‹ Les Québecquoises, 1876Chapitre 19 sur 43 · ET · texte numérisé non relu

ET

Plus d'na eiècle ayait fui depnie le jour néËiste Où l'immortel Cartier joyenx, enthooBiaate, Touclui nos bords fleurie, pour la première fois, Oa l'Eteudard Sacré, flottaDt sur ce tirage, Romplit d'émotioDS l'indigène saaTage Et ftt tressaillir nos grands bois. '

Depuis longtemps Québec âreaaait sa tête altière : Staiiiicoaa dormait dans l'onbli légendaire.

Déjfk lo sol avait du soc subi l'afiront, Et, sous le crucifix de nos misslonnaîres, Les farouches enfants des forêts centenaires Avaient enfin courbé le front.

Bien des fois, sons le ciel de la jenne Amérique, Le colon canadien, le soldat bomériqne.

Avait quitté ses chaipps, pour voler aux combats; Maïs toujours le triomphe avait suivi la lutte, Cbftqne fois il était revenu dans sa hntte, Avec des lauriers sous ses pas.

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En Tain leurs ennemis^ plas forts qu'eux par le nombre, Avaient cent fois tenté de faire entrer dans l'ombre Nos vaillants défenseurs et leur noble drapeau, Avaient cent fois tenté de forger une chaîne : Dans ces jours orageux toujours l'énorme chêne Tomba plutôt que le roseau.

Parfois, lorsque le sort inconstant et sévère Semblait vouloir trahir les preux que je révère, Une voix leur soufi^it : Courage ! je suis là I. . • . Et l'ange du pays dans l'étemelle aurore Inscrivait : Oswego ! deux noms plus grands encore . Carillon ! Monongahéla !

Mais l'heure approchait où, pour payer l'avanie, D'un monarque, la France allait être punie.

La mesure était comble et devait renverser ; Chaque victoire était pour nous infructueuse ; L'orage s'apprêtait : son aile impétueuse Allait bientôt nous terrasser.

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Enflii riicai-e sonna. Trompant la vigilance Des gunadiera français trop pleins de confiance, — Mnrcliaut à la Civenr de la plos sombre nuit, Wolfe, i\ l'aube, a rangé ses troupes en bataille, Bi'ûlanteâ du désir d'affronter la mitraille, IvTos de vengeance et de bruit.

Surpris par Ini, Montealm, à cette Itenre funeste, Sous ses drapeau rassemble à la bâte le reste De ses braves lutteurs épargnés par le sort.

Et puis, cnconrageant les c<enra, de sa parole, Sur son coursier pins prompt que l'ouragan, il vole Où s'éteaà l'«le de la mort.

La trompette a sonné. Comme un vaste incendie, En hurlant la mêlée, en un-clin- d'œil grandie, Etreint les régiments dans on cercle de feu ; Le canon aux abois crache des flots de sonfre, Et la plaine sond^ devient un large gonâte Caché soos an tourbillon bleu.

LES QUÉBEGQUOISES III

Déployant dans les airs E(es ailes enâammées^ Voilé par un brouillard, Tarchange des armées Semble latter poar nous ; mais tout-à-coup, hélas !

n a tourné les yeux vers la horde étrangère v

Au même instant Montcalm a fermé sa paupière Sous le doigt glacé du trépas.

C'en^est fait : par la force et le nombre pressée, Notre armée héroïque est enûn écrasée, Et Wolfe expirant voit vaincre sa légion.

De ce moment la France enlève à sa couronne Le plus riche joyau qui maintenant rayonne Au diadème d'Albion é

Près d^une année a fui. Sur cette même plaine Qui vit fuir les géants dont ma pensée est pleine^ Un combat olympique est encore engagé.

D'un côté, c'est Murray, l'illustre capitaine. Dé l'autre Lévis qui veut, dans sa noble haine, Que l'honneur français soit vengé.

Clioc siinglant ! Des BoldaU de Tune et l'antre année, On iliinic des démODS k travers la famée, l'inil l<<iirB élans sont grands, leare conp8 andacieax ; Vduliiiit vaincre à tout prix, ils vont le front lantasqae, Et leurs cris prolongés volent dans la boorrosqae, Et s'élèvent jnaqnes anx cienx.

Et, joignant aes rmuenra à lenr olamenr fiiroiiche, Lo bois TOisin se plaint sons le vent qui le couche, La tondre retentit ^nsi qu'on lourd marteau ; Et le ciel en coorronx, ouvrant ses catar actes. De ce drame, voulant cacher les derniers actes, Inonde l'immense plateau.

