que
à É , 2 : F 0 A R : \ . , . fai k s mes. « Ma mauvaise étoile, écrivait-il à Louis XEV, a fait sentir | Cœur de Lion, où un seul chevalier conquérait un royaumes Le | € son influence sur les armes de Votre Majesté, toujours victo- | prétendant aborda en Écosse au mois d'août 1742 : un lambeatt
« rieuses jusqu'à ce qu’elles aient combaitæ pour moi; je vous « supplie done de ne plus prendre intérêt à un prince aussi « malheureux. »
Louis XIV sentit la valeur de ces paroles, etson intérêt redoubla pour son auguste client : il arma encore en 4695 au soutien du parti jacobite. Jacques se refusa à tout complot d'assassinat sur Guillaume ; ilne voulut point non plus monterau trône de Pologne que son hôte royal se chargeait de lui faire obtenir. À l’époque dutraité de Ryswick, Louis XIV, qui allait être forcé de reconnaitre Guillaume pour roi d'Angleterre, proposa à Guillaume de Féconnaitre à son tour le jeune fils de Jacques pour héritier de lui Guillaume, Le prince d'Orange, qui n’avait point d'enfants, y CORSA Jacques sy refusa. « Je me résigne à l'usurpation du pres d'Orange, dit-il, maismon fils ne peut tenir la couronne « que de moi; l'usurpation ne saurait ini donner un titre légi- Qlune. » [ya dans toutcela de la grandeur, et une sorte de
de tuffetas apporté de France ui servit de drapeawr; ü rassemb | sous ce drapeau dix millemontagnards , s’empara d'Édimbouté : passasur le ventre de quatre mille Anglais à Preston, et sr
jusqu'à quatorze lieues de Londres. S'il eût pris imvésolution 3 marcher, on ne peut dire ce qui serait arrivé. de
Obligé de faire un mouvement rétrograde devant le due
Cuniberland , le prétendant gagna néanmoins la bataille-de Falkirk , mais il essu ya une défaite complète à Culioden. Esrantdaff
eut point de restauration pour Édouard , etil ne laissa à ses am | que des échafauds,.
dés
ais . : : RDS et enchainé, il se retira d’abord à Bouillon, ensuite à rome *
11; d ï . TP . . , . , Tee me, 170! ait politique negalive magnanime, Jacques détrôné et n'étant plus | Louis XIV ne régnait plus. Le pape Grégoire le De | qu'un simple chrétien eessait d’être un-homme vulgaire. N'être | comme missionnaires dans l'ile des Bretons de jeunes. escla
les bois, couvert de häillons, exténué de fatigue, mourant it à faim, le souverain de droit de {rois royaumes vit se renouve”. en lui les aventures de son oncle, Charles second : mais ibn
Revenu en France, il en fut chassé par le traité d'Aix-la-Chts pelle (1748). Arrêté au spectacle, conduit à Vincennes presq®”
TR
POÉSIES
bretons baptisés; douze siècles après, la Grand voyait à son lour aux SOUVerains pontifes des rois brelons confesseurs de la foi.
L’illustre banni s’attacha à une princesse dont Alfieri a continué la généreuse renommée. Édouard éprouva ce qu’éprouvent les grands dans l'adversité : on l’abandonna. Il avait pour lui son bon droit; mais le malheur prescrit contre la légitimité. Les petits-fils de Louis XV devaient errer en Europe comme le prétendant ; ils devaient lire cet ordre sur des poteaux en Allemagne : « Il est défendu à tous mendiants, vagabonds el émigrés de s’ar- « rêter ici plus de vingt-quatre heures. »
Édouard ne pardonna jamais au gouvernement français sa làcheté. Vers la fin de sa vie il s’abandonna à la passion du vin, passion ignoble, mais avec laquelle du moinsilrendaitaux hommes oubli pour oubli. Il mourut à Florence le 31 janvier 1788 (toujours ce mois de janvier), un peu plus d’un an avant le commencement de la révolution française. Nous avons va nousmême mourir son frère, le cardinal d’York, le dernier des
e-Bretagne ren- | Stuarts, dans la capitale du monde chrétien. Les deuxfrères ont
un mausolée commun : Rome leur devait bien une place dans la poussière de ses grandeursévanouies.
Quand la maison de Marie d'Écosse a failli, le cercueil de l’exilé de 1688 a été retrouvé en France presque au moment où l’on retrouvait en Angleterre le cercueil de la victime de 1649 : Si l'on eût dit à Louis XIV : « En moins d’un siècle, votre dé- « pouille mortelle aura disparu ; celle du prince, votre royal « hôte, sera tout ce qui restera de vous dans le palais où vous « l'avez reçu ,.… » qu’aurait pensé Louis le Grand?
Par la volonté de Dieu, les cendres d’un monarque étranger réclament vainement aujourd’hui au milieu de nous les cendres des rois de Ja patrie. La vieille abbaye de Dagobert a mal gardé ses trésors; Jacques Il, en se réveillant à Saint-Germain, n’a aperçu à Saint-Denis que Louis XVI. La tombe du fils de Charles Ler s'élève au-dessus de nos ruines : triste témoin de deux révolutions, preuve extraordinaire de la contagieuse fatalité atta-
chée à la race des Stuarts.
POESIES
TD