L ANGLO-ARABE DANS LA VIENNE
Dans la Vienne, qui avoisine le Limousin, les Remontes ne trouvent guère à acheter qu'une centaine de chevaux dont une partie, angloarabe, est la meilleure. Ce chiffre n'indique pas
une grande production ni un très bon élevage de chevaux de qualité dans une population chevaline de 32.760 têtes. On n'y compte d'ailleurs qu'un millier de poulinières à peine, dont 300 environ sont saillies par les traits. Mais la Vienne élève aussi des poulains achetés dans les départements limitrophes. Les meilleurs centres d'élevage se trouvent dans les cantons de la Trimouille, Montmorillon, Saint-Savin, Lusignan.
l'anglo-arabe des charentes.
Vers 1890, M. Hornez, alors directeur du dépôt d'étalons de Pau, engagea les éleveurs de l'ouest de la France à venir acheter des poulains de six mois dans la région pyrénéenne. M. Hornez vo^^ait avec crainte les producteurs d'étalons de cette région hypnotisés par les gains d'hippodrome, songer surtout à produire des animaux pouvant gagner des courses En effet, les allocations pour anglo-arabes ayant beaucoup augmenté, les anglo-arabes performers, plus nombreux, ont parfois manqué de substance tout en prenant plus de nervosité. Si la Vendée et
les Charentes (c'est là la thèse des Haras) ne fournissaient pas annuellement un stock d'étalons ayant un peu de poids, tout en ayant une origine excellente, les stations de monte du Sud- Ouest se dépeupleraient, les bon éleveurs de juments recherchant toujours le modèle compact chez le mâle. Dans les Charentes, assurent les Haras, les chevaux sont mieux élevés, sur de meilleurs herbages que dans le Sud- Ouest i ils arrivent à avoir plus d'os et de poids et donnent naissance à des animaux moins allégés que ceux obtenus par les performers.
A notre avis, ce que ces déracinés gagnent en poids, ils le perdent souvent en qualité et même en modèle. Ce sont, en effet, des anglo-arabes grossis, et, quand ils sont en condition de concours, « soufflés ». Il s'en trouve cependant de très bons, tant est puissante la force de l'hérédité anglo-arabe. Mais pourquoi, si les courses affinent l'espèce, ne double-t-on pas ces luttes d'hippodrome par des concours épreuves de résistance destinés à éliminer les sujets — performers d'autre part — mais manquant trop d'importance. Ce serait d'ailleurs
un excellent moyen de lutter contre le truquage K..
Cet élevage est pratiqué par quelques éleveurs étalonniers fort avisés, parmi lesquels MM. Renault dans les Deux-Sèvres, Pignon et Pasquier dans la Charente- Inférieure, etc. Ces éleveurs achètent déjeunes poulains de honne qualité dans les meilleurs centres pyrénéens et les font se développer dans de nourrissants pâturages jusqu'au moment de les présenter aux Haras ou ensuite — pour ceux qui ne sont pas achetés — aux remontes militaires.
Au Concours central des reproducteurs de 1911, sur 115 animaux de sang anglo-arabe, on comptait 30 animaux élevés en Charentes ; aux achats d'étalons de Toulouse, sur 39 étalons anglo-arabes achetés par l'Etat, 7 provenaient aussi des Charentes...
Mais les circonscriptions de Saintes et de la Roche, si elles élèvent un certain nombre d anglo-arabes, en font naître très peu : en 1910, seulement 34.
1. Depuis 1912, des Concours épreuves destines à mettre en valeur les aptitudes indispensables ù un étalon de selle, précèdent les achats annuels des Haras.
Centres de production groupés par circonscriptions de Remontes.
Il ne peut être ici parlé en détail des différentes régions d'élevage méridional ; nous jetterons cependant un rapide coup d'œil sur cette production en suivant les circonscriptions des divers dépôts de Remonte. Nous aurons ainsi une vue d'ensemble suffisante pour renseigner les étrangers au Sud-Ouest.
Dépôt de Remontes de Tarbes.
Dans les Basses-Pyrénées, on fait naître et on élève beaucoup de légère bien bâtis, fort appréciés, quelques dragons également d'attelage de luxe et de service. Les meilleurs centres se trouvent autour de Bidache, Saint-Palais, Orthez, Pau, Oloron.
Dans les Hautes-Pyrénées, on n'élève que ce qu'on n'a pas pu vendre au sevrage. Le type reste, dans ce cas, plutôt léger. Les meilleurs centres sont autour de Tarbes, à Maubourguet, Lannemezan, Bagnères, Argelès.
