‹ Les quinze joyes de mariage. 2. éd. Conforme au manuscrit de la bibliothèque publique de Rouen, avec les variantes des anciennes éditions, une notice bibliographique et des notesChapitre 59 sur 90 · Quand elle a bien suffisamment pris ses ébats avec son · texte numérisé non relu

Quand elle a bien suffisamment pris ses ébats avec son

amant.

DE Mariage. 9}

scey bien que ma fille ne vous fist oncques faulte.» Et lui en fait grand serement. «■ Or regardez, faitelle, si elle fust de mauves gouvernement ', la pouvre fille estoit perdue par vostre faute. » Et sachez qu'il est avenu à aucuns que l'en leur faisoit boire de mauves brouez , aftin de porter les braies -, ou pour autres choses pires.

Il avient aucunesfois que l'ome ou la femme demandent estre séparez : le mary aucunesfois accuse sa femme, et la femme accuse son mary. Hz se sont mis en la nasse , et en voulissent estre dehors; il n'est pas temps de s'en repentir. Hz pledoient fort : et avient aucunesfois , pource qu'ilz ne allèguent pas causes suftlsans pour avoir séparation , ou ne preuvent pas suffisamment leur entencion , le juge dit par jugement qu'ilz tiendront leurs mariages, et les amonneste. En oultre les biens où ilz estoyent premièrement , ilz ont ce lopin davantage ; car ils ne estoient pas assez bien : et en oultre se sont fait moquer à tous. Aucunesfois avient qu'ilz allèguent causes suffisantes l'un contre l'autre; pour quoy le juge par jugement les sépare, et leur deffent à grousses paines qu'ilz se tiennent chastement en continence. Mais veez-cy qu'il en avient : l'un ou l'autre , ou tous deux , se maintiennent follement, et font leur voulentez où il leur plaist. Aucunesfois une telle femme s'en va de chambre en chambre , à une bonne ville , et fait tout son

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