‹ Les quatres mémoires sur la question universitaire [microforme]Chapitre 20 sur 104 · LL · texte numérisé non relu

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achetés pour la Succursale, profits et pertes, comme vous offrez l’ensemble des transactions faites pour la Succursale sur les autres matières ?—Non. Je vous offre seulement les terrains achetés les derniers, avec leurs chances de profit qui ne sont pas douteuses.—Voulez-vous me coucher cette offre sur le papier ?—Je ne suis pas autorisé à le faire.” J’insistai pour avoir un écrit; M. Marcoux refusa.

Pourquoi s’obstiner à ne faire cette offre que de vive voix ? verba volant. Le Séminaire comprend fort bien qu’il ne peut nous forcer à accepter les derniers terrains, sil choisit de garder les profits qu’il a faits sur les premiers. Voilà pourquoi il n’est pas question, même de ces derniers terrains, dans l’avoir de la Succursale; voilà pourquoi il s’est décidé à en payer les charges, pour être conséquent avec lui-même et garder le tout. Mais si nous voulions, nous, demander ces derniers terrains ; si, alléchés par l’'appât d’un profit, non dcuteux comme dit M.

Marcoux, nous consentions à nous en contenter

et à partager ex jrères avec le Séminaire de

TE Québec; oh! alors, la chose serait bien différente, le Séminaire y donnerait des deux mains, se trouvant exempt par notre propre choix de faire entrer en ligne de compte les 24,026 piastres de profit réalisés sur ia vente des premiers terrains.

Franchement, ne serait-ce pas là que le Séminaire de Québec voulait nous amener, dans sa première reddition de comptes, lorsqu'il nous faisait payer les taxes sur les terrains, et qu’il en gardait la propriété? Voulait il ex quelque sorte nous forcer à dire: Nous payons pour ces terrains, nous les gardons. “Ce n’est là qu’une supposition, ” répondra-t-on. C’est vrai. Mais quand on nous présente tant de choses obscures, et qu'on nous refuse toute explication, doit-on s'étonner que nous uyons recours aux conjectures ? Qui pourrait s'en plaindre ?

Je répondis à M. Marcoux “ que je n'avais pas de choix à faire, surtout sur une proposition verbale ; qu’il appartenait d’abord au Séminaire de Québec d'émettre ses vues d’une manière

positive et régulière ; qu’ensuite j'aurais à voir

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si elles nous étaient acceptables ; que, dans tous les cas, je demandais que le wême principe fût appliqué, et au Séminaire de Québec et à la Succursale, dans l'évaluation des pertes et des

profits.”

Voyons, raisonnons un peu; il s'agit tout simplement d’une comparaison à pari.

l'ourquoi ces terrains successifs, dont la propriété et la possession sont nées en quelque sorte les uns des autres, ont-ils été achetés ? Jamais le Séminaire de Québec a-t-il songé à spéculer sur les terrains à Montréal? Sans la raison des intérêts universitaires, cette maison religieuse y serait-elle venue, comme un vulgaire spéculateur, acheter, diviser et vendre des lots à bâtir ? M. Côme Séraphin Cherrier, quand il a consenti à se défaire à très bon marché du premier terrain en question, pensait-il seule-

ment à être agréable et utile au Séminaire de

Québec, ou voulait-il en même temps favoriser

PL 7 l'établissement de la Succursale de l'Université Laval à Montréal ?

Soyons de bon compte, du reste c’est un fait public que tout le monde connaît : ces terrains, dès le commencement, les uns après les autres, ont été achetés pour la Succursale, pour y bâtir les constyuctions projetées de la Succursale ; ils ont été achetés par le Séininaire de Québec, parce que la Succursale ne pouvait légalement posséder, et parce que le Séminaire de Québec avait accepté de Monseigneur l’Archevêque de Montréal, seule personne canoniquement responsable pour l'existence matérielle de la Succursale, d'en être l’administrateur financier.

