PROLOGUE
luseurs ont tra\ aille J monstrer, par 'igrans raisons et auctontez, que c'est plus grant félicité en terre à homme de vivre en franchise et liberté , que soy asservir de sa voulenté, sans contrainte.
A Voppinion desquelz on pourroit dire que un^ homme n'a pas son bon sens, qui est en joyes et délices du monde comme de jeunesse garnie, et de sa franche voulenté et de son propre mouvement, sans nécessité, trouve l'entrée d'une estroicte chartre ' douloureuse, plaine de larmes, de gemissemens et d'angoisses, et se boute » dedens. Et quant est liens "' enclos, on lui ferme la porte, qui est de fer, fermant à grosses barres, et est si estroitement tenu que jamais pour nulles prières ne avoir ne peut saillir*. Et par especiah doit-oji bïtn tenir celui fol et sans nul sens de soy estre 'ainsi emprisonné, s'il avoit ouv par devant plourer^ gémir ou *■ dedens la chartre les prisonniers qui liens estoient.
Et pour ce que nature humaine appelé " de soy liberté et française, pluseurs grans seigneurs et sei-
I. Prison. — 2. Bouter, menre. — ). Liens, lians, lèans , là au, là dedans. — 4. Pour prières ni pour argent ne peut sortir. — 5. Spécialement. — 6. Au. — 7. Appeler, désirer.
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gnouries se sont perduz, pour ce que les seigneurs d'icelles voulaient tollir ' franchise à leurs subjetz. Fa aussi pluseurs citez et villes et pluseurs autres menus peuples ont esté destruiz par desobéissance, voulans trop grant franchise avoir, pour laquelle pluseurs grans guerres et grans occisions * ont esté. Pour ce se sont les nobles / ■ ir leurs grans
prouesses franchisez ^ et f . tnbuz et ser-
vitudes des empereurs de Romiiu , dont maintes batailles ont été fautes et obtenues à l'entencion des François. Si avmt une fois que, pource que Hz ne furent pas assés fors pour actendrela grant puissanci de l'empereur, qui estoit entré en leur terre, ilz aymcrent mieulx laisser et guerpir < leur pais que faire senice ne * payer tribut à l'empereur, dont Hz monstrerent bien la grant noblesse de leurs cuers. Et pour ce s'en allèrent conquérant pays et terres par leurs vaillances, et après recouvrèrent leur terre de France noblement a l'espee, laquelle Hz ont tenue franche jusques à cy quant au regart de leut prouffit singulier. Et pour ce tnittes nations de gens qui estoient en servitude lors estre en
France pour estre francs, ' que Fr.ince
fut la plus noble terre . la
plus peuplée, la plus c^,
flourissant en richesse, en science, en prudence, en la foy catholicque, et en toutes autres vertuz. Et puis qu'ilz sont francs, raison voulsist ^ auiL eussent leur peuple franc, en baillant la loy à leurs subgectz qu'ilz ont pruise pour eulx, car il ne est pas raisonnable d'avoir ung droit pc;;' '" ' nnç