‹ Les races de l'EuropeChapitre 21 sur 36 · IND · texte numérisé non relu

IND

Crânes.

CÉPH.

Vivants.

OBSERVATEURS

Hartwerd (tumulus) . . .

Hindelopen et Bolesvar

(plus près de la côte que

Hartwerd)

Pays de Westergau (sans

autre indication) .... Ile d'Ameland (au nord de

la province)

Moyenne de Westergau.

Leeuwarden

Wargen près Leeuwarden .

Leeuwarden (hommes et

femmes)

Moyenne d'Ostergau . .

Tumulus des difrér.\ localit. de la Frise./ sexes

Tumulus des différ.( mêlés, localit. de la Frise.)

Moyenne générale pour la Frise

A. Sasse (74 et 78).

B. Davis (67).

Van der HorvenC^J.

A. Sasse (78).

A. Sasse (78).

R. ViRCHow (76).

FoLMER (87 et 92).

FOLMER (81).

ïd. (91).

(1) Folmerdit 35.

En somme, la Frise occidentale est sous- dolichocéphale (79,9), tandis que la Frise'orientale ou plutôt Leeuwarden est mésocéphale (80,7) ; mais la différence est minime et j'adopte pour toute la province l'indice de 79,7.

Pour la Province de Groningue, située à l'est de la précédente, j'ai la moyenne de 45 crânes de Nieuwe Schans, (sur la frontière est de la province) : 77,5 (79,5) donnée par A. Sasse (78), ainsi que la moyenne de

40 ASSOCIATION FRANÇAISE POUR L'aVANGBMINT DES SCIENCES

19 crânes des différents tumuli disséminés dans la province, 76,S (78,5) empruntée à Folmer (9^). J'y joins les indices que donne ce môme savant (84, 83 et 87, p. 430), d'après les mesures sur 30 personnes vivantes de Hunsingo, au nord de Groningue, IS hommes (82,2) et 15 femmes (79,9), ensemble 30 sujets (81) (1). La moyenne des 94 crânes ou têtes est de 79,8, presque la même que pour la Prise, dont les populations parlent cependant une langue différente de celle des indigènes de Groningue.

Pour la Province de HoUande-Nord, je déduis, d*q)rès A. Sasse (78) et BoLH (99), un indice moyen de 79,S (81,3), c'est-à-dire mésocéphale, basé sur Tétudede 341 crânes; il faut noter cependant qu'à l'extrémité septentrionale de la province, on constate un indice beaucoup plus faible (moyenne de 18 crânes de Kolhorn et de Broek-op-Langendijk, (77,6 soit 79,6 sur le vivant), que dans le sud de la province dont la moyenne générale est de 79,6, soit 81,6 sur le vivant, et surtout plus faible que dans le centre: moyenne 82,9 [Séries de 18 à 50 crânes (mesures augmentées des 2 unités) : de West-Zaandam 82,8, de Rijp 83,2, d'Oostzaandam 81,6; et les séries d'Amsterdam; 29 crânes décrits par Sasse (83), plus 188 crânes mesurés par Bolh (80,7); moyenne: 81].

Il faut noter aussi les crânes provenant des îles du Zuiderzée et mesurés par ViRCHOw (76) (5 crânes), Spengel (75,9) (7 crânes) et Van der Hoevem {60) (4 crânes). 16 de ces crânes ont une provenance exacte : 6 sont de l'île de Cherken (75,7, soit 77,7 sur le vivant), 6 de Vile d'Urx (77,8 ou 79,8) et 4 de rtie Schokland (77,9 ou 79,9) ; la moyenne des 16 est de 77, soit 79 sur le vivant (2).

La sous-dolichocéphalie (79) reparaît dans la Province de Hollande-Sud, à en juger d'après une série de 29 crânes provenant des 8 points différents de la province, mais surtout de Rotterdam (datant probablement du xvi* siècle) et de Haastrecht [A. Sasse (78 et 84)].

Pour la Province de Brabant-Septentrional je n'ai que les 25 crânes de Gertruidenberg (77,1, soit 79,1) et 2 crânes de Bréda (74,7, soit 76,7) décrits par A. Sasse (75 et 78). La moyenne de ces 27 crânes est de 79. Comme les deux localités en question sont situées dans la partie ouest de la province, je ne marque sur ma carte que cette portion avec la teinte conventionnelle de la sous-dolichocéphalie.

De même pour la Province de Gelderland, je n'ai que des chiffres se

(1) 10 personnes mesurées en 1881 et 20 en 1883, dont M. Folmer calcule les indices après la réduction de 6 millimètres sur chacun des diamètres (pour les parties molles); ses ciliffres diffèrent donc des mo^vennes calculées par moi d'après les diamètres sans réduction, comme cela a lieu dans tout le cours de mon mémoire.

(2) Welgilbr (85 à 92) donne Tindice rectifié de 15 crânes des insulaires du Zuiderzée (79) qu'il faut encore réduire au moins d'une unité à cause des différences signalées par Welcker lui-même [loc. cil.^ p. 62) entre le diamètre antéro-postérieur qu'il prend et le diamètre antéro-postérieur maximum de Broca.