Dans le Gers, on élève beaucoup, mais on
fait peu naître. Les sujets importés prennent du squelette et assez d'ampleur. On y trouve des chevaux de tête, de très bons légère, de bons dragons, de très bons chevaux d'attelage de luxe et de service, des poneys renommés.
Dans la Haute-Garonne, dont la moitié est au dépôt de Tarbes, l'autre à celui d'Agen, on fait naître et on élève de bons légère, quelques dragons, spécialement dans les cantons Montre] eau, Saint-Gaudens, Saint-Martory, Toulouse.
Dans VAriège, production restreinte, mais sujets très résistants (Saint-Girons).
Dépôt de Remonte d'Agen.
Dans le Lot-et-Garonne, et spécialement dans le Tarn-et-Garonne, autour de Beaumont, de Lomagne, Castelsarrasin, Marmande, beaucoup de chevaux de la région pyrénéenne viennent prendre delà taille, de l'os, de l'ampleur. On y trouve de très bons sujets de tète et de concours, des chevaux excellents à deux fins, des chevaux de tête dans VAiide, dans l'élevage particulier de M. de Fournas (Carcassonne), etc..
LE DEMI-SANG ANGLO-ARAliE 81
Dépôt de Giicret.
Excellent élevage, mais restreint et disséminé.
Dans la Hauie-Vienne, des chevaux de tète légère et dragons et à deux fins de luxe et de service, à Limoges, au Dorât.
Dans la Creuse, types légère et petit dragon, très bon élevage à la Souterraine, Grand-Boury, Evaux...
Dépôt de Mérignac.
Les Landes (pays en partie naisseur, en partie éleveur de poulains provenant des Basses- Pyrénées) fournissent de bons chevaux de service, de bons troupiers, assez larges ; on n'y trouve cependant que quelques dragons. Le meilleur centre autour de Mont-de-Marsan ; autour de Dax, élevage de poneys landais (1 m. 10 àlm. 30)
Dordogne^ dans l'arrondissement de Bergerac, bon petit centre d'élevage.
Gironde, à Lesparre, médocains de toute origine (anglo-arabes et normands du Haras de Libourne), ordinaires mais résistants, très bons quand ils ont le modèle selle. A Langon, élevage en décadence.
Dépôt de Remonte de Saint-Jean-dAngély.
Dans celte région, en dehors de la zone du Sud-Ouest, on élève aux environs de Rochefort {Charente-Inférieure) des anglo-arabes importés qui prennent de la taille et delà masse. On en trouve aussi quelques-unes en Charente, et davantage dans la Vienne , surtout en sa partie qui se rapproche du Plateau central (la Trimouille, Saint-Savin, Lusignan, Montmorillon).
Dépôt de Remonte dAurillac.
Dans le Lot, anglo-arabes faisant de très bons chevaux de légère, quelques dragons, de bons attelages de service ; poulains nés et élevés dans le pays, région de Figeac, Gramat, Livernon, la Capelle...
Dans le Cantal, des anglo-arabes nés et élevés dans la région d'Aurillac, excellents dragons, quelques légère, quelques hgne, quelques artilleurs, de bons attelages de service.
Le Puy-de-Dôme, dans sa partie nord-ouest, présente un élevage très sérieux. Les poulains sont vendus à 6 mois à la suite du concours de Pontaumer (Puy-de-Dôme) et exportés dans
les Deux-Sèvres. Les quelques légère, dragons et artilleurs restants sont achetés par les Remontes.
Dans YAveijron^ les cantons de Rodez, Montbazens, Laguiole, font naître et élèvent quelques chevaux du type dragons et légère.
En Corrèze, les environs de Pompadour et de Rrive, quelques types légère et dragons.
Les concours de chevaux de selle de l'Administration des Haras ont lieu à Mont-de-Marsan, à Tarbes, à Agen, à Limoges, aux dates qui sont indiquées tous les ans dans les journaux spéciaux.
Quant ^ux foires, elles sont très nombreuses, mais on n'y trouve point de chevaux de qualité. Quelques très rares marchands à Bordeaux, à Toulouse, à Auch, à Ribérac, à Agen, etc., ou parfois dans leurs écuries quelques chevaux convenables mais très jeunes.
Seules, les écoles de dressage de Lesparre, de Bordeaux (Barailhé), de Limoges, de Toulouse (Ecurie coopérative), M. Larregain à Pau, sont capables de présenter ou de procurer à Famateur quelques chevaux d'âge.
C'est aux achats cVétalons de Toulouse en octobre, aux réunions de la Société du cheval de guerre à Pau et à Saumur, qu'on rencontre réunis et achetables de beaux échantillons de cette race pleine de qualité.
Productions comparées du Sud-Ouest en 1910 ^
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