‹ Les Québecquoises, 1876Chapitre 17 sur 43 · A MON AMI ABTHUB GLOBENSKY · texte numérisé non relu

A MON AMI ABTHUB GLOBENSKY

Tont poète, ici-bas, soaf&e depuis Homère.

HftBT.

La grande Poésie avait touché sa tête, Et dans son âme avait déversé toas ses feux ; Comme Ossian chantant debout dans la tempête, Hardiment il chantait les exploits des aïeux.

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Tont s'immortalisait en passant par sa stance : Son vers audacieux lui servait de burin ; Et les sons de son luth^ tout bouillants d'éloquence. Faisaient frémir les cœurs comme un clairon d'airain.

Devant lui s'étalaient de roses perspectives. Pas un nuage noir n'estompait son beau ciel ; Des cris d'entliousiasme^ éclatant sur nos rives, Sans cesse applaudissaient le poète immortel.

Mais, un jour, le destin le prit dans sa tenaille, Lui déchira le cœur, et l'abreuva de fiel, Puis, le foulant au pied, comme on foule une paille, Alluma dans son âme un remords éternel.

L'orage l'emporta bien loin de sa patrie Qui se couvrit de deuil et tristement pleura. Loin du sol qu'il aimait avec idolâtrie.

Et que jamais peut-être il ne refoulera.

LES QUÉBECQITOISES

Et les viuus guerrière morts, qu'avaient chantés sa lyre, La, unit ilo ^on départ, quittèrent leurs tombeaux, £t, russciuljlés aa bord du grand fleave en délire, Fiieut (uitijudre aa loin de lugnbiea sanglots.

OIi ! quoi (IcuLl maintenant poar cette âme ai hant«, Quel cliagiiu pour ce cœur que nul n'a consolé ! ComiUË est tunjoars cuisant le regret de sa fante, Comme cat amer et dur le pain de l'exilé !

Ne |ilns jamais ouïr la voix de ceux qu'il aime,

Ne plus voie le beau ciel qu'il nous faisait chérir,

Ke iiiiuvdii- se nommer, rougir de son nom même,

Ne plus touclier sou Inth. . , .Bon Dieu I qu'il doit soof&ir !

Et puis, pour ajouter à ses douleurs amèrea, Tous aoB viuus souvenirs s'éveillent dans son c El ses lôvee dorés et ses roses chimères Etaleut ïiiiiiti ses yeux leur fantôme moqueur.

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Et, dons ses nuits, toi^joars quelque terrible songe

Tourmente son esprit déchiré par l'affront

Quand donc cessera-t-il de boire son éponge f

— Quand la mort, qu'il appelle, aura broyé sou front.

Alors luira pour lui la sainte délivrance :

L'Océan nous viendra rapporter son tombeau ,

Viendra réaliser sa suprême espérance

— Pour ceux qui survivront, que ce jour sera beau !

Alors, dans son cercueil, sous son froid mausolée, Ses os tressailleront de joie et de bonheur, Car il viendra d'entendre une fanfare ailée Annonçant dans les airs le grand jour du Seigneur !

Car l'ange du pays, à genoux sur sa tombe, Aura laissé tomber de son luth couronné Ces mots plus caressants qu'un soupir de colombe : " Poète, dors en paix I ton crime est pardonné !

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