‹ Les Questions controversées de l'histoire et de la scienceChapitre 16 sur 77 · GrODET, Etudes iibliqiies, V'^ série, p · texte numérisé non relu

GrODET, Etudes iibliqiies, V'^ série, p

de sortir de ces forêts, et l'on éprouve un profond sentiment de joie lorsque, après avoir erré des journées entières, dans ces lieux mornes et sans vie, on jouit de nouveau de la lumière du jour, en rase campagne.

« On peut se représenter cette longue période comme une série de jours chauds et humides. Imaginons une serre fortement chauffée, dont les murs de verre auraient été noircis de manière à intercepter en partie les rayons solaires, et dont la principale lumière serait celle d'une flamme électrique brûlant à l'intérieur. Que seraient les produits de la végétation en de telles conditions ? Des plantes colossales, mais sans vives couleurs ; des géants au front verdâtre. Telle fut la végétation houillère '. »

Ce caractère de la végétation houillère fournit la réponse à l'une des objections sur lesquelles on a le plus insisté contre le récit de Moïse, et en devient même une sorte de confirmation. Comment, a-t-on dit, ces plantes ont-elles pu se développer sans l'action des rayons solaires ? M. Pfaff répond avec beaucoup de précision et de justesse : « Ce n'est pas du soleil que les plantes ont besoin, mais seulement de lumière et de chaleur. Or la lumière et la chaleur existaient incontestablement avant le soleil : c'est là un fait certain en histoire naturelle. »

1. Godet, loc. cit. Il est bon de remarquer ici qu'un certain nombrede géologues ont attribïié à la période liouillère une longueur très exagérée. M. G-rand'Eiiry a fait justice de ces exagérations en montrant que les couclies carbonifères étaient faites d'écorces végétales fê'es, et non de végétaux ayant crû sur place.

Bien mieux, « des expériences récentes ont complètement (et directement) résolu la difficulté. Il est prouvé que la lumière électrique possède toutes les qualités nécessaires pour le développement des parties vertes de la plante. M. Faminzin, dans toutes ses expériences sur les algues, ne s'est jamais servi, pour obtenir le développement de ces végétaux, que de la lumière très forte d'une lampe à gaz ^ » La flore houillère étant caractérisée par l'absence de couleurs, que faut-il en conclure, sinon que le soleil n'agissait pas alors sur notre globe ?

Pendant la période houillère, il n'y avait encore, comme nous le dit Moïse, aucun mammifère ni aucun oiseau. Il y avait cependant déjà, mais en petit nombre, quelques amphibies rampants, des poissons et quelques animaux inférieurs, dans les bas-fonds marécageux, oii ils étaient couverts par une épaisse végétation.

Quelques batraciens analogues à notre salamandre actuelle commencent alors à paraître. On trouve aussi des vestiges des vertébrés respirants, et de soixante-quatorze espèces de poissons. Mais les amphibies d'alors sont petits, et ils ne frappent guère par leur forme ; ce sont cependant les êtres les plus élevés de la création paléolithique. De plus, ils sont rares, surtout relativement au grand épanouissement de vie que nous rencontrons bientôt. Moïse a donc pu ne pas en tenir compte et les passer sous silence.

Page 1