‹ Les races chevalines française et anglaisesChapitre 11 sur 90 · Pompadour possède 13 poulinières arabes pures · texte numérisé non relu

Pompadour possède 13 poulinières arabes pures

quelques éleveurs spécialistes sont les producteurs étalonniers de l'arabe pur, et parmi lesquels il convient de citer : MM. MichelAzaïs (Tarn), Bapt (Haute-Vienne), A. de Fournas (Aude), Plantade (Lot-et-Garonne), Sempé (Haute-Garonne), Cazenave (Basses-Pyrénées), Carmentron (Gironde), Fourcade (Hautes-Pyrénées), Labbés (Landes), etc.

Nous avons dit que cette production était peu importante. En efFet, en 1910, 120 poulinières arabes seulement ont eu des produits avec les étalons arabes, produits que l'éleveur étalonnier se propose de vendre à l'État, lequel, l'an dernier (1910), n'en a acheté que trois. Il les paye généralement entre 6 et 7.000 francs.

Ces étalons indigènes, tout médiocres qu'ils soient si on les compare au fameux Emzr d'Abdel-Kader, valent bien ceux que les missions officielles, toujours trop peu munies d'argent, vont parfois acheter en Orient.

Le défaut des éleveurs français est de vouloir faire trop grand. Un bon étalon arabe doit être petit (1 m. 50 environ), râblé, bien roulé.

très bien membre, extrêmement noble et élégant. Avec ce type comme reproducteur, s'il raccourcit les lignes et les allures, au moins ne découd-il pas le modèle.

Un retour au sang arabe est toujours indiqué toutes les fois que l'infusion successive et trop prolongée du sang anglais raréfie dans la race le sang oriental, en allongeant et en enlevant, en affinant par trop la silhouette. L'aspect d'harmonicité, de beauté chevaline classique et rationnelle se retrouve surtout chez certaines poulinières arabes tout à fait admirables.

On ne réserve à la race pure arabe que de fort minces encouragements en course, dans le Midi (une vingtaine de mille francs). Les gens réfléchis assurent qu'on n'a pas tort, car l'arabe, s'il était sélectionné par les seules courses, prendrait tous les défauts de l'anglais, en perdant ses qualités propres de rusticité et d'équilibre parfait entre ses systèmes nerveux et sanguin.

Le galop de l'arabe pur est bref, et sa vitesse moyenne en course n'atteint guère que 1,30 au kilomètre, c'est-à-dire la vitesse au trot d'un

Eschijne^ pur sang arabe importé étalon des Remontes militaires algériennes.

Collavo, pur sang arabe (importé) (Haras nationaux).

Gourbi, pur sang arabe indigène, par Kadi Keni.

très bon trotteur cVhippodrome. Ce seul chiffre fera comprendre la raison principale pour laquelle l'arabe pur ne peut et ne doit pas être l'unique améliorateur de nos races modernes de selle. L'endurance ne suffit pas. Il faut en plus la vitesse et une certaine taille.

Depuis 1900, une fois seulement un arabe pur se classa en tête du lot des pur sang anglo-arabes qui lui étaient opposés, tandis que quelques demi-sang arrivaient presque toujours à se placer.

Houël avait-il raison d'écrire, il y a bien longtemps déjà, que si les types orientaux importés en France eussent été employés à former dans la plaine de Tarbes une race pure, développée par des courses spéciales, le Sud- Ouest eût été une véritable succursale de l'Arabie, maintenant bien démunie elle-même de beaux reproducteurs ? Ajoutons que le Sud-Ouest eût été surtout une succursale de l'Angleterre.

Quoi qu'il en soit, et bien que les reproducteurs arabes soient en nombre infime (2,98 de l'effectif de pur sang, lequel n'est que le 15^ de l'effectif total des étalons), on a pu voir dans le tableau, au chap. ni, que 102 étalons arabes

avaient sailli 3.054 juments, dont la plus grande partie dans le but de produire des anglo-arabes soit purs, soit de demi-sang.

Ainsi l'étude de l'arabe pur nous a amenés à celle du produit de son croisement avec le pur sang anglais, c'est-à-dire à celle du pur sang anglo-arabe.

Page 1