‹ Les races chevalines française et anglaisesChapitre 14 sur 90 · L ANGLO-ARABE DANS LE LIMOUSIN · texte numérisé non relu

L ANGLO-ARABE DANS LE LIMOUSIN

Langlo-arabe limousin mérite une mention spéciale, en raison de ses qualités beaucoup plus que de sa quantité.

La rigueur des hivers du Plateau central qui

sévissent sur la Haute-Vienne, la Creuse et la Corrèze, la nature du sol imperméable mais fortement arrosé, l'humidité d'un climat pluvieux, font des chevaux de cette région des animaux d'une rusticité exceptionnelle.

A travers l'histoire, le barbe et l'oriental ont, au début, améhoré la jumenterie indigène probablement extrêmement pauvre et commune.

Puis vinrent les frisons, les hollandais, les danois. Turenne, enfin, gouverneur de la province, y importa de nombreux arabes. En 1763, le Haras — jumenterie de Pompadour fut créé, le seul qui subsiste encore en France, on ne sait pas trop pourquoi.

L'Empire apprécia les qualités des Remontes limousines, mais il ruina le pays par ses réquisitions. Napoléon P"" ne montait guère que des limousins. Il restaura l'élevage sur la base arabe. Du xix^ siècle date l'introduction abusive du pur sang anglais ; mais on peut dire, comme pour le Sud-Ouest, que l'abus du sang anglais fit probablement moins de mal que n*en aurait causé son absence complète. Actuellement, le pur sang anglo-arabe régularise l'apport anglais et oriental.

Le bon cheval limousin moderne est, en effet, un anglo-arabe dont la mère est confirmée dans l'indigénat et dont les produits sont plus forts, plus compacts, plus facilement grands avec moins de disharmonie que ses frères du Sud-Ouest. Mais il est souvent moins distingué, tout en ayant les mêmes aptitudes et autant de qualité.

Le Limousin plébéien actuel peut être ainsi décrit : 1 m. 50 à 1 m. 56, dos parfait, bien corsage, du garrot, de l'épaule, bien que celleci souvent puisse être plus couchée, des membres trempés et forts relativement à sa taille, bons pieds, croupe souvent courte, encolure brève un peu forte, tête plus chargée que celle de l'anglo-arabe du Sud-Ouest, œil grand et expressif — animal trempé, résistant, endurant, doué 'de bonnes allures, excellent troupier, cheval de chasse hors ligne, mais médiocre quand il est trop grand, sauf dans quelques élevages rares où il est soigné et nourri ; alors il prend de l'os, du volume, beaucoup de brillant et une grande noblesse. Une cinquantaine de poulains de ce dernier genre naissent tous les ans et sont achetés très cher par le

commerce de luxe qui les apprécie de plus en plus, puis par la Remonte comme chevaux de tête. Certaines familles limousines anglo-arabes ont dans leur pedigree quelques poulinières normandes dont l'influence se fait sentir, quant au maintien d'une taille supérieure à la moyenne.

Comme partout, l'élevage en Limousin a soufl*ert delà crise; il comptait 4.228 poulinières en 1904, il n'en compte plus que 3.171 ; ce qui donne environ 1.902 naissances dont 982 seulement anglo-arabes. Le reste est issu d'anglonormands dont les produits, avec parfois une certaine dose d'anglo-arabe, ne manquent point de qualité ni même de modèle. Ils sont cependant peu prisés par les Remontes militaires. Celles-ci n'achètent guère que 300 à 350 chevaux provenant de la Haute-Vienne et de la Creuse et 40 à 50 de la Corrèze. La Haute- Vienne, où certains élevages sont très soignés, fournit une trentaine de chevaux de tête, pourcentage très honorable.

Les meilleurs centres sont le Dorât, berceau de la race en Haute- Vienne, et la Souterraine en Corrèze.

Ajoutons que comme dans le Sud-Ouest, d'ail-

leurs, le Limousin est « condamné » à ne faire que du cheval de selle — tant qu'il fera du cheval, — car, ainsi que le fait remarquer le commandant Balay dans le Bulletin du cheval de guerre : a Le cheval cultural crèverait là où le limousin prospère. »

Principaux éleveurs : MM. de Neuville, à Vicq (Haute-Vienne) ; baron de Nexon, à Nexon (Haute-Vienne); Dumont Saint-Priest, à Limoges ; Bapt, Desgranges, au Dorât ; de Caussans, à Evaux (Creuse) ; Vendeuil (Haute-Vienne) ; de Bellabre (Haute- Vienne) ; Rousseau, à la Souterraine (Creuse).

Citons, à Limoges, l'école de dressage, établissement très sérieux, ayant beaucoup de succès en concours.

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