LOUIS-JOSEPH PAPINEAU
Bois, bosquets, blonds rameaux que Pautomne balance^ Kivières, lacs, torrents, plages, mornes, talus. Landes^ vallons, coteaux, ruisseaux et monts — silence !. Le grand patriote n'est plus.
Comme d'une forêt détruite par la flamme On voit parfois debout un arbre respecté, Des vengeurs de nos droits, que la patrie acclame. Presque seul il était resté.
LES QUÉBEOQUOISES 157
On eût dit que celui dont la voix inspirée
Flagella les bourreaux, et sut tous les flétrir, Devait toujours jouir de son œuvre sacrée, Et ne devait jamais mourir.
Mais quelque soit d'un homme ou le deuil ou l'ivresse Et quelque haut qu'il aît posé son piédestal, Il faut que tôt ou tard la grande vengeresse
Vienne à frapper son coup fatal. C
n n'est plus } mais toujours aux fastes de l'histoire, En caractères d'or rayonnera son nom, Exaltera les cœurs, comme un cri de victoire. Comme la clameur du canon !
Et lorsque trois mille ans auront fui sur le monde, Le passant, le nommant, dira, le front rêveur : " Cet homme, en combattant l'oligarchie immonde, " Fut du Canada le sauveur ! "
Octobre 1871.