‹ Les Questions controversées de l'histoire et de la scienceChapitre 17 sur 77 · Godet, loc. cit · texte numérisé non relu

Godet, loc. cit

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Le quatrième jour mosaïque est celui oîi Dieu complète l'organisation de notre système solaire par rapport à la terre. Quelques exégètes pensent que le soleil existait déjà comme corps lumineux dans les âges précédents, mais que ses rayons n'arrivaient pas jusqu'à la terre. Rien dans la science ne s'oppose à ce qu'on accepte purement et simplement le récit de la Genèse : « Notre soleil est une véritable étoile fixe, dit M. Pfaff. Par conséquent, sa manifestation comme astre distinct peut coïncider avec celle des autres étoiles fixes. L'astronomie n'a rien à opposer à cette affirmation... Il ne saurait donc être question sur ce point d'une contradiction entre l'astronomie et la Bible. »

Troisième Période : Création du règne animal.

Cette époque, qui est la moins ancienne de l'âge paléozoïque, est caractérisée par un ralentissement très sensible de la création végétale. Une nouvelle flore n'apparut que dans l'âge tertiaire, et fut le résultat de l'influence nouvelle du soleil. Moïse, qui avait indiqué le premier grand épanouissement de vie végétale, n'est pas revenu sur les flores successives ; il s'est partout contenté d'indiquer les traits nouveaux les plus saillants de chaque période.

L'ère géologique comprend trois âges : l'âge secondaire, l'âge tertiaire, et l'âge quaternaire, celui dans lequel nous vivons. Le premier correspond au cin-

quième jour génésiaque ; les âges tertiaire et quaternaire correspondent au sixième jour.

Le cinquième jour, nous dit la Genèse, Dieu créa d'abord les reptiles et les volatiles, puis les grands cétacés. L'inspection des couches géologiques confirme ces données.

L'âge secondaire comprend trois étages de terrains : l'étage triasique, l'étage jurassique et l'étage crétacé. Il est caractérisé par une abondance prodigieuse de vie animale. La végétation houillère de l'âge paléozoïque avait absorbé une quantité énorme d'acide carbonique et l'avait changé en combustible. Elle avait ainsi purifié l'atmosphère et rendu la terre propre à la vie animale.

Pendant que les coraux et les infusoires formaient le terrain jurassique, les ammonites et les bélemnites vivaient au fond de la mer ; les tortues et les lézards se promenaient sur les bords des rivières et des océans ; d'immenses reptiles, armés d'effroyables moyens de destruction, étaient les rois des animaux : le plésiosaure, lézard de plus de douze mètres de longueur, à tête de serpent, avec une mâchoire de deux mètres, au long cou de cygne de cinq à six mètres, et à vingt ou quarante vertèbres cervicales, tandis que la girafe n'en a que sept ; Y ichtyosaure, de dix mètres de long, au museau effilé comme celui d'un dauphin, aux mâchoires garnies de cent quatre-vingts dents, dévorant des tortues et des mollusques, et mêine ses semblables ; le ptérodactyle, dragon volant au museau allongé en forme de bec, aux dents semblables à celles

du crocodile, aux griffes acérées comme celles du tigre, aux ailes comme celles de la chauve-souris ; plus tard, le mégalosaure, au corps gigantesque de près de vingt mètres de longueur, dont les dents, dit M. Figuier, paraissent tenir à la fois du couteau, du sabre et de la scie.

La première apparition des oiseaux correspond à l'époque de ces grands sauriens, conformément à ce que nous apprend Moïse. Les terrains jurassiques et crétacés présentent des empreintes de grands écliassiers et de grands oiseaux dans le genre de l'autruche.. Mais jusqu'ici, comme pour confirmer le récit de la Genèse, on n'a rencontré dans ces terrains nul mammifère, à part un très petit rongeur insectivore, et plus tard, dans la craie, une espèce de sarigue. Les mammifères n'apparaissent qu'à une époque postérieure ; c'est au début de l'âge tertiaire que commence véritablement leur règne : ils sont l'œuvre du sixième jour.

