Tome I, p
QUESTIONS CONTKOV. — T. I. 9
entendu par l'infortuné monarque, qui, ayant reconnu un air qu'il aimait, prit sa harpe à son tour et répondit au ménestrel sur le même ton. Ce fut une légère circonstance qui fit découvrir le lieu de sa captivité. »
Warton, cité par M. Tarbé dans les Œuvres de Blondel 1, est moins bref ; mais son récit, il l'avoue luimême, ne provient pas d'une source anglaise. Il n'est que le résumé du fragment donné par Faucliet, et n'apporte aucune preuve en faveur de l'authenticité de la légende, dont il atteste seulement la vogue grandissante.
Mills a eu connaissance de la Gironique de Beims, mais c'est seulement dans les notes de son Histoire des croisades qu'il a raconté l'épisode romanesque de Durrenstein ^.
Probablement mis sur la voie de l'historien anglais, Michaud est, en France, le premier écrivain considérable qui ait parlé de Blondel : « On ne savait plus en Europe, écrit-il, ce qu'était devenu le roi Richard, lorsqu'un gentilhomme d'Arras, appelé Blondel, alla rechercher les traces de son maître, en parcourant l'Allemagne avec l'habit et la lyre d'un ménestrel. Arrivé devant un château où gémissait, disait-on, un illustre captif, Blondel entendit chanter le premier couplet d'une chanson qu'il avait faite autrefois avec Richard, et se mit à chanter le second couplet. Le pri-
1. Œuvres de Blondel de Neele, publiées par Taeeé, Reims, 1862, 1 voL in-8», p. 211.