Mémoires, t. I, p
l'auteur de l'Histoire de dix ans \ on restera convaincu, que de toutes les combinaisons politiques possibles en 1814, aucune ne répondait aussi complètement que l'avènement des Bourbons aux vrais intérêts de la bourgeoisie. »
Oui, dit-on, et on veut bien l'accorder, la restauration en 1814 réalisa les vœux de la nation épuisée ; mais, après les fautes de la première année de son gouvernement, après les Cent-jours, amenés par ces. fautes, la restauration ne fut-elle pas imposée par l'étranger à la France qui avait appris à connaître les princes et à les détester ?
Il faut examiner cette seconde partie de la question.
Napoléon, relégué à i'ile d'Elbe, ne se résignait pas à la défaite. Il voulut reconquérir son trône, débarqua au golfe Juan, et son aigle déchaîné vola de clocher en clocher jusqu'aux tours de Notre-Dame. Le 20 mars 1815, l'empereur rentrait dans Paris. Revenir en France à main armée, c'était évidemment troubler le repos et la paix dont la France avait si grand besoin, c'était de gaieté de cœur rouvrir la sanglante arène des batailles, car c'était jeter à l'Europe un défi qui devait être immédiatement relevé.
Dès le 25 mars, les souverains, réunis au congrès de