A MON AMI N. LEVASSEUR
Près du Petit EocJier de la Haute Montagnes Au bord de POutaouais qui flEiit tonner ses flots, En traquant sous les bois PIroquois en campagne. Il était tombé là comme tombe un héros.
Il était tombé mort dB faim, de lassitade.
Sans retrouver les lieux que longtemps il chercha : Voyant venir sa fin, dans cette solitude, Lui-même se creusa sa fosse et s'y coucha.
A quelque temps de là, sous la forêt déserte Trois chasseurs canadiens cheminant, Pœil au guet, Virent au pied d'un arbre une tombe ent'ouverte Où du sommeil sans fin leur ami sommeillait.
Comme ils allaient remplir cette fosse béante, Ils trouvèrent au bord un feuillet de bouleau Sur lequel l'un d'eux lut, d'une voix défaillante, Des mots gravés avec la lame d'un couteau.
Avant que de mouiir, ainsi que fait le cygne, Le vieux poète avait voulu chanter encor.
Et sa strophe, à la fote caressante et maligne. Fait palpiter les oc^avs, comme les sons du cor !
LES QUÊBEGQUOISES
Efc l'on dit que depuis, dans les belles soirées, Quand la brise de mai module ses amours, Le voyageur entend comme des voix navrées, Comme des cris plaintifs, des app^ au secours.
Seraient-ce les accents des vieux mânes sauvages Qui pleurent et toujours pleureront leur forfait ? Ou bien ceux de Cadieux souffrant sur ces rivages De notre oubli ? — ^Personne au monde ne le sait.