J. DENIKER. — LES RACES DE l'eUROPB. — INDICE GÉPHALIQUE 41

rapportant à sa partie sud-est, au delà d'Ijsel et à la longue île de Bcluwe qui s'étend entre le Rhin et le Waal. Dans la première de ces régions A. Sasse (78) décrit une série de 5 crânes de Zutfen (79,9) et de 7 crânes de Esbergen (82,8) ; dans la seconde la série de 40 crânes de Poederoycn (80,7). La. moyenne des 52 crânes ressort à 80,6 (78,6 sans augmentation de 2 unités). Les deux régions tombent en tout cas dans la zone de la mésocéphalie.

La province de Zclande offre un intérêt tout particulier : c'est \î\ qu'on a signalé l'existence des crânes très brachycéphales au milieu de In population en général dolichocéphale de la Hollande (Voy. lecarton de la carte). Dès 1873, A. Sasse (73) décrivait 10 crânes ultra- brachycéphales (85,6, soit 87,6 sur le vivant) dans les tumuli de Nieuwland (île de Sud-Beveland) ; peu après, Kemna (77) publia l'indice moyen excessivement brachycéphale de 86,8 (88,8), obtenu sur les 10 crânes du cimetière de la ville de Saftingen, submergée en 1540 et dont il ne reste que les ruines sur un îlot à l'origine de l'estuaire de l'Escaut occidental. Une série de 97 crânes (y compris les 10 précédents) du même cimetière donne à Jacques et De Pauw (84-83) un indice à peine moins élevé, 85,6 {Hl,6) ; enfin 9 crânes du cimetière de Colynsplaat (xvi® siècle) (île de Nord- Beveland) donnent un indice céphalique de 88,2 (90,2), d'après De Man (85). D'autre part A. Sasse (84) avait recueilli sur l'emplat-ement de l'ancienne ville de Reimerswaal (île de Sud-Beveland), engloutie par les flots en 1631, et dans l'île voisine, celle de Wolfaartsdijk, 37 crânes dont l'indice est moindre, 82,4 (84,1), et dont 7 (77) sont sous-dolicho^ céphales. Ce fait, joint à la dolichocéphalie signalée par De Man à deux reprises (66 et 85) dans les séries de 22 et de 17 crânes, exhumea du cimetière de Domburg (île de Walcheren), dont l'âge est discuté (du n*' au XVI® siècle), font croire que la population de la Zélande était mélangée déjà antérieurement au xvn° siècle. C'est ce qui confirme la sériation de 161 crânes zélandais (produit de la réunion de la plupart des séries (juc je viens d'énumérer) faite par J. Sasse (9^). L'indice céphalique moyen de ces crânes étant de 79,4 (><1,4) on y trouve deux maxima de fréquence : aux indices de 75 et 76 (28 crânes) et aux indices de 83 et 84 (25 crânes).

Quant à la population moderne, les mesures sur 444 vivants (hommes et femmes réunis) faites par De Man (85) dans 24 endroits différents de la province, ainsi que les mesures de cet auteur (ibid,) sur 35 crânes d'un cimetière moderne (xviii« ou xix® siècle) de Middlebourg (77,6, soit 79,6), fournissent le tableau suivant ; Vile de Walcheren (176 mensuratioua), la plus occidentale de l'estuaire de l'Escaut, a un indice sous-dolichocéphale (79,3) (1) plus élevé sur les côtes est et nord (80,5) que sur les côtes ouest

(1) Et non 83, comme c*est indiqué par erreur dans le mémoire de M. De fi!an.

et sud et dans le centre (18,8) ; ÏUe Nord-Beveland (20 mensurations) est sous-brachycéphale (82,4) ; celle de Sud-Beveland présente Tindice de 81 (d'après 27 mensurations dans la moitié ouest de TUe) (1). Les îles de Schouwen et de Tholen, séparées des précédentes par le bras oriental de FEscaut, offrent les indices suivants : la première (60 mensurations, toutes dans Touest de Tile) 82,2, la seconde (58 mensurations) 82 au centre (Scherpenisse) et 78 dans Test et dans l'ouest ; en moyenne 77. Enfin la partie de la province située sur la terre ferme n'offre pas moins de divergences : la moitié ouest (pays de Kadzand) abrite des sous-brachycéphales (82) sur la côte (20 sujets à Schondijke et 10 à Bresxens) et des dolichocéphales (74) dans riniérieur des terres (Waterlandskerke, 20 sujets, 72,6 ; Ijzendijke, 16 sujets, 73; Oostburg, 20 sujets, 76); tandis que la partie est (pays d'Axel, 20 sujets) présente un indice ultra-brachycéphale de 90, assez voisin de celui du cimetière de Saaftingen (87,6). Je donne tous ces détails sur le croquis de carte qui se trouve dans le coin de ma grande carte; sur celle-ci je me contente d'indiquer, vu la petitesse de l'échelle, uniformément la moyenne de la province, qui est de 79 dans l'ouest (île Walcheren et Kadzand) et de 83,8 dans l'est (le reste de la province).

Réunissant toutes les données sur les provinces, et supposant que les populations actuelles ne diffèrent pas beaucoup de celles du xvi^ siècle sous le rapport de l'indice céphalique (2), on a le tableau général suivant pour toute la Hollande (sauf les provinces de Limbourg, d'Overijssel, de Drenth et d'Utrecht, pour lesquelles je n'ai aucun renseignement).

