‹ Les races chevalines française et anglaisesChapitre 42 sur 90 · LES PERCHERONS · texte numérisé non relu

LES PERCHERONS

tête carrée, relativement petite, aux yeux saillants, à la belle encolure, à l'épaule bien descendue, à la poitrine profonde, au dessus correct, à la croupe forte et pas trop abattue.

L'allure des moyens percherons est active et facile ; aussi sont-ils très appréciés pour tirer vivement des poids lourds.

On revient, tout dernièrement, au type postier classique (ce qui nous donnerait le petit percheron) depuis que Tartillerie a mis, avec raison semble-t-il, cette nouvelle formule à la mode.

Dès 1865, les Américains du Nord vinrent acheter des percherons très cher, « au poids, à la toise, à la robe noire ». Il y eut un moment d'arrêt dans les ventes qui ont repris depuis quelques années, bien que nos éleveurs paraissent vouloir revenir à un type moins monstrueux et plus conforme à la nature même de la race percheronne. Actuellement, les Américains enlèvent, par an, une moyenne de 1.400 chevaux dont 200 juments ; l'Argentine un peu moins, bien qu'elle tende, d'après le rapport récent de

M. d'Agnel de Bourbon, directeur du Dépôt de Compiègne, chargé de mission à Buenos-Ayres, à évincer les étalons anglais en leur faveur.

Les prix de ces étalons exportés varient entre 4.000 et 20.000 francs, et parfois atteignent 30.000 francs.

L'Etat paye ses étalons percherons une moyenne de 5 à 700 francs pour les sujets d'élite. Quant au percheron de commerce, à 4 ans, son prix moyen est de 1.200 francs, et jusqu'à 2.000 pour les animaux très réussis.

En France, le percheron est un des chevaux de trait le plus répandu dans l'usage courant ; la seule Compagnie des omnibus, en 1909, en détenait 13.000. Dans un an ou deux, elle n'en aura plus un seul. Les autobus les auront rendus inutiles.

Cependant, dans le seul Perche, environ 15.000 juments pures sont livrées à la reproduction, et il ne semble pas, pour le moment, que cette excellente formule de trait soit menacée par la traction mécanique.

Nos Haras nationaux entretiennent, sur un

LKS PERCHERONS

effectif total de 684 traits, 312 étalons percherons. Ils les répartissent un peu partout, sauf dans la circonscription de Gompiègne et dans tout le Sud-Ouest, bien entendu, où ne se trouve aucun étalon national de trait ; on sait, cependant, que partout un grand nombre d'étalons privés concourent au service de la monte.

En ne considérant les services que des seuls étalons nationaux, on se rendra compte de la prééminence du percheron dans l'élevage général, en comparant les chiffres suivants :

En 1910, ont sailli :

Les 312 percherons, 22.775juments ; Les 70 boulonnais, 5.249 ^ — Les 221 ardennais, 14.867 — Les 81 bretons, 6.634 —

En comptant les étalons admis (plus de 1.200)^ les autorisés, les approuvés et les nationaux, on peut assurer que 120.000 juments au moinssont annuellement saillies par les percherons.

1. On verra plus loin que les éleveurs boulonnais entretiennent un grand nombre d'étalons particuliers qui font une concurrence victorieuse, en tant que quantité de saillies, ù ceux de 1 Etat.

dans le seul Perche et les régions limitrophes.

Les foires principales se tiennent dans l'Orne, à Alençon, Noce, Bellème, Laigle, le Mesle-sur- Sarthe, Longny, Mortagne, Regmalard; dans l'Eure-et-Loir, à la Bazoche, Nogent-le-Rotrou, Courtalain, la Loupe, Chartres ; dans la Sarthe, à Mamers, Bonnétable, la Ferté-Bernard .

Des concours situés, organisés par la Société hippique percheronne, ont lieu alternativement à Nogent-le-Rotrou, Mortagne, la Ferté-Bernard, Mamers.

Des éleveurs se sont fait un nom célèbre dans les concours et les exportations, parmi lesquels nous citerons MM. Aveline, à Verrières (Orne) ; M. Chouanard, à Verrières (Orne) ; M. Perriot à Masle (Orne) ; M. Tacheau, à Saint-Martin-des- Monts(Sarthe), etc.

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