‹ Les querelles religieuses & parlementaires sous Louis XVChapitre 39 sur 134 · LE LIT DE JUSTICE DU 3 AVRIL · texte numérisé non relu

LE LIT DE JUSTICE DU 3 AVRIL

Cette déclaration déplut au Parlement et ropposition se manifesta même dans le lit de justice, tenu pour la faire enregistrer (P., I, 628).

« M. le président de Lesseville est sorti de son rang pour se jeter aux pieds du Roi ; M. le Chancelier l'a arrêté en lui disant de rester à sa place... ; quand son rang fut venu, il dit qu'il voulait accuser celui qui avait suggéré une pareille Déclaration... d'être traître à sa patrie et à son maître, et suppliait S. M. de mettre l'affaire en délibération, qu'il était persuadé qu'une telle personne perdrait sa vie sur l'échafaud à la pluralité des suffrages... M. l'abbé Dalbert... a dit: « Sire, les contestations présentes ne tendent à rien moins qu'à enlever la couronne de la tête de V. M.,

1. L'art. Vil défend d'imprimer, colporter aucun ouvrage contre la bulle ou l'autorité des évêques.

et à lui ôter le sceptre de ses mains; je suis trop fidèle à V. M. pour appuyer de mon suffrage une déclaration que je regarde comme une loi la plus injuste qui ait jamais été proposée à un souverain. » L'abbé Robert a dit: « J'en appelle à vous-même, M. le Chancelier: t^uantum mutatus ab illo ! »... M. le Chancellera prononcé l'arrêt d'enregistrement, sans compter le nombre des opinants. Après quoi, un président lui a dit : « Monsieur, faites-vous apporter de l'eau pour vous laver les mains. »

Les membres des enquêtes voulurent protester et demandèrent l'assemblée des chambres ; mais le roi interdit toute délibération et menaça de faire un règlement sur « la discipline intérieure de [la] Compagnie ». La menace suffit et tout rentra dans l'ordre.

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