Sauf l'est de la Zélande et le sud de la province de Hollande-Nord et le Gelderland, les Pays-Bas sont peuplés de sous-dolichocéphales à indice assez uniforme ne variant que de 79 à 79,8. L'est de la Zélande (et surtout le pays d'Axel, 90, et la partie de l'île Sud-Beveland située en face, 85,2), est un foyer de brachycéphalie (80 à 90) ; celle-ci se propage au nord pour s'affirmer dans la partie méridionale de la province de Hollande-Nord (82,6) et, d'une façon atténuée, sous les formes mésocéphales (80,9) dans la province de Gelderland.

Voici d'ailleurs les moyennes générales ainsi que le nombre de brachycéphales et de mésocéphales (au-dessus de 80) pour chacune des provinces examinées (le pourcentage est tiré deîi données de J. Sasse (9i) :

(1) Les crânes brachycéphales du xvr siècle dont j'ai parlé plus haut, proviennent da sud-est de Tlle (Niewland 87,6 et Reimerswaal 84,5, moyenne de 45 crânes — 85,*), tandis que 14 crânes d*un cimetière du w* siècle sur la côte nord, â Goes, donnent à De Man f55j un indice sous-dolichocéphale : 76 (78). En somme, le nord-ouest de nie est mésocéphale: 80; et le sud-est brachycéphale (85,2).

(2) Preuve : à Domburg : crânes du xvr siècle 75,1 (77,1), vivants 78,6; Colijasplaat : çrânçs du xvi* siècle 88 (90) ; vivants 81,4,

J. DENIKER. — LES RAGES DE l'eUROPE. — INDICE GÉPHALIQUE 43

Groningue

Frise -

Hollande- Nord (partie nord) . .

— (partie sud) . . .

Hollande-Sud

Gelderland

Brabant-Septentrional

Zéland (partie ouest)

— (partie est)

Utrecht (15 crânes de Kockengen

INDICE CÉPHALIQUB

NOMBRE

de

MBSO

et

BRACHTCÉPHALES

Grande-Bretagne et Irlande.

Les anthropologistes anglais se sont appliqués, jusqu'à ces derniers temps, à étudier presque exclusivement les crânes préhistoriques ou protohistoriques (exemple le célèbre ouvrage Crania brUannica). Il n'y a donc que fort peu de données sur les crânes modernes, et surtout peu de mensurations sur le vivant. Les résultats obtenus en ce qui concerne rindice céphalique par le comité anthropométrique de TA^sociation britannique pour l'avancement des sciences ne sont pas encore publiés. Sans les travaux de Tinfatigable D^ Beddoe, ce véritable Nestor des études somatologiques des races européennes, il n'y aurait presque rien à dire sur rindice céphalique des Iles Britanniques. En ajoutant à ses mémoires f7/, 73, 85, 87, 93, 94, 95) les notes publiées par Browne (93 à 96), Haddon (93 a, b èi 94) et Maclean, j'aurai épuisé la liste des travaux sur l'indice céphalique dans les Iles Britanniques. Voici le résumé de ces travaux donné séparément par grandes régions.

1° Angleterre, Voici, groupés par comtés, lesindicescéphaliques moyens que donne Beddoe, tant d'après ses propres mesures que d'après celles du D" Venu (Beddoe, 94) (1).

(1) Les indices du D»" Venn se rapportant exclusivement aux a étudiants », par conséquent aux jeunes gens issus des classes dites « supérieures », ne sont pas comparables absolument avec ceux de Beddoe, pris sur les gens du peuple. De plus, comme Venn prend le diamètre antéro-postérieur de rophrion et non de la glabelle, ses indices ont été diminués par moi d'une demi-unité.

ASSOCIATTOH FRANÇAISE Fi311l L'AYâllGVIlKKT T>tS S€tEN€ES

Cornoumlles , .

Sud de Devon . ,

Nord de Devon ,

Ouest de Sûmerjîet

Sud de Somerset .*,.,.

Est de Somerset *.,...

Brittlol (sud de Gloucesler) . .

Sud-Gloucester

Wikshire

Total aud-ouest de ï'Angleterre

Yorkshlre et nord de l'Angleterre, ,,.......

Yorkshîre

Flamboroug (Yarkâhîre} (1) .

Est de l'AnglcIeire (au sud de York?)

Cumberland et Lancashire . .

Sud-est de rAnglelerre . . .

Nord et centre de rAuglelerre.

Xord de rAnglelerre

Centre , . . , .

Ouest et sud- ouest . * . . .

Sud . . .

Anglais en généml . . .

BEDDOEa»*)

:io

VENN

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5ti

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BiOMBAE

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lin mcE rrpbilliviir.