Une petite remarque, en passant : supposons que ces terrains eussent été pour le Séminaire de Québec uue cause de pertes, et non de profits, croyez-vous qu’il ne les aurait pas portées au chapitre de nos dépenses ? pour avoir une réponse à cette question, il suffit de jeter un coup d’œii sur l’ensemble et la nature de

ses réclamations,

Ces terrains, avons-nous dit, ont été achetés

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pour les constructions de la Succursale, Or le Séminaire nous présente des comptes comme je vais l’expliquer à l'instant, extraordinaires et surprenants sous la rubrique de cons/ructions. Pourquoi cette logique à deux prismes? Les constructions lui occasionnent des profits, à lui administrateur, il les garde, EÆEiles lui occasionnent des dépenses, il nous les donne.

Disons d’abord que le mot “constructions” ne peut signifier ici que plans; car il wa rien été construit, à Montréal, pour la Succursale, autre

chose que des plans. Voici le détail :

Constructions 1886-87 . . . . . . . $ 226.50 Fe 4 1887-88 . . . . . . . ‘‘ 1.963.90 S ‘5 1888-89 . . . . . . . ‘* 2061.76

k ‘* 1888-89, dû à Perrault et Mesnard .. . . . . ‘* 85000.00 $7,252.15

Je fais entrer dans cet item, jusqu'à preuve du contraire, les 3,000 piastres dues à Perrault et Mesnard, architectes, bien qu’elles ne portent aucune indication quelconque, parce que M.

Perrault m'en «x réclamé le paiement, sous

l'affirmation qu’elles lui étaient dues pour

ms QE confection et revison de plans. Ainsi donc, ces plans somptueux, plutôt dignes d’un riche gouvernement que d’une pauvre Succursale, lesquels ne seront probablement jamais exécutés, coûtent plus de 7,200 piastres, c'est-à-dire plus de 36,000 francs.

Chose étonnante, quand on se lançait ainsi à cœur-joie dans de semblabes dépenses seulement pour des plans on m'avait pas un seul sou pour bâtir, puisque, pour tout avoir, la Succursale n’a jamais eu, au compte du Séminaire de Québec, que le capital de ses dettes. Certes on n’a pas snivi, en cette circonstance, le conseil de l’Ecriture: Quais enim ex vobis volens turrim ædiftcare, non prius computat sumplus, qui necessartt sunt, si habeat ad per ficiendum.

Quelques personnes, de bonne foi j'aime à le croire, se nourrissaient d’espérances frivoles, et trompaient le public par des assurances téméraires, faisant par là beaucoup de tort à l’avenir de l’Université à Montréal. Et maintenant,

pauvre pupille, paie les pots cassés, Est-ce qu’un

administrateur, dans la gestion des biens de son

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administré, n’est pas tenu au moins aux règles élémentaires de la prudence ? Dans tous les cas, si l’administré uoit payer les dépenses imprudentes qui ont été faites sur une matière à son occasion, ne doit-il pas bénéficier des profits qui auraiont pu être faits, sur la même matière, également à son occasion ? Or il s’agit ici de dépenses à l’occasion des constructions, et de profits à l’occasion des mêmes constructions.

Je récus la règle: deux poids et deux

Mesures.

Nous avions demandé à M. Marcoux une reddition de comptes plus détaillée, plus complète et plus claire. Eh bien! je ne crains pas de l’affirmer: celle qu’il nous apporta en réponse, n’est guère plus détaillée ; elle n’est pas plus complète ; et, en certains endroits, elle est certainement moins claire.

Ces nouveaux comptes, tout comme les pre-

miers, ne font aucune mention d’arrérages.

