Moniteur du 30 juin
Louis XVIII, dit Voyer d'Argenson le 5 juillet, ils devront rester pour le maintenir. »
Toutes ces paroles étaient seulement des suppositions, et exprimaient la crainte que ces suppositions ne se réalisassent. Manuel, le premier peut-être, transforma ces suppositions en un fait réel, et, parlant de l'adresse signée par les seize généraux, il s'écria : « Croit-on que, sous cette forme, l'adresse soit favorable à la maison de Bourbon, ramenée par les Anglais ? » Sous la Restauration, l'opposition dont Manuel a été l'un des membres les plus actifs et les plus influents, a répété ces paroles, en les accentuant encore. Les journaux, les orateurs, les historiens libéraux, ont répété la formule des « Bourbons rentrés dans les bagages » ou « dans les fourgons de l'étranger » ; et, comme cette formule était une arme acérée de combat, elle fut vite admise par toutes les passions ignorantes, et elle a passé longtemps comme un lieu commun historique. C'est ainsi que froidement, de parti pris, pour mieux frapper au cœur le gouvernement du roi, on a soutenu un mensonge, et, à force de le redire, on a fait croire, on a persuadé peut-être que c'était une vérité. Ainsi l'on a vu M. Théophile Lavallée, pour ne citer que l'auteur d'un des ouvrages les plus répandus, affirmer que « la restauration venait de l'étranger ^ ».
Heureusement qu'en s' éloignant de nous les faits de cette époque ont été plus étudiés, mieux connus, et des écrivains distingués sont venus rendre, contre ce