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il) LVapiTS Pitt-llivere,

Ce qui ressort avec évidence de ce tableau, c'est l'uDiforraité du type crânien des Anglais modernes, autant que ce type peut être exprimé par l'indice céphrtlique, bien entendu. Celui-ci ne varie en effet suivant les localités, qu'entre 76,8 (WiUshire, ouest de Somerset) et 79,3 (village de Flamboroug, dans !e Yorkshire). Et si Ton exclut ces trois régions, la variation se trouve resserrée entre les indices de 77,5 (Cumberland et Lancasbire, mais sur 10 sujets seulement) et 78,9 (est de l'Aûgleterre), soit un écart de %k à peine. D'ailleurs, à part la région compacte qui se compose du Wiltsbire (1), du nord de Somerset et du sud de Gloucestcr,

{1^ U dolicb<K:"éphalie du Wiitshire et des régions a voisina nies est d'autant plus wtirçssynte qiie It^s crânesi lîc h période iaxntinf^ ûe ces rÈKiûns ont un indice beaucoup pinm-vé : 77 ,& (79,5) [Hùrtdn-Smith, [BBj].

J. DENIKER. — LES RAGES DE l'eUROPB. — INDICE GÉPHALIQUE 4S

ainsi que de la région douteuse (vu le nombre infime de mensurations) de Lancashire et de Cumberland, toute l'Angleterre n'est peuplée que de sousdolichocéphales dont les indices ne varient guère qu'entre 78,1 et 78,9, Aussi sur ma carte, ce pays apparaît-il presque uniformément colorié de la teinte des sous-dolichocéphales. L'indice moyen des Anglais trouvé par Beddoe (77,8) diffère à peine de celui que donne le D' Venn (78,4), ou qui ressortent des séries de la British Association, citées par Beddoe, (94), 78, 78,3 et 77,7. La moyenne de tous ces chiffres est 78.

2® Pour le pays de Galles, Beddoe (94) donne l'indice de 78 (sur 66 sujets) et celui de 79 pour 16 Gallois du sud et du comté de Monmouthshire ; D' Venn, cité par Beddoe (94), arrive d'après ses 68 mensurations presque au chiffre moyen entre ces deux (78,7). La moyenne générale de l'indice des lôO Gallois reste donc à 78,8, chiffre presque égal à celui des Anglais.

S** Quant à Y Ecosse, voici les seuls chiffres que j'aie pu recueillir. Les habitants des îles de Islay et de Colonsay, sur la côte sud-ouest de l'Ecosse, ont les indices respectifs de 79,3 (série de 88 sujets) et de 77,2 (28 sujets) (Maclean, cité par Beddoe (93), p. 104). Beddoe (93 et 94) donne l'indice de trois séries d'Écossais : l'une (30 sujets), du comté de Berwick (dans le sud-est du pays, près de la frontière anglaise), dolichocéphale (76,8) ; l'autre, de 58 Highlanders du nord du pays dont l'indice est de 76,1 ; enfin la série de 38 individus de la côte est de l'Ecosse (76,4). Ces chiffres s'éloignent un peu de l'indice d'une série de 64 Écossais des « classes instruites » (77,3), et de celui de 130 étudiants écossais (78,6), donné par Venn (Beddoe, 93). La moyenne de tous ces indices (au nombre de 436), pour les Écossais, serait de 77,8, inférieure à celle des Anglais.

Dans Vile de Man, entre l'Angleterre et l'Irlande, Beddoe {87 et 94) a trouvé, sur 32 sujets, un indice moyen de 77,9, et Venn, sur 3 sujets, 78; moyenne de 35 sujets : 77,9.

4** Pour VIrlande, Beddoe (94) donne les indices moyens des séries suivantes : 38 sujets du comté de Kerry (77,7), 49 sujets du reste de la province de Munster (77,3), et enfin 14 sujets du reste de l'Irlande (76) ; la moyenne de ces 101 Irlandais est de 77,2. Le D' Venn (cité par Beddoe, 94) donne une moyenne de 78,7 (rectifié) pour ses 98 étudiants irlandais. La moyenne des 199 Irlandais de toutes les classes réunies est de 77,9, chiffre presque identique à celui des Écossais. Mais si l'on examine la population de l'Irlande plus en détail, on découvre une certaine variété dans les types crâniens, suivant les localités. C'est ce qui ressort des chiffres publiés par le comité ethnographique du Trinity Collège, à Dublin, comité qui a commencé tout récemment ses explorations en Irlande.

Pour le comté de Tipperary, Browne (93) donne une moyenne

46 ASSOGUTION FRANÇAISE POUR l'aVANOBMENT DGS SCIBNCSS

(augmentée de 2 unités) de 78,S) d'après une série de 12 crânes ; ce chiffre est un peu plus élevé que celui de toute la province de Munster (17,4 d'après les séries précédentes de Beddoe).

Pour la province voisine, celle de Connaught, on a les données suivantes : 27 hommes vivants (77,1) et 13 crânes (77,2) de Tlle Aran et de la cote située en face, appelée Aranmore (côte ouest du comté de Galway), se sont révélés â Haddon (93, a, b) comme dolichocéphales. Un peu plus au nord, sur la même côte du comté de Galway, dans les lies d'Inishbofin et Inishark, à rentrée de ia baie de Killary, Browne (94) a trouvé, sur une série de 40 hommes vivants, Tindice mésocéphale de 80,4 ; et Haddon (94), sur 33 crânes, l'indice (augmenté) de 78,2 ; la moyenne de ces 73 mesures est de 79,6, encore sous-dolichocéphale.