Seulement, au moment même où j'allais rencontrer les membres du Conseil d’affaires déjà réunis, M. Marcoux me remit une petite lettre, par laquelle il me disait que les arrérages s’élevaient à plus de 5000 piastres, et qu’il ne doutait pas que le Séminaire de Québec ne nous les abandonnât, si nous nous arrangions à l’amiable. (Voir document Ne XXVI.) Pourquoi cette condition ? pourquoi, même avec cette condition, n’était-il pas certain ? Par qui étaient dus ces arrérages? A quelle date tombait l’échéance des paiements? Pourquoi ne pas les faire rentrer dans les comptes, régulièrement ? Autant de mystères. Franchement, est-ce de cette manière qu’on a coutume de procéder en affaires sérieuses ?

Les contradictions, du moins apparentes, pullulent. Je défie le teneur de livres Le plus perspicace de faire accorder entre eux nombre d’items de la première et la seconde reddition de comptes. En voici deux exemples : 1° Item des

voyages, cochers et dépêches, réunis pour l’année

1888-89, première reddition de comptes: $4,-

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013.56 ; deuxième reddition de comptes: 92,- 946.46, ce qui fait la jolie différence de $1,- 067.10.—2° item des dépenses de maison pour l’année 1888-89, première reddition : $1,645.- 79; deuxième reddition: $1,857.29. Les dépenses, en trois semaines, par la simple manipulation des chiffres, se sont accrues de $211.- 50. Pour ne pas surcharger ces remarques, je

m’abstiens de faire des citations plus nombreuses.

Je me contente de renvoyer aux pièces justifi-

catives qui sont annexées à ce mémoire (voir documents N° XV, XVI, XXII et XXIII), certain qu’au premier coup d'œil on pourra se convaincre de la vérité de ce que j’avance.

Du reste, comment pourrait-il en être autrement, lorsque les deux redditions de comptes arrivent à une différence de résultat qui se chiffre par $6,619.03. La première nous demandait $26,292.13; la deuxième a baissé au niveau de $19,673.10.

“Mais, dira-t-on, cette différence est produite par la remise d'argent que le Séminaire de Québec a faite à la Succursale, en se décidant à

EE 0 payer lui-même les taxes et les intérêts sur les terrains.’—Peut-être ; mais cela n’appert nulle part, d’une manière satisfaisante. Voyez le document N° XIII. Si, d’un côté le Séminaire rembourse $3,547.09, d’un autre côté, il se fait rembourser par la Succursale pour loyers, diplômes et divers, la sommes de $2,829.86, réduisant par là même son propre remboursement à $717.23. Ainsi cette minime remis:

de quelques centaines de piastres par le Séminaire n’explique pas la grande différence de plusieurs milliers de piastres qui existe entre les totaux des deux redditions de comptes:

On s’obstine, dans cette deuxième reddition, comme dans la première, à renvoyer en dehors du tableau des dépenses, une somme de 3000 piastres, sans dire à quelle année elle appartient, sans expliquer la fin à laquelle elle a été employée. De plus, on nous apporte un petit tableau de remboursements réciproques entre le Séminaire et la Succursale, et cela

encore en dehors du balancement annuel des

sl recettes et des dépenses. (Voir document N° XXII.) Pourquoi, pour ces remboursements et ces 3000 piastres, faire une exception à la règle générale ?

Nous demandions des éclaircissements; on nous apporte de nouvelles énigmes. En face de ces irrégularités, anciennes et nouvelles, est-il étonnant que nous ne nous soyons pas déclarés

en tout point satisfaits ?

Je ne dois pas oublier, ici, de dire que le 25 du mois d’août j'étais descendu à Québec, pour parler à Mgr Paquet, à la fois Recteur de l’'Université et Supérieur du Séminaire de Québec; entre autres choses, des comptes du Séminaire contre la Succursale, Sur ce sujet, tout en exprimant certaines surprises à l’occasion de certaines ma-

nières de faire de la part de son délégué, il me

renvoya tout de même à M. Marcoux qui était chargé, disait-il, de régler cette question.

Je lui demandai si l’Indult, qui accordait, à

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