‹ Les quinze joyes de mariage. 2. éd. Conforme au manuscrit de la bibliothèque publique de Rouen, avec les variantes des anciennes éditions, une notice bibliographique et des notesChapitre 87 sur 90 · Entaché · texte numérisé non relu

Entaché

13^ LesquixzeJoyes

du péché, et en met mon ame en plege ' >> Ainsi est vaincu, et se repent moult le bon homme d'en avoir tant fait , et croit qu'il n'en fust oncques riens. Or faut-il savoir le prouffit que le bonhomme aura d'avoir fait tel effroy: il sera, dorénavant, plus subget qu'il ne fust oncques, et à l'aventure deviendra pouvre homme; quar sa femme qu'il a diffamée n'aura plus de honte, pource qu'elle sceit bien aue tout chacun le sceit , et ne fera plus compte de riens. Et d'aventure la mère , les commères , les cousines, les voisines, dont en y a aucunes qui n'avoient rien sçeu de la besongne, seront dorénavant bien de la femme-, et luy aideront à faire ses besongnes, aussi comme elles lui ont aidé à embrider son mari , pource qu'il estoit trop fort en gueulle '. Et le gallant fef^ aussi d'autre part tant de services, et faire des pastez et des tartes qu'il mengeront ensembles ; et paiera tout le bon homme , et jamès n'en orra •* parler, par les bons moiens que les commères y mectront : car il ne creroit jamès que elles consentissent telles besongnes, et ne se doubtera plus de riens. Le sien se gastera à soustenir les fatras. La chamberiere, qui sceit bien toute la besongne et qui a bien travaillé à faire la pai.x , sera aussi grant dame comme la mestresse , et se fera d'aultre part visiter, et sa mestresse lui aidera, car il fault faire courtoisie à qui la faict. Or est-il envelopé en la nasse; et face tout quant qu'il youldra , car quelque chiere

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