Dans la province située plus au nord, celle de Mayo, sur certains points dans Textréme nord-ouest du pays (MuUet, îles Inishkea, Portacloy, île Clare, etc.), la population est sous-dolichocéphale (78,8) (d'après Browne, 93 et 98) ; tandis qu'un peu plus au sud, aux environs de Ballycroy , le même savant (96) a trouvé une population mésocéphale. L'indice moyen de 50 hommes était de 80,5 (28 sur 50 étaient brachycéphales). C'est, d'après Browne, une colonie d'une autre portion de l'Irlande qui ne s'est pas mêlée avec les habitants des environs. En tous cas, c'est le seul district du Royaume-Uni où Ion ait constaté la présence de mésocéphales.

Récapitulons, pour terminer, dans l'ordre croissant, les indices céphaliques des différentes populations de la Grande-Bretagne :

436 Écossais 77,8.

2475 Anglais 78,2.

422 Iriandais .... 78,5.

i50 Gallois 78,8.

Iles Fâr-oêr.

Les insulaires de l'archipel danois des Fâr-oër, étudiés par le D"* Arbo (93-94), présentent une variété remarquable de formes crâniennes. Ceux des îles du nord sont hyperdolichocéphales (75,2); ceux des îles centrales sont sous- dolichocéphales (77,4); tandis que les indigènes des îles du sud sont sous-brachycéphales (83,2) (i). Cette disparité remarquable va d ailleurs de pair avec les différences dans la taille, dans la couleur des che-

(1) Ce sont les chiffres moyens des observations sur des séries respectives de 20, 60 et 20 hommes; des séries de même force numérique pour les femmes donnent les indices de 78,2 dans les îles du nord, de 78,7 pour les îles moyennes et de 83,7 pour les îles du sud. On voit donc que dans tout Tarchipel, les femmes ont la tête un peu plus arrondie que les hommes.

J. DENIKER. — LES BACES DE l'eUROPE. — INDICE GÉPHALIQUE 47

veux et même dans le caractère moral, que Ton constate chez ces insulaires en allant du nord au sud.

Norvège.

Ce pays a été étudié à fond au point de vue anthropologique par le D*" Arbo l7o à 98}^ dont les travaux ne le cèdent en rien, comme étendue, exactitude et méthode scientifique, aux œuvres des Collignon, des Houzé, des Oloriz, des Livi, etc.

Ce savant a publié une note préliminaire sur Tindice céphalique en Norvège (87)^ puis une série de notes (91, 94, 95, 97, 98) {[) qui n'ont pas encore épuisé tous les matériaux recueillis par ses soins, sur plus de 6.000 sujets.

Voici comment on peut résumer tous ces mémoires. La population de la Norvège paraît présenter, sur un fond général sous-dolichocéphale, plusieurs îles et flots de dolichocéphalie plus ou moins accentuée et de plus, une région riche en sous-brachycéphales et en mésocéphales sur la côte sud-ouest.

Les îlots dolichocéphales ne sont pas situés régulièrement d'après le relief du sol. Ainsi dans la vallée de TOesterdalen, la partie haute est occupée par des sous-dolichocéphales presque mésocéphales (79,9 d après 40 hommes mesurés) et la partie basse par les dolichocf^phales très prononcés (77,5 d'après Ho hommes mesurés). Par contre, la vallée presque parallèle à la précédente, mais située un peu plus à Touest, celle de Guldbrandsdalen est occupée par les dolichocéphales (SI individus du district de Vaage, 76,5 ; 20 de la vallée de Lom, 77,8) (2) en haut, par les mésocéphales (78 sur 141 sujets) en bas. Une de ses vallées latérales (celle de Lesje) est cependant sous-dolichocéphale (78,6 diaprés 14 mensurations). La zone dolicliocéphale du bas Oesterdalen se prolonge dans le district de Solor (77,8 d après 134 sujets), limitrophe de la Suède, tandis que la même zone du haut Guldbrandsdalen semble se prolonger avec celle du district Nordmore, voisin de la côte ouest.

En somme, on peut distinguer sur le fond commun sous-dolichocéphale de la Norvège trois chapelets d'îlots dolichocéphales disposés parallèlement du nord au sud. Le chapelet central, situé plus près de la Suède que de

(1) Je n'ai pas pu utiliser le dernier travail (98) du savant norvégien, ne l'ayant pas encore reçu au moment de la correction des épreuves.

(2) Ces chiffres, comme plusieurs autres, ne concordent pas avec les indications de la carte d'Arbo publiée en 1887, car ils sont tirés des mémoires de l'auteur parus depuis et basés sur un plus grand nombre d'observations. Aussi pourra-t-on constater que la distribution des indices sur ma carte n'est pas une simple copie de la carte d'Arbo, mais l'exposition des résultats obtenus depuis, da moins pour certaines parties de là Norvège.

