‹ Les Questions controversées de l'histoire et de la scienceChapitre 53 sur 77 · Rapport Thuriot · texte numérisé non relu

Rapport Thuriot

QUESTIONS CONTEOV. — T. I. 18

Lorsque MM. Bellon, Billefod et Chaton sortirent de la Bastille, ils ne purent « se rendre aussitôt à l'Hôtel de ville, parce qu'ils furent séparés par la foule... et que l'un d'eux, M. Bellon, fut longtemps maltraité et retenu par le peuple, qui s'acharnait à le prendre pour un espion '. »

Il était alors onze heures du matin.

Les deux députations, revenues à l'Hôtel de ville, finissaient à peine de rendre compte de leur mission, lorsque des coups de feu retentirent du côté de la Bastille, et « une foule prodigieuse se précipita dans la place de Grève, criant à la perfidie, à la trahison ». Que s'était-il passé ? Les relations populaires ^ racontent qu'aussitôt après le départ des députés du district et de la commune, M. de Launay attira perfidement la foule inoffensive jusque dans l'intérieur des cours de la Bastille, pour la foudroyer de son artillerie ; les récits royalistes ^ disent que le gouverneur, voulant débarrasser ses cours de la foule tumultueuse qui les encombrait, fit tirer quelques, coups de fusil à poudre pour disperser toute cette populace. « La vérité est (si l'on en croit un autre narrateur cité par M. Dussaulx *) que le sieur de Launay, s' étant présenté lui-même sur le petit pont-levis, demanda au peuple ce qu'il désirait de lui : on lui répondit qu'on voulait des armes et des

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