‹ Les quatre vents de l'espritChapitre 80 sur 97 · LV · texte numérisé non relu

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Le soinincl osl ilrsert, noir, liigiihre, iiicli'incnl,

Bonli' (le toutes parts d'un sombre escai'penient;

L'Iiorizon à l'entour n'est (|u'une solitude;

L'hiver est éternel sur ce faîte âpre et rude,

Et j'y trouve, ô Seigneur, des traces de pieds nus

Qui prouvent qu'avant moi d'autres y sont venus.

On y voit des carcans et des fers, comme au bagne.

J'étais en bas, les yeux fixés sur la montagne.

Deux êtres ont passé pendant que j'étais là;

Et leurs regards brillaient, si bien qu'il me sembla

Que ces deux inconnus, rayonnant sous leurs voiles,

Pour en faire leurs yeux avaient pris des étoiles.

L'un avait l'air candide et l'autre l'air allier.

Ils marchaient tous les deux dans le même sentier;

Et l'un murmurait : Crois, et l'autre disait : Pense.

Et sur le front de l'un on lisait : Conscience,

Et sur le front de l'autre on lisait : Vérité.

Moi, je les regardais, ému de leur beauté.

Alors ces deux passants sévères m'ont fait signe

De me lever; c'était l'aigle à côté du cygne;

Et je les ai suivis, et ce sont eux qui m'ont

Conduit et laissé seul sur le haut de ce mont.

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Oui, la terre fatale, oui, le ciel nécessaire,

Tout laisse en moi sa trace, et rien pour ma misère

N'est hautain ni moqueur; Et quoique je ne sois qu'un vivant fait de cendre, Quand le rayon me voit, il consent à descendre,

Et se mêle à mon cœur.

J'ai la confiance âpre et triste des apôtres.

Et c'est pourquoi je suis cet homme dont les autres

Parlent confusément.

Plein d'erreurs comme Adam, plein de fautes comme Eve, Que l'enfer tire en bas, mais qu'un éternel rêve

Enchaîne au firmament.

L'impure forme humaine, ébauchée, incomplète, La chair, n'empêche pas que le ciel se reflète

Dans l'abîme où je suis; Près de ce vil crapaud qui bave et qui se traîne, La constellation vient resplendir sereine

Dans le fond de mon puits.

OUI, LA ïKiiiii: r \ r \i.i: '.'.i

l'ar iiislaiils 1 jiHitiin iiiDiistrc, en I Oiiihrc ijiii le vdilc, Passe et lail en |)assaiil tressaillir une «''toile

Dans mon ol()a<|iie noir; Puis elle repai-ail. Dieu ([lu- noire espoii- minime, Sois l)éni de ehan<>er l'eau bourbeuse de lliomme

En eélesle miroir!

Oui, les vents m'ont parlé, toutes tes solitudes M'ont jeté leurs rumeurs et leurs inquiétudes,

Azur, nuit, vision!

A tes souflles de l)runie ou de elarté je vibre. Ciel, comme si j'étais traversé par la libre

De la création!

Comme si tous les fils invisibles de l'être

Se croisaient dans mon sein que l'univers pénètre!

Comme si, par moment, En moi, du front aux pieds, me mêlant au problème, Le sombre axe infini qui passe par Dieu même

Tremblait confusément!

De sorte que je suis l'aimant de la nature, Que la création m'emplit, moi créature,

Que Dieu coule en mon sang!

De sorte, ô ciel profond, que le zénith farouche Se verse dans mon crâne, et que le nadir touche

Mon talon frémissant!

poi?siR. — XV. 36

Mon àme dans sa nuit redit ta gamine immense; Je frissonne à tes bruits d'oi^age ou de clémence,

Vivant psaltérion ; Sur ma lyre qu'émeut l'esprit des Zoroastres, Les sept notes jadis tombèrent des sept astres

Du bleu septentrion.

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