‹ Les races chevalines française et anglaisesChapitre 9 sur 90 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Le pur sang arabe à la base de toutes les races améliorées. — Situation de son élevage en France. — Son petit nombre et sa dissémination. — Statistique des étalons et poulinières; naissances annuelles. — Nombre de saillies diverses parles pur sang arabes. — L'influence de l'arabe pur dans la race du Sud-Ouest. — Court historique. — Les producteurs étalonniers. — Tendance à faire trop grand. — Les encouragements en cours. — Vitesse au galop. — Croisement de l'arabe avec l'anglais : l'anglo -arabe de pur sang.

Si nous commençons cette étude par la biographie de l'arabe, c'est que cet animal suranné, selon l'expression de « Sincère », est, comme reproducteur, le premier cheval du monde. {( Car le cheval arabe ne procède que de luimême ; il a été de tous temps le principe régénérateur des races chevalines. » Partout dans les pays civilisés, on le retrouve à la base de toutes les races améliorées ; le pur sang anglais lui-même, on le sait, n'est qu'un arabe modifié par les courses au galop, au cours de plusieurs générations.

En France, l'élevage du pur sang arabe n'est pas une industrie nationale ; ce n'est qu'un tout petit élevage, destiné à remplir une mission très particulière et restreint à une production disséminée dans la région pyrénéenne.

On y compte (1910) 126 étalons de pur sang arabe tant nationaux que privés, et 250 poulinières arabes dont 120 seulement ont eu en 1910 des produits arabes purs (environ 72 naissances).

Ces 26 étalons arabes servent aussi un millier de juments diverses (pur sang anglais, 135; pur sang anglo-arabe, 56 ; le reste demi-sang angloarabes) .

Quelques-uns de ces étalons ont été achetés en Orient ; la plupart nés et élevés en France sont dénommés pur sang arabes (( indigènes».

Si le nombre des arabes purs est petit, leur importance dans l'élevage est, par contre, considérable. Cet étalon se trouve depuis longtemps et devra rester toujours à la base de notre élevage du Sud-Ouest.

C'est l'arabe seul qui lui donne les qualités intrinsèques et relatives de rusticité, de fond, d'endurance et de bon caractère. Il transmet aussi à ses produits l'aptitude à recevoir et à lé-

giier à leur tour, sans dommage, une dose plus ou moins copieuse de ce sang anglais, nécessaire à tout cheval moderne, et dont l'heureux mélange fait de la variété anglo-arabe une des races de selle et de harnais léger les plus prisées.

Il faudrait un volume entier pour suivre, à travers les âges de l'histoire universelle, le rôle bienfaisant, quasi providentiel même, du cheval oriental K En France, notamment, les races indigènes ont pu souvent être abîmées soit par incurie, soit par suite de dangereux errements, au point qu'elles eussent dû cent fois être à jamais perdues et, toujours, l'étalon par excellence, l'étalon arabe a tout sauvé I

Tous ceux qui, dans un climat méridional ou oriental, essayent de se passer de cet élément primordial commettent la plus grossière erreur. Les Japonais notamment, bien mal conseillés, croyant sans doute qu'on se crée un élevage comme on se crée une flotte, commettent une faute qu'ils paieront très cher, en ne se servant pas du seul étalon arabe pour amé-

Page 1