Maie t^ael bruit tout a coup a vibré dans l'espace, Fins fort que l'aboiement de l'oniagan qui passe, . Et plus doux qu'un soupir de feuille qui bruit 1 Est-ce la voix. . . . Bravo ! c'est un cri de victoire. . Four lu France adorée, anx &stes de l'histoire Un nouveau triomphe est inscrit 1

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Mais pour elle ce fut le dernier sur nos plages. Dès lors le destin mit ses points noirs sur nos pages, Et la Pompadour eut raison de nos héros j Et, malgré de Lévis la revanche éclatante, Il nous fallut enfin céder à la tourmente.

Nous courber devant nos bourreaux.

Nous reçûmes le joug. La dernière espérance De nos pères, hélas ! le drapeau de la France

Hepassa l'Océan, pour ne plus revenir

Oh ! qui pourra jamais dire l'angoisse extrême De ces pauvres vaincus n'osant alors pas même Lever les yeux vers l'avenir !

Comme Israël tombé pleurant toujours Solyme, Comme la verte Erin, cette noble victime, Le Canada souffrait les plus noirs attentats ;

Eli i.1é]>it des t|'mtés de nos viÙDqueuTs, les traîtres ! Il Bima fallait ramper devant ces nouveaux maîtres, Tiaîuer le boulets des forçats.

Quelquefois nos tyrans relfUiliaient uos entraves, " Et nous disaiout ; " Allons, vous n'êtes plus esclaves, '• Désorniais vous aurez comme nous liberté !" Uu doux rayon d'espoir perçait soudaiu nutce ûme, Nos eoiuiB ravis brûliûeut d'une magique flamme ; Nous reprenions notre fierté.

Comme on un soii- obscur, quand groude au ciel l'orage. Fout son fils attardé redoutant le naufrage, La mère du pêcheur, assise au bord de l'eau, Découvre, avec transport, sur la boule sauvage La voile d'un esquif qui revient au rivage Comme une aile bhincbe d'oiseau :

De uiênici, le regard vers la mère-patrie

Aimée ici toiyours avec idolâtrie,

On croyait découvrir à l'borizou lointain

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Xies voiles d'une flotte au brillant équipage, Hamenant le bonheur chaBsé de notre plage.

Devant le glaive du destin.

Mais, hélas ! aussitôt, ainsi que sur le sable S'efGacent aux baisers de l'onde insaisissable. Les dessins griffonnés par la main du penseur, Disparaissait pour nous ce décevant mirage, £t le vainqueur saxon reprenait, dans sa rage. L'infâme fouet de l'oppresseur.

Longtemps, longtemps dura l'affireuse tyrannie. Car Albion trompée épuisa son génie Af nous faire vider comme à Napoléon Le calice rempli de sa haine implacable ; Mais il vint une époque où. l'agneau misérable Se changea soudain en lion.

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Alors^ pour nous défendre, on vit une poignée De paysans, armés d^nne vieille cognée Ou d'un mécliant mousquet, hardiment se ranger Contre les bataillons d'une armée, ô mystère 1 Pour ne pas se soumettre aux vœux de l'Angleterre, Contents se laisse égorger.

Comme les fiers enfants de la vieille Vendée, Us ont rougir de sang leur terre fécondée,

Ils ont rendu sacrés la corde et l'échafaud

Chénier, Cardinal, Lorimier, fous sublimes, L'on peut vous comparer à ces cœurs magnanimes : Bonchamp, Stofflet, Cathélineau !

Oui, gloire à vous, martyrs du saint patriotisme ! En flagellant, un jour, l'aveugle fanatisme.

Vous avez conserva nos droits les plus sacrés,

Et sauvé du péril l'honneur de votre race !

Les poètes toujours chanteront, pleins d'audace, Vos noms sur leurs luths inspirés I

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Maintenant, grâce à toqb, sons 1a même bannière, Les enfants île la France et ceux de l'Angleterre Marchent ensemble nnis vers le progrès divio ; Crràce & Tons, nons avone onblié la vengeaiice. Et lea Tienx guerriers morte, qu'illustra la vaillance, S6 sont un jour donné la main.

Et, se reseouTenant du grand jour des bataUles, Le pays leur a fait d'égales funérailles, A tressé des lauriers pour leur front si Puis il a marqué le sol où rêve le poète.

Qui vit notre victoire avec notre défaîte, D'un sceau de granit et d'airain

Et toi devant lequel mon pas distrait s'arrête, Dont le nom évoqué me fait courber la tête, £t remplît tout à coup mon cœur d'émotion,

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Des braves d'autrefois proctanmnt le coniage. Tu Tus c« suean sacré, notre plne feraie gage De pais, de force et d'oniou !

Soi' 11!» heus dont l'aspect fait palpiter mon &me, Sur le plateau qui vit dénoaer le grand drame, Heste toujours dâboat, ô mon beau monument, ' £t Biir tons les gaerriers qai dorment sona ta pierre Qu'iuuutle iiiijourd'hni Mai de sa blonde Inmière, Pèse toujours légèrement !

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