‹ Les Québecquoises, 1876Chapitre 39 sur 43 · SOUVENIR · texte numérisé non relu

SOUVENIR

Je compris snr tArre les eztti86fl da ciel.

Edouard Tujiqubtt.

" Avant que le soleil, empouiprant le nuage, " Disparaisse à nos yeux, derrière le bocage " De sapins couronnant le sommet du coteau, " poète rêveur, allons donc, me dit-elle, '^ Allons prier tous deux dans la vieille chapelle " Qu'ont voit là-bas au bord de l'eau.

" Oui, voici l'instant où, daua lenr pieus langage, " Los voix de la nature à Dieu chantent hommage " Et iL'iiètent JL riiommo : A genoux ! A genoux !.... ' Avei- l'oiseau des champs, la rumeur de la Hve, ' La prise parfumée et la forêt plaintive, '■ Allons, ami, prier pour tons !

' Oui, t:mdis que, ce soir, poursuivant sa folie, ' ha monde va courir boire jusqu'à la lie ' Lii cnnpe des regrets aux bords trempés de miel, ' Souk te regard clément qui, d'en haut, nous contemple, ' Yolutis, sans plus tarder, implorer dans sou temple " Celui qui règne dans le ciel !"

Et â<i main m'entraînait le long du âot sonore. Et .je marchais suivant cette enfant que j'adore, Coiinrjc on soivrait un ange attardé loin des cieui LevDiit, chargé d'enoen a, caressait te feuillage, La Ytigiie en babillant espirait sur la plage, L'oiseau disait ses chanls joyeux.

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Et nous allions maetS; abaorbés dans un rêve, L'œil errant tour à tour de la bruyante grève Aux portes du coucliant, du beau couchant dové : Bientôt, tout enivrés des parfums de là biise. Nous heurtâmes du pied le vieux seuil de l'église Au portail moussu, délabré.

Le jour, presque mourant, dans la nef solitaire Ne versait plus du ciel qu'une pâle lumière Que le souffle du soir faisait déjà trembler^ « • . Eveillant les échos sous la voûte annulaire, Devant le maître-autel, ce mystique calvaire, Nous fûmes nous agenouiller.

Elle était près de moi, murmurant sa prière, En adoration sur la dalle de pierre, Sur le pavé poudreux de l'antique parvis.

Tel on voit en esprit, sous une forme humaine, Un ange aux ailes d'or, aux longs cheveux d'ébèi>«. Telle à ce moment je la vis !

LES QlTÉBECQnOISES

£lle priait tont bas, la paupière baissée.

De longs sonpirs gonflaient sa poitrine oppressée Comme nn flot palpitant qni modale nn accord ; Moi je croyais entendre nn snave cantiqne, Je croyais voir snr son front séraphiqne Briller une auréole d'or!

Elle pria longtemps: j'imitai son exemple; £t qaand, d'un pas distrait, nona quittâmes le temple, Les piliers de la nef par l'ombre étaient voilés, L'étoile an front dn ciel brillait pure et sereine ; Et comme, en cheminant, ma main pressait la sienne : " Oli! me dit-elle, vous tremblez!"

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