‹ Les races aryennes du PérouChapitre 53 sur 58 · SELON HERRERA · texte numérisé non relu

SELON HERRERA

Herrera, comme Montesinos, invoque à plusieurs reprises les légendes indigènes, les chants des Indiens ^ comme fondement des informations qu'il transcrit. Gel auteur, reconnu jusqu'ici comme le plus grave et le plus complet des historiens de choses américaines , s'accorde en tout avec Montesinos par rapport aux temps primitifs, fait dont, je ne sais pourquoi, personne n'a voulu s'apercevoir jusqu'ici. On a taxé l'un d'imposture et l'on a rehaussé le mérite de l'autre, bien que les deux soient en parfait accord. La seule différence qu'il y ait entre eux, c'est que l'un abrège, tandis que l'autre donne en détail le même fond traditionnel.

Herrera rapporte la tradition des quatre frères Pyr-Huas, et leur donne le même nom d'Ayars, racontant les mêmes rivalités et les mêmes assassinats. Il identifie le Ayar-Manko de Montesinos avec le Manko Kapak mystique qu'on prend pour le premier des Incas, et s'accorde (comme Gomara, Zarate, Cieza de Léon et Acosta) à placer une époque indéfinie d'anarchie à l'origine de la dynastie des Incas. La série, pour lui comme pour ces auteurs, commence au poème d'Inka Rokka, et non par des personnages historiques, comme ceux que Garcilazo a découpés aux ciseaux sur les textes de ses devanciers (2).

[. Manko Kapak, appelé aussi Ayar-Mamko.

II. SiNcui Rokka. Comme Garcilazo, Montesinos et Acosta mettent ici Inka Rokka et Sinchi Rokka au sixième rang.

III. Llor-Iupa-Anaki, selon Herrera, fut surnommé Iabuar-Huakkak , car, ayant été fait prisonnier, il pleura du sang; c'est l'histoire du ill* Pyr-Hua de la liste de Montesinos.

IV. Mayta Kapak. Herrera prétend que cet Inka fut appelé Vira Cocha , et en cela il s'accorde avec Acosta, qui met aussi Viracocha à la quatrième place des Incas, tandis que Garcilazo le met à la huitième et Monte-

(1) Df^cad. V, lib. III, du chap. VI au XVI.

(Sj Herrera, loc. cit.^ Gomara et Acosta, lib. VI, cap. XIX et XX.

ÛKW A k leplitaw. Herrari donna pocrCHM ^ mumb di;-ll|jU Kipak rapparilkin de Pyr-Hna Vimcoeba, le n* XXXII nr-lei Salua, 4a Mimtesinoa (1). HonietinoB met an n* XC tu Kaptk Hif ta, maanuaé Puba Kntek, qni répond an Pacfaa-Knlek d» Herten, aeos taqwl m prodvîùnni les désordres et transformations (|û élevèreM fc 1'— |(Bq laft* Roces. Ainsi, la diTergenee eqrittle qni sépara MontMios- de Herrera, d'Acotia et de Garcilaxo, c'est qu'il met tontes eea ré<rri»tiaw dans le moyen Age qni précéda l'aiénement du ^«miar dealnew, t»^ qne ces auteurs s'accordent k les placer dans te temps des Iwiri ftnilrii, eomme on va le Toir. En loal cas, la verùon de MonlesinM nooe pantt la pins vraisemblable : la dissolution sociale a dft ùgnaler la déc»leMe des vieilles dynasties, plnlAt qu'interrompre le déwloniemeat vigoami de la nooTelle.

V. fUpAK Iupa-Akâii, samommë Pàgb* Kuth. HonTcaa désaccord anc Gardlazo. 11 met A cette place nn'Kqtak-JnpanqBi diffireat de Kapak Inpa-Anaki Pacha Kntek, anqnel il assigne la neaviAme plaça parmi les Incas. Noos derons cependant remarquer qne lesdenxantesn font de Viracocha et de Paehakutek le pire et le fils, tandis qn'Aeosta et Hontesinos donnent ces deux noms A un senl et même piinoe. GarcUaia arooe A demi cette dernière circonstance; il conTient qne le somea de Pachakniek rerensii de droit AViracocha, mai* prétend qne cetai-«f y renonça pour le transrérer à son fils. Herrara s'actorde «vee AoMlt quM A la place correspondante dans la série, et en diffère qoant A IHtaMilé de la personne qni portait les denx inrnoms. Hontesinos est d'acMrd arecAcosU, faisant un seul loea de Hnira Kochs et Pachakniek, n^ «I diRère qnant A la place, le mettant an n* VII. II. est vrai qu'il compta Injça-Rocca comme le premier de la série , et qu'alors la divergence est nulle.

VI. iNGAREQUE (Inka-Rosia), doDl le nom était aussi Topa Iupa-Anah, selon d'autres, dit Herrera, en quoi il s'accorde avec Acosta quant au second nom; quant au premier il en difTftrc, car Acosta fait Inga-Rocca le premier de sa liste (après Manco) comme Hontesinos, et ne parle pas deSinchi Rocca. Gardlazo met Inga-Rocca à la VI° place comme Herrera, mais ne lui donne pas le nom de Topa lupanqui, qu'il réserve pour son successeur.

Vil. Inga Iupanqui. Grands désordres : l'Inca est tué d'un coup de massue dans le temple. Herrera est le seul qui parle de celte histoire ; elle résulte ccpendaui de la narration de Garcilazo et de Hontesinos sur l'origine et les commencements de Uira-Kocha, qui monte au trAne grftce aux désordres et à la déposition de son père.

