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Pfaff, ScliœpfungsgescMclite, p

LA COSMOGOiSriE BIBLIQUE. 23

qui a été reconnu par les découvertes scientifiques. C'est pendant cette époque que se forment la croûte solide de la sphère embrasée et l'atmosphère. Le globe terrestre passe de l'état gazeux à l'état de liquide incandescent ; sa surface commence ensuite à se durcir par le refroidissement. Une atmosphère ténébreuse, sursaturée de vapeurs métalliques et aqueuses, se forme autour de la terre. « A mesure que le refroidissement de la terre continuait, dit M. Godet \ les matières volatiles qui enveloppaient le globe se condensèrent successivement, les plus pesantes les premières. D'autres, plus légères, telles que la vapeur d'eau, qui se trouvaient dans les parties supérieures de l'espace, s'y condensèrent au contact des régions plus froides, et formèrent un dais de nuées planant à une certaine hauteur au-dessus du globe. Dans l'espace intermédiaire entre cet océan aérierl battu par les vents, et la plaine liquide qui formait presque toute la surface terrestre et que faisait bouillonner les émanations de la fournaise intérieure, s'étendit l'atmosphère, telle que nous la possédons, la couche d'air respirable, de plus en plus dégagée de toutes les matières dont elle avait été jusqu'alors saturée. »

L'atmosphère devient ainsi distincte du sphéroïde terrestre. C'est la séparation des eaux inférieures et supérieures par le firmament, dont parle la Genèse, c'est-à-dire le second jour mosaïque.

Cette période de formation de l'univers est appelée

1. GrooET, Études hihliques, l^e série, 2« édit., 1873, p. 108.

par les géologues âge azoïque, parce qu'elle n'offre pas de trace de vie, ou primaire. C'est pendant cette période que se sont formées les roches amorphes, cristallines et métamorphiques, les gneiss et les granits primitifs, premiers rudiments de nos continents, qui se montrent encore à nu sur plusieurs points de l'Europe et de l'Amérique.

Le troisième et le quatrième jour génésiaques correspondent à ce que les géologues appellent âge paléozoïque ou de transition. Cet âge est ainsi nommé parce que c'est celui où l'on retrouve les traces les plus anciennes de vie, des débris d'une flore et d'une faune sous-marines, des cryptogames, des algues et des invertébrés, des crustacés et mollusques, oursins et coraux.

Au commencement de cette période, la croûte solide est partout recouverte par les eaux précipitées. Les premières îles émergent, par suite de la contraction de l'enveloppe terrestre. L'atmosphère, grossièrement épurée, ne laisse parvenir au sol qu'une clarté diffuse ; mais cette clarté est suffisante pour les premiers développements de la végétation terrestre. C'est alors que se produit la flore carbonifère et houillère. Elle se distingue, non par la multiplicité des genres et l'éclat des couleurs, car elle était d'une uniformité désolante, mais par la grandeur des dimensions. La flore actuelle se compose de 80,000 à 100,000 espèces de plantes ; la flore houillère n'en contenait guère que 8,000 \

1. Il faut observer, par rapport à la création des végétaux, que Moïse rapporte la création de toutes les espèces au raêrae jour géo-

Mais, tandis que l'Europe entière ne possède aujourd'hui qu'environ soixante espèces de fougères, il y en ^vait alors plus de deux mille cinq cents. Et quelles dimensions ! « La flore houillère était beaucoup plus luxuriante que la végétation de nos tropiques. La plupart des espèces éteintes dépassent en grandeur leurs similiaires d'aujourd'hui ^ » — « Des prêles, aujourd'hui herbes de marais, atteignaient la grosseur d'un corps d'homme et une hauteur de soixante à soixantedix pieds ; des mousses et des fougères d'une taille non moins disproportionnée, comparativement à celle des genres correspondants dans l'ordre de choses actuel ; mais pas une fleur aux brillantes couleurs, pas un arbre fruitier. Cette flore houillère n'a d'autre ornement que sa verdure '. »

Nous pouvons nous faire difficilement aujourd'hui une idée de ce qu'était cette végétation sans variété et sans vie. Ce qui fait le plus grand charme de nos forêts, la vie animale, y manquait. Elle ressemblait à la végétation de la Nouvelle-Zélande, oîi domine encore la flore primitive, les fougères arborescentes et les majestueux araucarias. Dans l'intérieur des forêts de la Nouvelle-Zélande, dit un voyageur, tout est sombre et mort. Aucun papillon aux couleurs variées, aucun oiseau ne réjouit la vue et ne rompt la monotonie. Toute vie animale y parait éteinte. On sent le besoin

logique ; mais il semljle ne s'être exprimé ainsi qne ponr n'avoir pas à y revenir, parce que la science montre que les types les plus élevés du règne végétal n'ont paru que i^ltis tard sur notre globe.

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