Introdviction, t. I, p
Yienne, signèrent un traité qui était une déclaration de guerre européenne contre la France. Castlereagh, qui représentait l'Angleterre, écrivit d'abord le 8 avril que l'Angleterre ferait tous ses efforts pour que la guerre conduisit à la restauration de Louis XYIII ; mais, ajoutait-il immédiatement, « nous ne pouvons en faire un sine qua non ». Le 12 avril, le premier ministre d'Autriche, M. de Metternicli, adoptait la réserve posée par l'Angleterre, en disant : « L'empereur est convaincu que le devoir qui lui est imposé, par l'intérêt de ses sujets et par ses propres principes, ne lui permettra pas de poursuivre la guerre pour imposer à la France un gouvernement particulier. » La Russie et la Prusse, beaucoup moins disposées que l'Autriche pour la restauration, furent naturellement entraînées par l'adhésion de l'Autriche à la réserve de la note anglaise, en sorte que le manifeste du 12 mai déclara que « les puissances ne se croyaient pas autorisées à imposer un gouvernement à la France ». Talleyrand constatait, dans un rapport officiel, le changement d'idées qui s'était produit entre le traité du 25 mars et le manifeste du 12 mai : « Les souverains, dit-il, font la guerre pour leur sûreté, parce que leur intérêt le veut ; ils la font pour eux-mêmes, et non pour le rétablissement des Bourbons. » Cela est si vrai que, le 5 avril, M. de Metternich, écrivant confidentiellement à Fouché, lui disait : « Les puissances désirent savoir ce que veut la France et ce que vous voulez. Elles ne prétendent point s'immiscer dans la question de nationalité et dans les désirs de la
nation relativement à son gouvernement K » Ajoutons que, le 11 mai, M. d'Ottenfels, accrédité par M. de Metternich sous le nom d'Henry Werner, déclarait à Bâle à M. Fleury de Chaboulon que les puissances étaient loin de vouloir s'immiscer dans des questions toutes nationales, et qu'elles accepteraient, si la France le voulait, ou Louis XYIII, ou le duc d'Orléans, ou la Régence avec le lils de Napoléon, selon le clioix que Fouché penserait devoir faire pour remplacer Napoléon Bonaparte ^. M. d'Ottenfels ajoutait à M. Fleury de Chaboulon : « Je suis autorisé à vous déclarer formellement que les alliés renoncent à rétablir les Bourbons sur le trône, et qu'ils consentent à vous accorder le jeune prince Napoléon. »
Voilà donc dans quel esprit les souverains ont commencé la guerre ; ils la continueront sans changer de sentiments.
M. Thiers, contraint par l'évidence de reconnaître que tous les témoignages attestent la réserve et même l'indifférence des souverains alliés au sujet du rétablissement des Bourbons, imagine que leur langage ne fut qu'une feinte, et qu'il y eut un système de dissimulation adopté par les ministres des puissances, lorsqu'ils affectaient de ne point vouloir imposer un gouvernement à la France ^. M. Thiers écrit que La Fayette, d'Argenson et les autres plénipotentiaires, envoyés,