** 48 ASSOCUTION FRANÇAISE POUR l'aVANCBMKMT DES SUENGES

i; la côte ouest, s'étend depuis Trondhjem au nord jusqu'à Kragerô sur k

côte sud-est. Il comprend, du nord au sud, le district de Nord-Trondhjem, le haut Guldbrandsdalen avec le val de Lom; la haute vallée du Valders (dolichocéphalie peu prononcée); le district de Krodsherred avec les vallées de Sigdal et de Numedal assez élevées; enfin les districts deLanderer et de Skien par lesquels les dolichocéphales arrivent en un seul et uuique point de la côte norvégienne entre le SkienQord et la ville de Kragerô. Quelques îlots dolichocéphales situés dans la province de Telemarken unissent ce chapelet dolichocéphal central à un autre, situé plus à l'ouest, qui se forme du pays avoisinant le Hardanger Fjord (60® lat. N.) au nord, du district de Bykle (haute vallée de TOtter) au centre et de l'îlot Exen Grinden entre les hautes vallées du Kwinn et du Mandai au sud. Quant au chapelet Oriental, il est formé par la vallée moyenne et inférieure d'Oesterdalen, par le district de Solor et par l'îlot de Tydalen (au sud-est de Trondhjem) plus au nord.

n me reste à dire quelques mots de la région méso et sous-brachycéphale. Elle s'étend sur les côtes depuis la ville de Lillesand au sud jusqu'au 63® parallèle environ au nord avec une seule interruption : la zone sous-dolichocéphale de la côte de la province de Sud-Bergen, entre le Sogne Fjord et le Hardanger Fjord. La mésocéphaUe est peu prononcée au nord de Sogne Fjord (80,5), quoique la population des provinces situées près de l'extrémité de ce Qord (Lister, Hafslo, Sogndal) se distingue du reste des Norvégiens par une teinte plus foncée et par son caractère plus agile au physique comme au moral. (Arbo, S7,) Mais l'indice augmente surtout dans le sud-ouest de la Norvège : les districts de Stavanger (36 examinés) et de Ryfylke (646 examinés) sont mésocéphales à 80,3 et 81,4, tandis que le district de Dalerne est déjà sous-brachycéphale (82,2 d'après 347 mensurations), et la région côtière connue sous le nom de Jaederen est presque brachycéphale (83,2).

On peut grouper ainsi qu'il suit, d'après l'indice croissant, les populations de la Norvège :

Nomb. de sujets lad. c. moy.

337 habitants du bas Oesterdalen, Solôr, et du haut

Guldbrandsdalen 77,6

i41 habitants du bas Guldbrandsdalen 78

65 habitants du haut Oesterdalen et du Trysil .... 79,7

4505 habitants du sud-ouest de la Norvège 81,9

Comme on le voit, les différences ne sont pas, en somme, très notables (4,3 d'unité) suivant les régions, et l'indice moyen des Norvégiens est probablement aux environs de 78,3 ou 79.

J. DENIKER. — LES RAGES DE l'eUROPE. — INDICE GÉPHALIQUE 49

Suède.

Jusqu'à ces derniers temps on n'avait qu'une seule série de mensurations de têtes sur le vivant faites en Suède : c'est celle de Beddoe (85, p. 232). Malheureusement elle ne comprend que 33 individus sans indication de provenance. L'indice moyen de cette série est de 79,2, voisin de celui des Norvégiens. J'ai pu constituer une série de SO crânes, d'après les descriptions d'EcKRR (78), de Van der Hoeven (60), de Dusseau (65), de Welcker (8S), dô Pruner-Bey, Retzius (45), Davis et Thurnam (65) (cités par QuATRSFAGES et Hamy dans les Cranta Ethnica). Cette série (formée de crânes des deux sexes) offre un indice moyen de 76, soit 78 sur le vivant, chiffre un peu inférieur au précédent. Comme la plupart de ces crânes viennent de la Suède centrale (Svealand) et surtout des environs de Stockholm et dXIpsale, j'ai reporté provisoirement cet indice sur ma carte en le limitant aux régions énoncées ci-dessus.

Mais un grand mouvement s'est accompli dans ces derniers temps en Suède, comme dans beaucoup d'autres pays de l'Europe, en faveur des études anthropométriques du vivant. A la suite de beaux travaux du D' HuLTKRANTz (97), qui a obtenu les premiers résultats relatifs à l'indice céphalique en Suède (1), une commission a été instituée pour élargir le champ de recherches, mais ses travaux ne sont pas encore terminés. Pour le moment on n'a que les données sur deux provinces de la Suède moyenne, le Vesternorrland (78,6) et le Jemtland (77,3) d'après les mensurations exécutées sur plus de 1.200 individus par Hultkrantz avec l'aide de 0. Andersson et de J. Nordlander. Si t'on considère à part la région côtière de la première de ces provinces (Angermanland 79,1 et côte de Medelpad 78,8), on s'aperçoit qu'elle est sous-dolichocéphale, tandis que l'intérieur du pays (Medelpad intérieur) est franchement dolichocéphale (77). La province de Jemtland, située plus encore dans l'intérieur, a l'indice de 77,3, sans variations notables suivant les régions. En somme, ici comme en Norvège, les formes crâniennes, dolichocéphales dans l'intérieur, tendent à s'arrondir vers les côtes.

Danemark.