Moïse nous apprend, en effet, que ce fut le sixième jour que Dieu créa les mammifères, les animaux d'abord, et l'homme ensuite. Cette dernière création correspond à l'âge tertiaire et à l'âge quaternaire.

Les géologues divisent les terrains tertiaires en trois étages : éocène ou tertiaire inférieur (argiles plastiques,^ " calcaire grossier, gypse) ; miocène ou tertiaire moyen (meulière et travertin, sable de Fontainebleau, calcaire de Beauce, mollasses, faluns) ; et pliocène ou tertiaire supérieur (crags, collines romaines, subapennines). Le terrain quaternaire est caractérisé par les crags et

blocs erratiques, le diluvium gris et rouge, les cavernes à ossements et les brèches osseuses.

Le commencement de l'âge tertiaire se manifeste par l'apparition des mammifères, des quadrupèdes grands et petits. Dans la partie supérieure de l'éocène, dans les gypses de Paris, on rencontre les restes de vastes troupeaux, composés des diverses espèces du palœoiherium, animal herbivore, sorte de tapir, tantôt de la dimension d'un lièvre, tantôt de la grosseur d'un cheval; de r«wop?Oï^Aeri^i<;/i, espèce d'hippopotame aux formes chevalines, aux jambes courtes, et dont les dimensions variaient depuis celles du sanglier jusqu'à celles de l'âne ; du xlphodon, chamois aux jambes longues et grêles, au cou gracieusement allongé.

Dans les couches de mollasse et les faluns, qui sont les deux divisions principales du terrain miocène, arrivent les mammifères gigantesques, aujourd'hui disparus. Le cUnotherium, ou l'animal terrible, le plus grand de tous les mammifères terrestres, espèce de phoque ou d'éléphant, armé, sous la mâchoire inférieure, de deux crocs d'un ivoire extrêmement dur, fouillait alors le sol pour déterrer les racines et les bulbes qui lui servaient de nourriture ; il ne mesurait guère moins de six mètres de long ; le megatherion ressemblait à une montagne vivante; le mastodonte; plus grand que l'éléphant actuel, à quatre défenses, d'inégale longueur, dirigées en avant, se nourrissait de végétaux et se promenait dans les terrains marécageux.

Plus tard, dans la période qui forme la transition de l'époque tertiaire à l'époque quaternaire, les mammi-

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fères se rapprochent davantage de ceux de nos jours. On a retrouvé, en 1806, à l'embouchure d'un des fleuves de la Sibérie, un animal de cette époque, le mammouth, parfaitement conservé dans un bloc de glace où il avait péri : sa chair et ses poils étaients intacts, ses intestins renfermaient encore les feuilles de mélèze de Sibérie dont il s'était nourri. Les chiens en mangèrent les chairs. C'était une sorte d'éléphant à toison laineuse, aux longues défenses recourbées en dehors et arquées en spirales, aux oreilles garnies de touffes de crins pendantes et à la large crinière noire. Quelques naturalistes pensent que le mammouth vit encore dans certaines régions inexplorées des forêts boréales. Le hos lyrimigenius, à la tête massive, remplissait alors les prairies; le cervus megaceros, qu'on peut voir au musée de Saint-Germain, élan aux grandes cornes dont les deux extrémités étaient distantes de plus de trois mètres ; Vursus spelœus, etc., peuplaient les campagnes et les forêts.

L'homme apparaît enfin, quand les grands mammifères ont disparu, ensevelis dans la vase ou dans la glace. M. Zittel ne place des fossiles humains que dans le terrain quaternaire. Ce n'est qu'alors qu'on trouve des traces « certaines » de sa présence, quoique plusieurs géologues croient en trouver plus tôt de probables. Nous n'avons pas à discuter ici leur opinion; ce qu'il importe seulement de constater, c'est que, conformément à la Genèse, l'homme apparaît le dernier sur le théâtre de la création.

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