LA 9IFFLAMTE S ET L* ASPIRÉE E
Nous arrivons enfin à la dernière classe, formée par la sifflante S et Taspirée H. La sifflante se prononce généralement fort dure et fort brève; parfois, néanmoins, surtout dans le Moyen-Pérou, elle prend le son shuintant et se prononce comme le en anglais, son allemand : simi, la bouche, se prononce, shimi; sisi, la fourmi, shishi; SAKAPA, la clochette, shakapa.
Sous le rapport étymologique, elle correspond aux sifflantes ordinaires des langues ariennes s et s' et
(1) Tschadi, Sprachlehre, p. 35.
(S) Bopp, Gr. comp.y 1. 1. p. 53 et suiy.
(X\ Vaîp naoA Ift
(3) Voir page 48
au ç du sanscrit, même lorsque cette lettre est ramoU lissement d'une gutturale :
Aspi, part, portion, Aç, percer, piquer.
AsTAifi, déplacer un objet, St'â, se tenir en place.
Ayssani, traîner, attachisr, is', tirer, amener.
Kasa, épine, Kas', percer, heurter.
Kespi, cristal, verre, Kaç, briller, vibrer,
La mutation en s du son shuintant s^ n'a rien qui doive surprendre : elle est presque de rigueur en zend, où Ton trouve :
iSTA, pour
isH^a, terminaison des superlatifs.
ASTA, huit, l>
as*t'a.
KARSTA, labouré, »
KrsVA(l).
Un autre équivalent usuel de la sifflante est la semivoyelle R : ainsi, dans certains dialectes grecs, dans le laconien, par exemple (2) :
Eittyùifftnpy pour i'Ktyt\â(mç9
TÎp, » xiç.
Du sanscrit au latin on trouve (3) :
ké's'am, quorum, pour quosum.
STÂM, ERAM, pour ESAM.
Et du sanscrit à l'arménien (4) :
AS (védique), il était, êr.
A8IS, tu étais, ÊiR.
(i) Bopp, Gr, eomp., 1. 1, p. 65.
(9) Ahrens, De dialectU, t. II, p. 71 et soir.
(3) Bopp, Gr. comp,^ 1. 1, p. 65.
(4) Id., p. 405.
L'on rencontre, en quicbua, des exemples de la même mutation, assez peu nombreux toutefois pour que je n'ose ériger en règle cette observation.
L'aspirée, en quiebua, se prononce de diverses manières, tantôt douce et faible, comme TH muette du français dans homme; tantôt rude et forte, comme le ch allemand , ou comme le X grec. C'est là ce qui explique pourquoi j cbez les premiers auteurs espagnols, certains mots écrits aujourd'hui par une H commencent par un G. Sous le rapport étymologique, elle correspond à un certain nombre de lettres des autres langues ariennes, à l'aspirée d'abord :
HAYTANi, Je frappe, iiÊtS battre, donner des coups de poing. HiNCHANi, Je frappe, hinsS frapper, battre.
La syllabe hu remplace, comme nous l'avons déjà vu^ le V aryaque (1), et répond de plus au G ou au R sanscrit : .
EuANu, excrément, Gû, faire des excréments.
La lettre H seule remplace également les gutturales ariennes :
HoRCONi, tirer, attirer, Kriç, attirer, soulever.
Hacha, arbre, Gag'c^a (2).
Quelquefois, elle n'est qu'une aspiration complémentaire, dont on ne tient nui compte dans l'étymologie, ni
(1) Voir plus haat, p. 57.
(S) Voir plus haut, p. 48.
même dans Torthographe. Les Péruviens, en effet, écri' vent indifféremment :
HUICHAT
UICRAT.
UUILLA
et
UILLA.
HUINCHA
et
UINCHA.
Ce qui rend légitime les dérivations suivantes :
HADKAT, aisance, pour aukat, de ôka, ug^
HiNA, certes, pour ina, de êna.
HiNKiNi, marcher, pour inkini, de inc^
Souvent, enSn, il a«*rive que l'aspirée quiebua remplace une sifflante sanscrite :
Qnichna. Sanscrit. Irlandais.
HUAHUA, fils, génération, su, engendre, sunus, fils, hua.
Toutes ces dérivations trouvent leur équivalent dans les langues ariennes. L'aspirée sanscrite se durcit en gutturale dans le latin, le gothique et le grec :
Sanscrit. Grec.
HANSA, oie, x^v»
RiMAM , neige , x'^f^'t LÊHMi, Je lèche, >cix« f Vahàmi, Je porte, tx»^ oxoc ,
Elle se supprime entièrement :
GoUiîqne. I^tin.
BANSA, oie, anser.
Ou bien elle tient la place de la sifflante S :
Sanscrit. Grec. Irlandais.
SOinis, fils. vîoc. ""A*
AUemand.
Latin.
gans.
hiems
lingo.
veho.