‹ Les races chevalines française et anglaisesChapitre 40 sur 90 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

LE TRAIT BRETON

Origines. — Modèle, — Aptitudes. — Cantons de production. Débouchés. — Achats par les Haras, par les étrangers. — Prix. — Eleveurs; marchands. — Marchés. — Statistiques, importance de la production trait. — Statistique comparative des étalons nationaux.

Le cheval de trait breton moderne descend de l'heureuse intervention, vers 1840, d'étalons percherons sur des juments indigènes dégénérées, bien qu'assez osseuses, fortes, plutôt petites, mais ayant conservé un caractère atavique de rusticité qu'elles tenaient de l'ancêtre oriental, assure-t-on. On employa aussi comme améliorateur des ardennais et des boulonnais. Aujourd'hui, quand le trait breton est réussi, il se présente avec l'aspect d'un bon cheval trapu, à tête assez forte, à croupe avalée, à queue plantée bas, aux hanches larges, au dos souvent mou, à la poitrine descendue, aux membres de bonne qualité. Sa taille est moyenne, 1 m. 60 environ. Il est ou plus petit ou plus grand, selon

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qu'il est élevé à l'intérieur ou sur le littoral. Sa robe est grise le plus souvent, aubère ou rouanne, alezane, quelquefois noire pour plaire au goût inexplicable des Américains et des étrangers. On reproche avec raison aux éleveurs^ pour satisfaire ce goût, de pousser au gros, en préférant aux étalons indigènes d'énormes percherons noirs, ce qui mène infailliblement au lymphatisme une race rustique et sobre naturellement dans son format moyen.

M. Gast, dans une excellente brochure, Essai sur la Bretagne hippique, a publié une instructive carte delà production bretonne, où l'on voit que le trait se fait surtout au nord, au bord de la mer (en Finistère et dans les Côtes-du- Nord), dans les environs de Morlaix, les plus forts dans le pays de Lannion, les plus légers dans la région de Lamballe et de Plancoët et au sud de Guingamp, vers Bourbiac. En Ille-et- Vilaine et en Morbihan, où on fait aussi du trait, la race est moins belle dans son ensemble.

Les étalons trait sont achetés par l'Etat de

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3 à 3.500 fr., mais en assez petit nombre, car ils n'alimentent guère que les dépôts bretons.

Une certaine exportation de traits bretons s'est établie dans les mêmes pays qui rechercbent le type postier. L'Allemagne en enlève d'assez nombreux. Les bons traits bretons de travail se vendent de 1.000 à 1.400 fr. On les trouve aux foires citées à propos du postier, et encore à Lamballe, Lannion, Guingamp, Saint- Renan, Pleyber-Christ, Saint-Trégonnec et chez les éleveurs marchands, MM. Floch J.-B., Derrien, Charles, à Landiviziau ; Boucher-Kerbaul, à Landerneau ; Guillon, à Botshorel ; Guillaume Kerdilis, à Pleyber-Christ ; Kerdilis René, les frères Olivier, à Plouvorn, etc.

Environ 28.000 juments sont livrées aux étalons de trait (nationaux, 16.342 juments ; et aux étalons approuvés et autorisés, 11.914). Il faudrait y ajouter celles que l'étalon admis saillit de son côté, et il y a environ 1.306 étalons de ce genre en Bretagne.

Quant au degré d'influence des différentes races de trait sur la production bretonne, le tableau ci-dessous, qui n'envisage que les étalons

nationaux employés en Bretagne, le mettra en évidence :

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