‹ Les races aryennes du PérouChapitre 8 sur 58 · CORNU · texte numérisé non relu

CORNU

HAURN.

Toutes les mutations du g aryaque contre ses divers équivalents quichuas peuvent donc se justifier par des exemples tirés des langues ariennes. L*absence de Tarticulalion g, dans le péruvien, peut même être considérée comme une preuve de la haute antiquité de cet idiome. Le quichua se sépara des dialectes aryaques congénères à une époque où les distinctions établies plus tard entre les diverses classes de gutturales n'existaient pas encore d'une manière nette et précise. Le son flottait indécis entre le K et le G, entre le K* et le G'. Isolé de sa souche primitive, le dialecte arien de l'Amérique a fixé la valeur et a choisi définitivement le K, rempla-

(!) Bopp, Gr. comp., 1. 1, p. 145 et suiv.

çant par des à peu près la ténue dont il se privait volontairement et dont les autres langues ariennes nées à une époque plus avancée ont dès lors reconnu Texistence(l).

DENTALES.

La troisième classe comprend, outre les dentales T et Ts la nasale habituelle N. Le T se prononce comme le T de toutes les langues européennes, le T^ comme le TH doux des Anglais dans the, thus, that, ou comme le grec dans Givaro^ La nasale N est fort rare au commencement des mots, et se trouve presque partout supplantée par la nasale gutturale N.

Sous le rapport étymologique, le T quichua correspond le plus souvent au T sanscrit, et Taspirée T^ à Tas* pirée sanscrite de même nature.

Qnichna. Sanscrit. Grec

TuPANi, écraser, râper, limer^ Tup, frapper, TUTrrtiv.

TuTA, nuit, ToTT*, couvrir, cacher.

TiLLA, indomptable, féroce, Tu' et Tig, attaquer, percer. TiKTi, verrue, bouton, Tu', piquer.

Tayta, père, » t«t«.

Tapa, splendeur, éclat, Tap, être chaud, brûler. Latin^ tepere,

être tiède.

La classe des cérébrales sanscrites a, de même, pour équivalent, en quichua, les deux dentales T et T^ :

Katini, je suis, KaI, aller, marcher.

Kutani, je mous, Kuf, diviser, broyer, briser.

(1) Pour rincertitade du sou guttaral dans la langue aryaque, Yoir M. Mûiler, Se. du langage, 2« série, t. I, p. 958 et suiv.

K'kAiTA, fil, corde, J^aI, entrelacer, entortiller.

iNTu-Niy je tourne, H, aller, se mouvoir.

Le même phénomène se produit d'ailleurs dans toutes les autres langues indo-européennes; car, ainsi que nous l'avons déjà dit, cette classe de lettres ne s'est développée qu'après la séparation définitive du sanscrit et des autres idiomes ariens.

L'absence dans la langue péruvienne de la série des moyennes de la classe des dentales et des cérébrales est cause que les lettres aryaques D et D^ ont presque toujours pour remplaçant un T ou un T^ quichua. L'on ne s'étonnera donc pas de trouver comme équivalents :

Qaichua. Sanscrit.

Ati, mauvais augure. Ad'i, inquiétude, calamité qui menace.

K'KATAMi. entourer, couvrir, c^ad, couvrir, faire ombre.

Le même fait se produit d'ailleurs régulièrement, et suivant des lois presque immuables, dans les idiomes ariens qui, cependant, possèdent la dentale et son aspirée. Le gothique, par exemple, substitue souvent au D aryaque le son plus énergique T, de même qu'au G le son K. L'on a donc du sanscrit au gothique (1) :

Sanscrit.

Gothique.

Dvô*, deux,

et

TVAI.

AçRU pour DARRU, larmc,

et

^ TAGR.

ÀDMi, je mange,

et

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