‹ Les quinze joyes de mariage. 2. éd. Conforme au manuscrit de la bibliothèque publique de Rouen, avec les variantes des anciennes éditions, une notice bibliographique et des notesChapitre 86 sur 90 · Vous désunir, vous séparer · texte numérisé non relu

Vous désunir, vous séparer

li en prengne , à la meschante • ; il lui avoit bien à mescheoir. —Ha a! ma commère, fait l'une des aultres commères , ne vous courrocez point. — Ha a! mes chieres amies , fait-elle , si ma fille eust fait faulte , il ne m'en chalist , quar moymesme la estranglasse : mais cuidés-vous que jesoye bien aise de veoir ainsi mener ma tille à honte sans cause , à si grand tort que jamès ne lui pourroit amender ? »

Lors commencent toutes à tanser et à le blasmer. Et le pouvre homme commence à penser, et ne sceit que faire ; mais en efîect il se guérit fort et apaise. La mère s'en va , et ses commères l'appaisent doulcement , et lui dient que ce n'est pas de merveilles si la mère se courroce ; et entreprennent de ramener la fille , et prennent congié. Et après s'en vient ung cordelier, ou un jacobin, qui est son confesseur, et de sa femme, et sceit tout le fatras , et a pencion chacun an pour absouldre du tout , et s'en vient au bon homme et luy dit : u J'ay bien esté esbahy de ce que l'en m'a dit. Certes je vous veil blasmer : car je vous jure par monseigneur sainct Dominique, ou par monseigneur sainct Augustin, je cognois vostre femme passé a dix ans : mes je prens sur le jugement de mon ame qu'elle est une des bonnes proudes femmes qui soit en tout le pays ; et le scey bien , quar elle est ma fille de confession , et l'ai bien serchée ; mais je n'y ay trouvé que tout le bien qui peut estre en femme , ne son corps ne fust oncques entechié -

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