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LA DEUXIÈME REDDITION DE COMPTES

J’expliquai à M. Marcoux les raisons pour lesquelles nous demandions cette nouvelle reddition de comptes, l’assurant en même temps de notre bonne volonté, et de l’espérance que nous entretenions toujours de tout régler à l'amiable. Il parut admettre que, en effet, il

fallait se placer sur une Üase nouvelle, pour me

servir de l'expression même qu’il emploie dans:

sé dE es une deses lettres. À vec les pièces qu’il avait entre les mains, disait-il, ce travail n’était l’affaire que de quelques jours; il nous le promit pour le 22 du mois d'août. (Voir document N° XX.)

Cependant, dix jours plus tard, le 31 du mois d'août, trompé dans son calcul, il m’écrivait que le Séminaire de Québec le retardait, vu qu'il n’avait pas encore reçu de réponse à ses demandes d’éclaircissement sur certains points qu’il avait référés aux directeurs de cette institution. (Voir document N° XXI.)

Les nouveaux comptes m’arrivèrent le 4 septembre au soir, cette fois sur trois feuilles volantes seulement. Les deux premières renfermaient les ‘“ Comptes de la Succursale de l’Université Laval à Montréal, recettes et dépenses ” pour les années 1884 à 1889. (Voir document N° XXII.) La troisième feuille était un appendice, présentant les ‘“ Dépenses faites

par le Séminaire de Québec pour la Succursale

depuis sa fondation jusqu'au mois d’octobre 1884.” (Voir document N° XXII.)

Ces comptes étaient accompagnés d’une lettre

…— 68 — de M. Marcoux, par laquelle il se mettait “à notre disposition pour donner les explications nécessaires.” Il sentait sans doute, en homme intelligent qu’il est, que les exf/cations nécessaires n'étaient pas renfermées dans ces trois petites pages. J'aurais préféré les trouver dans le détail des chiffres eux-mêmes. (Cependant, faute de mieux, j'étais heureux de cette offre bienveillante ; l'épreuve, quelques jours après, prouva qu’elle ne renfermait pas les promesses que nous nous croyions en droit d’en attendre. (Voir document N° XXIV.) De suite, comme j'en renouvelai l’assurance à M. Marcoux (voir document N° XXV), je me mis en frais d'examiner cette nouvelle reddition de comptes, et, afin de pouvoir donner, sous le plus bref délai, une réponse autorisée, je convoquai immédiatement le Conseil d’affaires. Les Messieurs, qui en font partie, demeurent en des endroits différents dans l’enceinte d'une grande ville, et ils sont chargés d’occupations très importantes qui ne leur lais-

sent pas leur liberté tous les jours à la même

he api le vel

aff:

lisa

— 69 — ca

heure. Dans tous les cas, quatre jours seulement après l’avis de convocation, le 9 de septembre, : le Conseil se réunissait dans les salles de l'Université. Peut-on apporter au règlement d’une

affaire sérieuse une plus grande diligence ?

La première chose qui me frappa, en jetant les yeux sur cette nouvelle reddition de comptes, ce fut de voir que le Séminaire de Québec remboursait à la Succursale au moins 82,635.00 sur ce qu’il lui demandait de payer, trois semaines auparavant, pour intérêts et taxes sur les terrains. En effet, dans ces derniers comptes du 4 septembre. on lit en faveur de la Succursale :

Payé pour le Séminaire de Québec :

Intérêt Cherrier 1888 - - - - $ 2,000.00 Taxes 1888-89 - - - - - - ‘“ (635.04

Dans les premiers comptes du 14 août, on

lisait contre la succursale : ‘4

1888-89, Intérêts Cherrier - - - $ 1,000.00 Taxes sur terrains - - ‘“ 635.04

Dans ces deux redditions de comptes, comme on le voit, les items /axes sont les mêmes; les items zxéérêts Cherrier ne s'accordent pas entre eux.

Cette somme de 2000 piastres, marquée dans la seconde reddition de comptes z#férêts Cherrier 1888, est-elle pour rembourser les intérêts de 1887-88 et de 1888-89 ?

Je vois, dans ces nouveaux comptes, au même endroit, sous le titre vague de vers, un autre remboursement du Séminaire de Québec de $912.05. Serait-ce pour restituer des taxes et des intérêts mis à la charge de la Succursale pour les années précédentes? Tout ceci n’est pas clair.

Mais ce qui est très clair, c’est le fait que le Séminaire rembourse. Au moins, c'est logique : il garde les terrains, il en paic les charges.

Autre curiosité. Comment expliquer de la part du Séminaire de Québec, qui à la réputation louable d’être assez tenace, ce changement de

front dans l’espace de trois semaines? Dois-je

ER "oi rappeler cet apophtegme latin #4 varies, donc lu erres.

Non, le Séminaire de Québec est un personnage trop sérieux pour tomber à la légère dans une pareille inconséquence, et pour ne pas couvrir cette conversion sur la droite d’un motif important quelconque. Lequel est-il! Peu accoutumé à la diplomatie et aux diplomates, je ne puis le dire d’une manière certaine. Seraitce, par exemple, de faire admettre sans contestation, en en payant toutes les charges, le droit

qu’il prétend avoir aux terrains avec leurs pro-

fits passés, présents et futurs ? très bien. Mais

alors, comme j’ai eu l'honneur de l’expliquer au chanitre deuxième, nombre XI, que le Séminaire de Québec, puisqu'il s’attribue les profits qui lui arrivent à l’occasion de la Succursale, consente à accepter également au moins les dépenses indirectes que lui occasionne la même Succursale !

Cependant je dois dire que M. Marcoux m'’assura alors, pour la première fois, que le Sémi-

naire de Québec était prêt à nous céder les

ans A us terrains qu’il avait achetés pour ia Succursale sur la rue Sherbrooke. Je pourrais passer cet incident sous silence, puisqu’il n’en est aucunement question dans les comptes; mais je ne veux omettre rien de ce qui peut jeter quelque lumière sur le sujet, Toutefois je dois ajouter en même temps que cette offre était faite avec des restrictions et des conditions telles qu’elle était inacceptable. Certes, si je l’eusse acceptée, le Séminaire aurait pu se flattcr d’avoir fait un bon marché.

Ayant posé, en présence de quatre témoiis, cette question à M. Marcoux, carrément : “Doisje compreriure que le Séminaire de Québec garde les terraius qu'il a achetés à Montréal pour la Succursale, avec les Finéfices y réalisés ?—Je suis chargé, dit-il, de vous offrir, si vous les désirez, les terrains de la rue Sherbrooke, à condition que vous remboursiez le prix d'achat, ainsi que les dépenses qu’ils ont occasionnées au Séminaire de Québec depuis

qu'ils sont entre ses mains.—-Offrez-vous l'en-

semble des transactions faites sur les terrains

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