ÉLÉGIE IMITÉE DE GRAY
Frs ” 79 #9 ”Lomires, 1796.
Dans les aits drétniéits j'entends le bnp murmure De la cloche du soir qui tinte avec Jénteure
Les troupeaux en bêlanterrent sur la verdure;
Le berger se retire, ctlivre la nature |
À ja nuit solitaire, à mon penser rêveur.
Dans lorient d’azur l’astre des nuils s’avance,
Et tout l'air se remplit d'un calme solennel. :
Du vieux temple, verdi sous ce lierre immortel; L'oiseau de la nuit seul trouble le grand filance,
On n'entend que.le bruit de J'insecte incertain,
Et quelquefois encore, au travers de ces hêlres, Les sons interrompus des sonnetles champêtres
Du loupEau: qui s'endort sur le eoteau lointain.
fig tés as aus SoUEE .2T Dans ce Pre l'herbe. mélancolique Flotter sur les sillons em buous $ Les rustiques aïeux de os humbles hameaux,
Au bruit du vent des nuils, dorment sous l'if antique. De la jeune Progné le ramage ‘confus,
Du zéphyr, au mälin, la voix fraiche el céleste, | Les chants perçants du coq ne réveilleront plus Ces bergers endormis sous celte couche agreste. Près de l'âtre brûlant nne épouse modeste N'apprète plus pour eux le champêtre repas; Jamais à leur retour ils ne verront, hélas!
D'enfants au doux parler une tronpe légère, . : Entourant leurs genoux et relardant leurs | Pipe" Se disputer le amour ct les baisers d’un père
Souvent, à laboureurs! Gérès métibpOuns vous. Les flottantes moissons dans les champs qu’elle dore; Souvent avec fracas tombèrent sous vos coups . Les pins retentissants dans:la forêt sonore.
En vain l'ambition, qu’enivre ses désirs, Méprise et vos {ravaux el vos simples loisirs : Eh! que sont les honneurs? l'enfant de la vicloire, à Le paisible mortel qui conduit un iroupeau, Meurent également; et les pas de la gloire, g Comme ceux du plaisir, ne mènent qu'au tombeau Qu'importe que pour,nous de vains panégyriques : D'une voix infidèle aient enflé les accents?
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{1} Celle imitation a été bnprinte s Hat dans le dtadiite Pick Notes Piéiacs.
40 POÉSIES
k ee 2 Les bustes animés, les pompeux monuments
| Des forêts il chercha Ja retraite profonde,
Font-ils parler des morts les muettes reliques? | Et la mélancolie habita dans son cœur.
| De l'amitié divine il adora les charmes :
Jetés loin des hasards qui forment la vertu, | Aux malheureux donna tout ce qu'il eut, des larmes, Glacés par l’indigence aux jours qu'ils ont vécu , 4 Passant, ne porle point un indiscret flambeau Peut-être ici la mort enchaine en son empire Dans l'abime où la mort le dérobe à ta vuc :
De rustiques Newtons de la terre ignorés , Laisse-le Etes te la rive inconnue,
D'illustres inconnus dont les talents sacrés De l'autre côté du tombeau,
Eussent charmé les dieux sur le luth qui respire : Ainsi brille la perle au fond des vastes mers ;
Ainsi meurent aux champs des roses passagères Qu'on ne voit point rougir, et qui, loin des bergères, D'inutiles parfums embaument les déserts.
Là, dorment dans l'oubli des poëles sans gloire, Des orateurs sans voix , des héros sans victoire : Que dis-je! des Titus faits pour être adorés.
Mais si le sort voila tant de vertus sublimes
Sous ces arbres en deuil, combien aussi de crimes Le silence et la mort n’ont-ils point dévorés!
Loin d’un monde trompeur, ces bergers sans-envie, Emportant avec eux leurs tranquilles vertus,
Sur le fleuve du temps passagers inconnus, Traversèrent sans bruit les déserts de la vie,
Une pierre, aux passants demandant un soupir, Du naufrage des ans a sauvé leur mémoire ; Une muse ignorante y grava leur histoire,
Etle texte sacré qui nous aide à mourir.
En fuyant pour toujours les champs de la lumière Qui ne tourne la tête au bout de la carrière? L'homme qui va passer cherche un secours nouveau : Que la main d’un ami, que ses soins chers et tendres Entr'ouvrent doucement la pierre du tombeau!
Le feu de l'amitié vit encor dans nos cendres.