‹ Les quinze joyes de mariage. 2. éd. Conforme au manuscrit de la bibliothèque publique de Rouen, avec les variantes des anciennes éditions, une notice bibliographique et des notesChapitre 80 sur 90 · Bien vite · texte numérisé non relu

Bien vite

DE Mariage. 125

Et sa mère li demande : « Que deable , fait-elle, avoit-il affere avecques toy ? — Par Dieu , il est bien vray qu'il m'avoit parlé deux ou troys foiz de cela , mais je l'en avoye bien resfusé ; et il ne faisoit qu'entrer et m'en parloil, et je luy disoye qu'il s'en allast. » Lors el jure grans seremens que elle ameroit mielx qu'il fust pendu; ou à l'aventure el luy confesse toute la matière : quar la mère lui dit (qui sceit assés de la veille dance) : «Certes, je me doubte qu'il y ait aultre chose, ne je ne t'en creroy ja qu'il eust ousé entrer en ta chambre s'il n'eust grant acointance à toy. Dy le moy, fait-elle, hardiement, affm que je te pence de y mettre remède. » La fille baisse le vis^ et rougist. « Ha a! fait la mère, je cognois bien que c'est; dy moy, dy moy comment il en est? — Par ma foy, le mauves homme m'a priée plus de deux ans, et me estoye tousjours si bien deffendue, jusques à une foiz que mon mary estoit allé dehors, qu'il entra, ne scey comment, en nostre maison, si avoy-je bien fermé la porte , et me forsa ; et par mon ame je m'en deffendi plus de demie nuit, qu'il me mist en la grosse alaine : et vous savez que ce n'est rien que d'une pouvre femme seulle. — Ha a! de par touz les diables, fait la mère, je le savoye bien. Or avant, fait-elle, gouverne toy bien sagement, et que le garson ne aille plus ne ne vienne ciens. — Ha a! Madame, il luy convenist mander qu'il n'y venist point : car je scey bien qu'il est maintenant en grant malaise, pour ce qu'il cuide que mon mary me ait tuée ; et il est

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