Grande pénurie de documents pour ce pays. Le professeur Schmidt de Copenhague avait mesuré 27 crânes de Danois de Jutland et 56 crânes de Danois des îles. Il a communiqué ses chiffres au professeur Ranke (73-80)

(1) Dans mes notes préliminaires j^ai annoncé seulement les résultats provisoires qu'avait bien voulu me communiquer dans une lettre le savant suédois. Actuellement je donne les chiffres. d*après son travail imprimé.

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de Munich, qui ne donne que la sériation des crânes sans la moyenne; en calculant approximativement cette dernière d'après les chifiCres de la sériation, j^obtiens un indice moyen de 74,4 (76,4 sur le vivant) pour la première série et 7S,1 (77,1) pour la seconde. D'autre part Beddoe (70 et 8^) a mesuré 28 « Danois », dont 5 Sleswigois et 23 Danois de Jutland et des îles sans autre indication de provenance. Cette série de 28 ofiOre un indice moyen de 80,5. La moyenne de ces trois séries est de 77,8, presque la même que celle des Norvégiens (78,3) et des Suédois (78).

Allemagne.

A part quelques rares exceptions, il n'existe pas de mensurations sur la tête du vivant pour des régions tant soit peu étendues de TEmpire Allemand ; les mesures des crânes modernes sont également assez rares, toute l'attention des anthropologistes allemands s'étant portée sur les crânes préhistoriques ou protohistoriques, ils ont bien défini le type des Reihengrâber (tombeaux en rangées) qui datent du iv® ou v* jusqu'au vu*' ou viii® siècle; ils ont assimilé ce type à celui des Germains primitifs et ne cherchent, dans la plupart des études, qu'à dégager ce type ou suivre et expliquer ses modifications à travers les âges. Le mémoire de Virchow (76) sur l'anthropologie des Allemands, cité partout, n'a pour base que des séries de 5, 7, 10 crânes, rarement plus, se rapportant à toutes les époques, depuis l'âge de la pierre jusqu'à nos jours.

En glanant à travers la volumineuse littérature anthropologique allemande, on finit tout de même par reconstituer quelques données. Je vais donc résumer le résultat de mes recherches dans cette direction en notant toutes les corrections que j'ai dû opérer afin d'obtenir des chiffires concordant avec ceux que j'ai donnés pour les autres populations (1).

Je divise TAllemagne, au point de vue de la répartition de rindice céphalique, en quatre grandes régions qu'il faut considérer à part : septentrionale, centrale, orientale et méridionale.

a) Allemagne septentrionale.

Dans le coin extrême du nord-ouest de l'Allemagne, dans la Frise orientale (Ost-Friesland), Virchow (76, p, 230) fit connaître le fameux crâne néanderthaloïde trouvé dans les tourbières de Friedbôurg, et Davis (67) publia les mesures d'un crâne féminin d'Emden (80) ; tandis qu'à

(1) D'une façon générale je retranche 0,5 d'unité de l'indice obtenu par la méthode Ihering ou d'après l'ententa de Francfort ; les chiffres de Welcker sont donnés d'après ses mesures corrigées, publiées en 1885, dans lesquelles le diamètre transverse est pris comme partout ailleurs {diamètre moacimum).

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Textréme limite du pays frison actuel, déjà sur le territoire de la principauté d'Oldenbourg, à Brandt, près Jever, Tinfatigable professeur Via- CHow (76) exhuma, des « cercueils de pierre », 6 crânes ayant un indice céphalique moyen de 71,8 (79,8) (i). La moyenne des sept crânes en question de la Frise orientale est de 78,1, ce qui correspond à 80,1 sur le vivant, Beddoe (85, p. 43), dont on retrouve les observations disséminées un peu partout en Europe, a mesuré 13 hommes « du Hanovre et de la Frise orientale » ; il leur a trouvé Tindice moyen de 79,2.

En réunissant toutes ces observations, on peut admettre comme fort probable Tindice de 79,5 sur le vivant pour la Frise orientale et pour la région avoisinante du Hanovre (district de Meppen) ainsi que pour rOldenbourg,

Quant au reste du Hanovre, on est un peu mieux renseigné. Jusqu*à présent on donnait couramment comme indice céphalique pour ce pays, le chiffre de 76,7, emprunté à Touvrage de Welcker (66). On peut voir ce chiffre cité par Virchow (73'74)j Houzé (82), et autres. Malheureusement les mesures que prenait Welcker (2) ne correspondent nullement à celles que Ton prend aujourd'hui, et si Ton veut les utiliser, il faut se reporter au tableau qu'avait publié cet auteur dans un autre ouvrage (Welcker, 83, p, 1 et 12), où, à côté des anciennes données, on trouve les chiffres rectifiés pour le diamètre transverse. Je vais donc citer toujours les indices de ce tableau, presque inconnu de la plupart de ceux qui citent Welcker. Ainsi les 1 1 crânes hanovriens se trouvent dans ce tableau avoir l'indice de 79,3, ce qui correspond à 81,3 sur le vivant. Ce chiffre concorde beaucoup mieux que le précédent (76) avec ceux que donnent les autres séries : 8 crânes d'Hanovriens sans indication de provenance (78,8, soit 80,8) décrits par Virchow (76); 2 crânes de Hanovre, mesurés par Spengel (76) dont les indices sont de 78,9 et 88,9 d'après mon calcul (3). Ecker (78) décrit 2 crânes du Hanovre ayant chacun le même indice : 78,7 ; enfin E. ScHMiDT {92) fournit les indices de 3 autres crânes : 75,9, 76,9 et 82,6. Réduisant ces derniers chiffres (obtenus d'après les procédés Ihering) d'une demi-unité comme le propose Ammon (96) et en les ajoutant aux chiffres précédents, j'obtiens une série de 15 crânes du Hanovre dont l'indice céphalique moyen est de 79,5, c'est-à-dire presque le même que celui des 11 crânes de Welcker. Avec ces derniers, on a une série de

