A MON AMI EUDORE EVANTUREL
Me demaudaut ponquoi je n'écris pins de vers.
SONNET
Veux-tu savoir pourquoi j'ai détendu ma lyre, Pourquoi je suis muet/ dans mon isolement ?. . . Ecoute, mon ami, ce que je vais te dire, Et sois sûr que jamais le poète ne ment.
LES QUÉBECQUOISES l8l
Quand le plomb du chasseur; que son tube en feu tire, A percé la fauvette, hélas ! de ce moment L'artiste des forêts bien rarement soupire Son chant mélodieux et plein d'enivrement.
Comme l'oiseau blessé, depuis longtemps je souffîre : L'aveugle destinée a plongé dans son gouffre Et détruit pour toujours mon beau rêve doré. • . «
Un nuage morose a passé sur ma vie. . . .
Mais, Eudore, crois-moi, vienne ce que j'envie, Renaissent les beaux jours, et je rechanterai !
sous LES ORMES.
Voiol Ij» roche isoléç
Où| le soir, Nous allions; sous la feaillée;
Noos asseoir.
Près de nous le ronge-gorge
Gazouillait ; Là-baS; le moineau dans l'orge
Pépiait.
LES QUÉBECQUOISSS
A noB pieds leB vagnea blnaches
Palpitaient, Et les brises dans les branches
Clinchotaient.
Dénonant nn vent qui Joue
Ses cheveux, Elle en caressait ma jono,
Dans ses jenz.
Son œil tonjoars eemblaît Mre
Dans te mien.
Tantôt elle éclatait de rire
Ponr on rien.
Parfois nons avions l'air triste,
Noua rêvions ; Mais si le bonheor existe,
Noos l'avionfl.
l84 LES QÏÏÊBEGQUOISES
Oh ! que d'heures étoilées,
Elle et moi Nous avons aux bois coulées,
Pleins d'émoi !
Mais ces limpides veillées, Ces beaux jours,
Se sont enfuis par volées, Four toigours.
Depuis, une peine amère
Me poursuit, ,Et je n'aime que ma mère,
Aujourd'hui.
Août 1875.