‹ Les Questions controversées de l'histoire et de la scienceChapitre 29 sur 77 · MiCHAUD, Eist. des croisades, t. II, p · texte numérisé non relu

MiCHAUD, Eist. des croisades, t. II, p

QUESTIONS CONTROV. — T. I. 8.

et pour lequel les sentiments peu favorables du roi anglais étaient d'ailleurs bien connus. Conrad, en apprenant sa subite élection, s'écria en levant les yeux au ciel : « Seigneur, permettez que je sois couronné si vous m'en trouvez digne ; sinon éloignez la couronne du front de votre serviteur. » Mais Conrad avait fait une alliance impie avec les Sarrasins. Dieu, disent les clironiqueurs, l'avait condamné, et il tomba sous les coups de deux meurtriers, qui, en le frappant, s'écrièrent : « Tu ne seras plus ni marquis ni roi ^ » Ces assassins avaient été armés par leVieux de la Montagne ; mais beaucoup de croisés, de croisés français surtout, attribuèrent la mort de Conrad à Richard, et cette accusation inique s'était accréditée en Europe. Or, la contrée dans laquelle le prince anglais venait de débarquer, était voisine du duché d'Autriche et avait pour seigneur Meinhard, neveu du marquis de Montf errât ^ Richard envoya à Meinhard, comte de Goritz, un page chargé de lui rapporter un sauf-conduit au nom de Baudouin de Béthune, revenant de la Palestine. Le page, en sollicitant le sauf-conduit, offrit à Meinhard, de la part de son maître, un magnifique rubis dont la vue inspira des soupçons au seigneur de Goritz. « Ce présent, s'écria celui-ci, est un cadeau royal. Ton maître doit être le roi Richard ; dis-lui qu'il peut avoir pleine confiance en moi : je ne veux point le faire arrêter, et lui laisse la liberté de continuer sa route. »

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