(1) Tous ces indices sont calculés d'après les mesures prises suivant le système Broca*

(2) Il prenait le diamètre antéro-postérieur à partir de Tophrion et son « diamètre transverse» n'était pas la plus grande largeur, mais la «distance entre les bosses pariétales».

(3) Dans son catalogue Spengel donne les mesures d'après le système de Ihering ; heureusement Schaafhausen y joint les mesures du diamètre antéro-postérieur d'après le système généralement adopté, ce qui m'a permis de rétablir le véritable indice céphalique. Dans le reste de mon exposé je ne citerai d*après Spengel que les indices ainsi obtenus par moi-même.

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26 crânes du Hanovre (sans autre indication détaillée) dont l'indice est de 79,4, ce qui correspond à 81,4 sur le vivant.

En ce qui concerne le Hanovre méridional, je n'ai trouvé qu'une série, celle de IS crânes recueillis dans le cimetière de Roringen près Gôttingue datant, paraît-il, de la guerre de Trente ans et comprenant aussi des crânes suédois (Spengel). Je donne donc à titre de document Tindice céphalique corrigé de cette série (77,9 79,9) comme chiffre provisoir pour les districts de Gôttingue, d'Einbeck et d'Osterode.

Pour le Slesioig-Holsteiny en réunissant les 3 crânes décrits par Spengel (7<SJ ayant les indices de 79,4, 81,7 et 82,1, aux 24 crânes de la série Welckbr (85) dont la moyenne est de 79,8, j'obtiens un indice moyen de 79,9, soit 81,9 sur le vivant, ce qui me paraît être un peu au-dessus delà vérité. En effet, Meisner (89), qui a mesuré 377 soldats de cette province, donne la répartition suivante de leurs indices céphaliques :

Dolichocéphales (indices de 70 à 74,9) : 23 0/0.

Mésocéphales (indices de 75 à 79,9) : 52 0/0.

Brachycéphales (indices de 80 à 84,9) : 25 0/0.

Si Ton considère les différents districts du Sleswig-Holstein, on voit la proportion des dolichocéphales varier de 17 0/0 (région Saxonne du Sleswig et côte ouest du Holstein) à 38 0/0 (région Danoise du Sleswig); celle des mésocéphales de 44 0/0 (Holstein moyen) à 61 0/0 (côte est du Holstein) ; enfin celle des brachycéphales, de 13 0/0 (région Danoise du Sleswig) à 31 0/0 (Holstein moyen et région Saxonne du Sleswig).

Suivant la déplorable habitude d*un grand nombre d'anthropologistes modernes, surtout en Allemagne, M. Meisner ne donne pas de moyennes. En les calculant approximativement (d'après un pourcentage des différentes formes crâniennes), Findice céphalique moyen du Sleswig-Holstein serait de 77,6 environ, variant, suivant les districts, de 76 (partie Danoise du Sleswig) à 78 (partie Saxonne du Sleswig et côte ouest du Holstein.

b) Allemagne centrale.

Je suis obligé, pour cette partie du vaste Empire, de me contenter de quelques bribes de renseignements se rapportant à des régions très restreintes.

Voici les données que j'ai pu recueillir pour la partie ouest de l'Allemagne centrale.

Province Rhénane. — 14 crânes de Bonn et de Cîologne 82,2 (1), mesurés Welcker (85); 8 crânes de la province Rhénane, série très homogène,

(1) Mesures augmentées de deux uoités comme toutes les suivantes, à moins d'une mention contraire.

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mais sans autre indication 81,7 [E. Schmidt (92)]. Moyenne des 22 observations réunies : 82.

Grand-duché de Hesse. — 20 crânes de Giessen 83,9, mesurés par Welcker (85) ; 2 crânes de Hesse, sans plus de détails, 83,7 (E. Schmidt 92), Moyenne des. 22 observations réunies : 83,9 (1).

Prcmnce de Hesse- Nassau (Prusse). — Mensuration de 13 sujets vivants par Beddoe (85, p. 233) : 84.

J'accepte ces chiffres provisoires et les reporte sur ma carte ; ils font ressortir la différence entre le pays de Hesse, brachycéphale, et la province Rhénane presque mésocéphale.

Pour le pays Saax>n, je me sers d'une excellente petite étude de Uexkul(7^j qui a passé presque inaperçue même en Allemagne. Ce savant a mesuré 452 soldats du régiment de chasseurs à pied de Cobourg provenant des différents petits États saxons ; malheureusement il ne donne pour chaque district que l'ordination des indices (1).

Voici les chiffres que j'ai obtenus en calculant les indices moyens d'après l'ordination.

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