VIII. ViHACocHA (comme le IVJ. Acosta met toute cette histoire de

lli SoD Doin iuil SincM. — *put-ki, V un gtniiif; ici la tradilloa s'tcconl« bicc parce qu'il ritablit le culte des ancieuB.

guerre politique et de désordres au chef de Vira-Kocha Pachakulek, le quatrième de sa liste. Herrera dit que Tlnca étant mort dans la rébellion des nobles, la nation voulut se déclarer en république et se faire gouverner par un Sénat d*Anciens ; mais qu*une femme , par une singulière sorcellerie, arriva à faire nommer Inca Viracocba (1). Qu'était ce Viracocha avant son élection? Herrera prétend que ce n'était pas un fils de rinca, sans nous dire son origine, et se contente d'ajouter qu^il se mit à la tète d'un des partis qui se faisaient la guerre, qu'il obtint le triomphe définitif, agrandit la gloire de l'empire et arriva à la puissance la plus étendue sur le continent. Montesinos en diffère complètement sous ce rapport : il fait de Huira Cocha un Inka glorieux et très-puissant, fils légitime de Maytu-Iupa-Anaki, surnommé lahuar Huakkak, à cause de son mal d'yeux. Le prince étant jeune, continue Herrera, se laissa dominer par de mauvaises inclinations qui le firent tomber dans des vices honteux : il était méprisé et poursuivi par les Àjnautas, qui obligèrent son père à l'exiler. Dans cet exil il eut la vision du Pyr-Hua Viracocha l'Ancien (de la série Pyr-Hua) qui lui ordonna de rétablir son culte. Ni le roi ni les Amautas ne donnèrent crédit à son histoire; mais une invasion des tribus étrangères étant survenue, le vieux monarque s'enfuit avec sa cour de Cuzco , abandonnant les provinces les plus riches. Il se peut que cette invasion ait été une insurrection. Le prince, resté à Cuzco, leva un parti enthousiaste et fanatique ; il triompha , et son père abdiqua en sa faveur. Son règne fut glorieux, et l'empire s'étendit depuis Bogota jusqu'au Chili et au Tuccuman.

De la comparaison des historiens il résulte que l'Inca Viracocha surgit au milieu d'un désordre profond bien constaté. Son nom et la restauration qu'il fit de l'ancien culte des Pyr-Huas font supposer une révolution sociale et religieuse qui ne s'accorderait point avec les successions chronologiques de père à fils dans une même dynastie. Au reste , il est impossible de concilier tous les témoignages relatifs à la série des Incas lupanquis , tant les chroniqueurs ont confondu les traditions. Je préfère suivre Montesinos, pour des raisons concluantes que je donnerai dans mon histoire des Incas.

IX. Urko. Les désordres se continuèrent après Viracocha. Herrera nous dit que cet Inca avait deux fils : Urko et lupa-Anaki. Le premier était atrabilaire, insensé, et avait l'habitude de s'enivrer; il commit des crimes épouvantables et viola même les vestales. Le second était brave et grand politique. Viracocha le père hésita longtemps entre l'aîné et le cadet et finit par choisir le second ; mais les nobles ne consentirent pas à cette dérogation de la coutume , et l'Inca , fatigué de sa longue carrière, abdiqua en faveur de Urko (le mâle ou plutôt le légitime). Ce nom fait supposer que lupa-Anaki était le fils de quelque concubine. Au

(1) C'est l'histoire de Marna Giboca dans Montesinos.

- 4ie - »

être d'Herfera, Uito !iit si méprisabld que les dttiMs si poimes lie li reeomiaisasoi pas oomme Iliea.

Le Mra, Ittpi-Aiiaki, Topmt que les ÀOWfsrs sVt&çideiil I k e^^ de Cnsco, et qie ni Urko^ ni le vieex Vôtood», n'éleient eifidiiesde pré|Mtrer le défense* se nul à le télé des méeontents et prit les inai|^ dlnea. Selon Herrert, Ttréoenienl de Inpinàntf reprodindl dans Iditts ses détails ra?énenient de Viraeodia ; e*est probablement nne emnr de la MdiUon qai sépare en d^ur wi f^ el même peHmmagê.

TL Inea Ii»A*àMAii t rnsorpstear dont en vioit de pailer. Se setttam trop Tîenx ponr eontinner la goerre contre les CSollas, il abdiqna aaasî en fitenr de son fils.

XI. Topa Iria Iofa-âmaki. Grand oonqnérant et grand polltiqae. Ses eenqnéies du Chili et du Tvecnman yers le snd, de f^ito et Begelf tM le nord* sont des é?én«nents identifnes à cens qoe HontesIsaB allribae à Titn Kapak Inpa-Ànaki, snrnooimé Vira-Godia.

Il fîit le père de Hoayna Kapak » en quoi Herrera s^aeéttrde aree Ums les antres historiens.

XII. Huaihacata on HuAtiiA*KAFAK, père dé Hna-Aehka-V^tfi et d*Ata-HvaUpa.

4* SELON AOOSTA.

I. ÂGosTA commence la série des Inoas par Inga Roeca, e^me Mon-

tesinos. Il est vrai qu*il donne Manko Kapak comme sonche de la fitmilte, mais il le place à une telle distance qu*il en fait un Adam péruvien plutôt qu'un roi dynastique (1). Au fond, il fait sortir les Incas, comme Montesinos , d'un état anarchique de barbarie qui aurait succédé à une première civilisation qui se serait éteinte laissant partout sa trace dans des monuments merveilleux d*architecture et dans les traditions des tribus; il reporte bien avant les Incas raniiquité de ces grandes constructions (2).

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